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LA PRESSE

En raison de la pandémie causée par le Coronavirus, le 17 ème festival Blues & Polar prévu le dimanche 9 août à Manosque est annulé et reporté au 28 août 2021 avec les mêmes invités.


Articles de cette Rubrique


- LA NEWSLETTER hebdomadaire

- 9 AOÛT 2020 : ANNULATION DU 17e BLUES & POLAR

LA NEWSLETTER hebdomadaire
du jeudi 2 juillet 2020

  L’HUMEUR

Chapeau bas mesdames et messieurs !
Les concerts reprennent petit à petit dans les villages notamment, en terrasse et en plein air ; sacré Covid19 oblige ! Mais on ne boudera pas notre plaisir, car ces spectacles-là, parfois dans le trou du cul du monde, dans les vallées de Haute-Provence, du Vaucluse voisin, des Bouches-du-Rhône… on les adore à Blues & Polar ! Car ils sont la vie, et notamment celles de tous les intermittents du spectacle qui ne feront jamais Les Vieilles Charrues, Rock en Seine, les Cinq Continents à Marseille, le Festival du bout du monde à Crozon, ou le Hellfest festival….
Mais il faut de tout pour faire un monde, et notamment de la musique, fut-elle de reprises ou de compos perso. Alors, allez écouter ces musicos qui mettront tout leur cœur et leur âme à la terrasse d’un troquet ou d’une brasserie de Provence autour de tapas ou d’un morceau de pizza.
Ces petits bonheurs là n’ont pas de prix. « Le Bonheur des hommes est dans les petites vallées » écrivait Jean Giono. Et il avait bien raison ! Nous vous suggérons quelques-uns de ces concerts pour ce week-end, avec les mesures de distanciation physique à ne pas oublier, et quand le chapeau passera, versez-y votre obole.

Jean-Pierre Tissier

 CINÉ-TV : ANTOINE COESENS INVITÉ DES « 3 QUESTIONS A… »

JPEG - Antoine Coesens, comédien, réalisateur, chanteur… habitué des séries TV comme Central nuit, Caïn, Magellan, Mongeville… a également effectué de nombreuses lectures de textes de Jean Giono dans le cadre du festival Blues & Polar dans le jardin de l’écrivain, et à la chapelle de Toutes-Aures. En 2018, il a réalisé un clip avec sa fille Marie. Découvrez sur You Tube ce petit bijou de musique, de poésie et de révolte dénommé « J’ai 20 ans » tourné avec sa fille Marie et Alicia Maire (comédiennes) JPEG qui vient d’être sélectionné pour les New York movie awards 2020. L’Orchestre régional Avignon-Provence et ses musiciens dirigés par Eric Breton y sont étonnants de complicité. Il nous raconte cette belle aventure. * Pour en savoir plus : mairecarole06rps@gmail.com
A découvrir sur YouTube https://youtu.be/03oQlxWrSVE
* L’interview d’Antoine Coesens sera en ligne sur le site www.blues-et-polar.com le 6 juillet


 LES CONCERTS

 JEUDI 2 JUILLET

PERTUIS (84). Dernière soirée Jazz de la saison au Jazz Club le Hibou.
PNG Boire un verre entre amis en écoutant du jazz, c’est la vocation du Jazz Club Le Hibou qui distille tout au long de l’année, via Carl Bouchaux l’ambiance des clubs de Jazz de New-York… en Provence. Pour cette dernière soirée de la saison direction la terrasse ; virus opus 19 oblige ! Ce sont les stagiaires de la Jam Academy, les ateliers Jazz de Jazz en Provence qui ouvriront le bal en restituant leur activité durant le confinement. Ensuite ce sera la Jam Session ouverte à tous. Avec toujours les excellentes Pizzas au feu de bois et assiettes de Tapas. Il va y avoir du monde et il est donc prudent de réserver au 04 92 79 04 11.
Le Hibou c’est Route de la Bastidonne à l’entrée de Pertuis (84) en venant de Manosque (04).


 VENDREDI 3 JUILLET

ROUSSET (13). James Pace & Carl Bouchaux en duo à Terre de mistral. Dans l’esprit de Vinômusic Festival, venez profiter d’un apéritif et/ou d’un dîner concert en plein air tous les vendredis soirs de l’été, lors des Estivales Vinômusic au Domaine Terre de Mistral. Chaque semaine, un groupe de musiciens locaux viendra animer votre soirée, au restaurant avec le menu habituel (qui change chaque mois) ou autour d’une planche de tapas. La programmation estivale comprendra du jazz, du blues, de la musique latine, de la soul, de la pop ... Vous l’avez compris, il y en aura pour tous les goûts ! Entrée : 11 € avec un verre de vin inclus (gratuit pour les enfants). Attention : places limitées à 50 personnes par soirée. Réservations recommandées au 04 42 29 14 84 auberge@terre-de-mistral.com
Découvrez James Pace que nous avions accueilli aux côtés de Jean-Paul Avellaneda et d’Alain Leadfoot Rivet, l’an dernier pour le 16eme festival Blues & Polar à Manosque : https://www.happyandgroove.com/catalogue/james-pace-carl-bouchaux-duo/


 SAMEDI 4 JUILLET

* VILLENEUVE (04). "Red Fox" (rythm’n’blues/rock) aux Apéro du Centre ancien. A partir de 19 heures en haut du vieux-village. Des rendez-vous très sympas. Suivront samedi 11 juillet : "Nawlins Buds" (pop rock blues). Lundi 13 juillet ne ratez pas "Mercy" (blues tock) avec Jean-Paul Avellaneda, Stéphane Avellaneda, James Pace… et peut-être une surprise ! Car Mercy était sur un projet d’enfer pour 2021. Samedi 18 juillet : "Tercio". Samedi 25 juillet : "1970" (rock blues). Samedi 1er août "Marc Loy" (blues/jazz). Samedi 8 août "Denis Diaz" (variété internationale). Samedi 15 août "Hexa" (rock). Samedi 29 août "La Guingette improbable" (chanson française trad et rétro).


 POUR LES ENFANTS HOSPITALISÉS

A la Cité du Livre à AIX-EN-PROVENCE, une quinzaine d’auteurs (Patrick Coulomb, Jean-Paul Delfino, Gilles Del Papas, Elsa Charbit, Jacques et Valéria Salomé, Thierry Maugenest… dédicaceront leurs ouvrages à la librairie Le Blason, de 15 h à 18 heures. Les bénéfices iront à Hope project destiné aux enfants malades hospitalisés à la Timone à Marseille.


 MES DISQUES COLLECTOR

 Le magnifique et ébouriffant 666 des Aphrodite’s childs (double 33ts - Vertigo)

JPEG - Nous sommes en juin 1972. Quel choc ai-je eu lors de la sortie de ce double album baptisé 666 relatant l’Apocalypse de Jean, composé par Vangélis Papanathassiou, avec la voix extraordinaire de Demis Roussos portant les paroles de Yannis Tsarouchis (en grec) et de Costas Ferris (en anglais), la batterie de Lucas Sideras, la guitare de Silver Koulouris ; bref les Aphrodite’s childs interprètes du célèbre It’s five a clock qui résonne toujours dans le monde entier. Mais ce sera leur 3ème et dernier disque. On ne retrouvera plus ensemble ces belles voix planantes haut perchées, mélodiques et magnifiques, célestes et provocantes par moment… Mais pour l’occasion de ce disque devenu légendaire, quelques guests de haut niveau avaient été invités à l’image du violoniste-saxophoniste de Zoo Michel Ripoche, et de l’extraordinaire actrice-chanteuse Irène Papas dont le fameux vocal Infinity simulant un orgasme sur fond de percussion ferait toujours rougir aujourd’hui.
666, c’est un mix de morceaux très différents des uns des autres allant du hard rock au psychédélique avec un zeste de référence au diable. Ce qui valut à l’album d’être censuré dans certains pays. Mais bien plus que le diable, c’est la jouissance vocale jubilatoire d’Irène Papas qui aura gêné les bien-pensants… Un disque qui n’a pas pris une ride !!!

Jean-Pierre Tissier

 À LIRE CET ÉTÉ

Un choix pour rêver ! Voici les nouveautés de la Petite Collection des Editions 1001 nuits. Chaque publication est le fruit d’une collaboration directe, libre et ouverte entre libraires et éditeur. JPEG
- Olympe de Gouges citoyenne des Droits universels. Première féministe française, Olympe de Gouges (1748-1793) réclame l’égalité des sexes devant l’Assemblée. Dans ce manifeste, elle réécrit au féminin la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. »
- Modigliani peintre maudit ? La légende fait de Modigliani un peintre maudit, pauvre, incompris, caractériel, ravagé par le tourment, l’alcool et les drogues. Un être désespéré qui se serait suicidé par négligence. Pour la première fois, ses lettres se trouvent réunies et nous font découvrir un autre Modigliani
-  Boris Vian a 100 ans. À l’occasion du centenaire de sa naissance, mille et une pensées, bêtises et humeurs de Boris Vian ont été́ réunies dans un petit recueil. Une lecture jubilatoire et inépuisable, où s’expriment aussi bien la fantaisie que la sagacité de Boris Vian.
- Vin et haschisch pour Charles Baudelaire. Le poète écrit en 1851 cette étude savante et voluptueuse sur l’alcool et le haschisch.Il y révèle la puissance créatrice et la force destructrice, les illusions et les charmes sinistres de ces deux substances addictives, comparées comme moyens de multiplication de l’individualité.

 EN COURS DE LECTURE

"Le dernier match de River Williams" de Vincent Radureau (Ed Hugo Poche).
Sorti le 25 juin. JPEG Le journaliste sportif Vincent Radureau rédacteur en chef adjoint de Canal +, (au centre) auteur notamment du très utile Le Football pour les Nuls a incontestablement la plume qui le démange. En effet, ce spécialiste du football et du basket vient de sortir son premier polar chez Hugo Editions. Une maison d’édition que l’on apprécie beaucoup à Blues & Polar.
Le résumé : River Williams, qui rend folles toutes les défenses de NBA, disparaît à la mi-temps du match 6 des Finales, sans laisser la moindre trace. Sans que personne ne l’ait vu quitter l’Arena de Salt Lake City. Volatilisé ! Jusqu’à ce que, cinq ans plus tard, des randonneurs trouvent un cadavre au fond d’une crevasse du parc national de Canyonlands, dans l’Utah. Celui d’un géant d’au moins 2,15 m. Pour les enquêteurs du State Bureau of Investigation de l’Utah, la question est aussi évidente que brûlante. Et si c’était lui ?

"Les Yeux bleus" de Sébastien Didier (Ed Hugo Poche) Sorti le 2 juillet. JPEG Sébastien Didier, Niçois pur socca et OGCN nous avait subjugué avec son premier roman Je ne t’oublie pas vendu très rapidement à plus de 25 000 exemplaires sur la plateforme Fyctia. Aujourd’hui, chez Hugo Poche, voilà Les yeux bleus que l’on s’apprête à savourer.
Le résumé : Près de Saint-Paul de Vence. Une famille est retrouvée assassinée dans sa villa. 2018, à Nice. Maxime, petit-fils de Claude Cerutti, homme d’affaires à la réputation sulfureuse, est enlevé dans le jardin de la maison familiale. Le clan Cerutti est au bord de l’implosion lorsque la tante du garçon est soupçonnée d’être l’instigatrice du rapt. Tarif : 8, 50€.

"Nous sommes les voix des morts" de Jean-Marie Montali (Editions du Cherche-midi) JPEG - Jean-Marie Montali, grand reporter, ancien directeur de la rédaction du Figaro Magazine, puis du Parisien et Aujourd’hui en France a recueilli des témoignages bouleversants auprès des derniers déportés.
JPEG Ces femmes et ces hommes qui ont survécu à Auschwitz, et autres camps de la mort témoignent pour les siècles des siècles, et nous allons prendre le temps de lire ce livre aux valeurs historiques que nous venons de recevoir en avant-première, et qui s’annonce très fort et poignant, pour mieux vous en parler bientôt
Extrait : Voici Esther, l’un des personnages de ce livre. D’abord, ils ont tué son père, un homme pieux et tranquille qui aimait les chevaux. Ils lui ont demandé s’il était Juif. Oui, a t-il répondu. Ils l’ont abattu d’une balle en pleine tête. Puis ils ont tué sa mère, ses sœurs. Esther a survécu cachée 3 ans dans la forêt. "Survivre" : respirer, pas plus. Etre un gibier un jour de battue. Se perdre en hiver, au milieu d’un silence glacé. Gratter la terre pour se faire une cache. Comprendre que tout est trahison : un pas dans la neige, une branche cassée, la fumée d’un feu, un bruit, une odeur, le silence des oiseaux, les pleurs d’un enfant, la lumière des nuits de pleine lune ou au contraire l’obscurité dans laquelle les chasseurs de Juifs approchent, cette obscurité dans laquelle il faut apprendre à glisser comme on s’enfonce dans l’eau, sans bruit. C’est oublier qu’on est un homme et vivre en bête, et comme les bêtes se méfier des hommes. Esther avait 6 ans. En me racontant son histoire, elle redevenait cette petite fille traquée pendant 3 ans. J’aurais voulu la prendre dans les bras, lui dire qu’il n’y avait plus d’hommes-bêtes, qu’on ne lui fera plus de mal. Je n’ai pas osé le faire. Je le regrette. … Le livre paraîtra en octobre.

* Échec & Marx de Guillaume Lacotte (éditions L’Harmattan).
* Le résumé : ECHEC ET MARX de Guillaume Lacotte. Editions L’Harmattan. Hollywood, été 1990. B. W. Burke a beau être un détective privé minable carburant au Jack Daniels, quand une vieille connaissance l’informe qu’elle vient de paumer les bobines d’Humor Risk, le premier film des Marx Brothers pourtant introuvable depuis 1921, il flaire la bonne affaire. De ciné-clubs délabrés en music-hall miteux, de palaces pour callgirls effrayées en motels pour camés paranos, de salons de tatouage en salles de sport surchauffées, de la Cité des Anges à la Cité du Vice en passant par le désert et ses caravanes abandonnées, Burke sonde, expérimente, tâtonne.
Mais quand sonnera l’heure de rassembler toutes les pièces du puzzle, parviendra-t-il à démêler le vrai du faux et à remettre la main sur les bobines d’Humor Risk ? 224 pages. Prix : 20,50€


 UNE EXPO FANTASMAGORIQUE AUX BAUX-DE-PROVENCE

SALVADOR DALI en lumières au Baux-de-Provence. L’énigme sans fin sur une musique de Pink Floyd, Leda atomica, ses montres molles, Maé West.... tout un monde imaginé par le talent fou et surréaliste du peintre fantasmagorique, adorateur du chocolat Lanvin et du Buffet de la gare de Perpignan, est réuni dans ce cœur de la terre sur des murs blancs gigantesques. C’est magique et c’est jusqu’au 31 janvier 2021 aux Carrières de lumière, route de Maillane aux Baux de Provence. Téléphone 04 90 49 20 02. Site : carrières–lumières.com


 CINÉ-TV (Suite)

 SUR NETFLIX.

Rolling thunder revue de Martin Scorsese.
JPEG En véritable alchimiste, Martin Scorsese mélange les mythes et la réalité pour évoquer la tournée Rolling Thunder Revue de Bob Dylan, dans une Amérique alors en pleine en mutation en 1975. Ce documentaire de 2h 22 mn est sorti en juin 2019.

  SUR NETFLIX AUSSI...

  LE GRATEFUL DEAD ET JERRY GARCIA.

JPEG The Other one : the long strange trip of Bob Weir. (1 h 24). Découvrez l’histoire de Bob Weir, de son amitié profonde avec Jerry Garcia et de son succès comme membre du Grateful Dead. Un des groupes les plus influents de tous les temps bien que moins populaire aujourd’hui que les Stones, les Beatles, les Doors voire les Kinks dont les morceaux illustrent de nombreuses pubs, souvent automobiles. Pourtant, le Grateful dead a marqué les années psychédéliques que furent la fin des années 60 avec une incursion dans les années 70. C’était l’époque des soirées sous alcool, sous acid, sous LSD, sous héroïne… et il y a eu beaucoup de morts dans les rangs des musiciens rock de l’époque et chez les fans également. Janis Joplin morte à 27 ans, a souvent chanté avec eux, et il existe quelques CD où elle apparait pour quelques titres. Netflix propose un documentaire très intéressant à découvrir pour ceux qui n’ont pas connu cette période bénie musicalement, mais terrible pour d’autres en proie aux démons de l’époque.

J.-P.T

  *** JOE COCKER MAD DOG WITH SOUL

- Ray Charles, Howlin Wolf, Éric Burdon, Joe Cocker, Neal Black, Billie Holiday. Janis Joplin, Nina Simone... allez savoir pourquoi ces dirty voices (voix sales en français ) éraillées pleines de blues et de Bourbon jusque dans les tripes m’ont toujours ébloui... Et quand Joe Cocker chante Unchain my earth de Ray Charles avec Ray Charles lui-même, à ses côtés sur scène, comme dans un rêve de gosse, c’est bien plus qu’une reprise ! Tout comme à Woodstock où sa prestation légendaire tel un pantin désarticulé vibrant de toutes part dans With a little help for my friend est inscrite pour toujours au panthéon du rock.
Car avec Joe Cocker n’importe quel morceau trouve une nouvelle vie, tout en gardant son originalité. Le documentaire proposé en ce moment sur Netflix retrace la carrière de Joe Cocker tourmentée par les démons de l’alcool et de l’acide. « Il aimait le ciel » y évoque avec émotion son épouse Pam. « C’est une voix qui avait traversé la guerre » poursuit Jimmy Reed son pianiste, ami de toujours. Le 22 décembre 2014, « La plus grande voix du Rock’n’roll « pour Billie Joël s’éteint, fatigué et las, usé de ses excès de jadis et notamment de cette Sacrée bouteille comme le chantait Graeme Allwright, lui-aussi victime de cette addiction.

J.-P.T

  *** MILES DAVIS : BIRTH OF THE COOL

JPEG 1h 55 de concerts, rencontres, interviews, sur un des plus mystérieux musiciens des années d’après-guerre jusqu’à 1991, année de sa mort. Juliette Gréco son amoureuse parisienne, Herbie Hancock, Quincy Jones, et Carlos Santana notamment évoquent ce trompettiste hors du commun.
Un document extraordinaire qui illustre admirablement toutes les facettes de cet amoureux des belles voitures (Ferrari, Maserati..) dont plusieurs ont connu des grosses mésaventures avec l’homme de « So what » au volant. Les années 50-60, c’était encore l’époque où les noirs aux Etats-Unis étaient victimes de la ségrégation avec notamment des pancartes « Interdits aux noirs et aux chiens » , mais la France aussi pouvait être odieuse avec son racisme dit ordinaire. Ainsi, Juliette Gréco alors qu’elle était avec Miles Davies, a voulu aller souper un soir après le spectacle dans un très grand restaurant du bas des Champs-Elysées où elle était bien connue. Le serveur a refusé de leur donner une table. Elle a alors salué ce dernier en lui prenant la main… et en crachant dedans ! Tout Gréco ! https://www.netflix.com/fr/title/80227122

J.-P.T

  *** KEITH RICHARD "UNDER THE INFUENCE"

- S’il est bien un film qu’on peut regarder avec infiniment de plaisir en cette période de confinement, c’est bien le documentaire tourné en 2015 par Morgan Neville sur le plus bluesy des Rolling Stones en la personne de Keith Richard.
Celui qu’on dépeint – et il ne s’en cache pas – comme le plus allumé des « Pierres qui roulent » voue une véritable admiration et un profond respect pour les premiers bluesmen à l’image de son idole Muddy Waters, avec qui il a d’ailleurs joué avec les Stones. Un vrai rêve éveillé pour Keith Richard ! On peut ainsi croiser le géant Howlin Wolf avec qui il finit dans une boite de nuit de Chicago, mais ne se rappelle plus du reste…, Sonny Boy Williamson, Buddy Guy et Tom Waits. Que du beau monde pendant 1h et 22mn de balade sur la face B de Keith Richard ; celle du compositeur-interprète plein d’humilité et de gentillesse pour les musiciens qui l’accompagnent sur ce premier CD perso. Un film qui fait du bien pour qui a le blues à l’âme.

J.-P.T

Disponible en VOD sur MYTF1 (location 5,99€) et sur YouTube.

 GREEN BOOK de Peter Farelly (2018).

JPEG On ressort de la projection, ému aux larmes, heureux aussi, et en colère profondément... On revoit les images de ce fameux "green book" ( livre vert de voyage attribué à la communauté noire en déplacement ) comme ont encore les gitans nomades et autres gens du voyage aujourd’hui en France, et on en a la stupéfaction ! Tout comme on a la nausée lorsque le Dr Don Shirley pianiste noir virtuose de musique classique qui se produit dans une soirée privée avec tout le "gratin" blanc du Sud des States est invité à se rendre... dans une cabane au fond du jardin par un domestique (!) alors qu’il souhaiterait se rendre aux WC de la maison... Et qu’on est en 1962 !!
Avec une BO géniale qui réunit le son des sixties aux USA et une jam-session de folie dans un bar, "Green book" outre sa vertu pédagogique et historique qui en embête certains nous rappelle que c’est Elvis Presley qui emmena BB King à la TV américaine ; là où les "blacks" n’étaient pas admis. Et qu’il subjugua tout le monde par sa virtuosité... Encore une fois le blues montre bien qu’il est la musique du quotidien, de toutes les émotions et du cœur. "Green book" est un film d’utilité publique qui en dit long sur la complexité des hommes, de leurs dirigeants, et de leurs contradictions multiples.

J.-P.T

MES DISQUES COLLECTOR (la bibliothèque)

  Crosby, Stills, Nash & Young : 4 A Way street

JPEG - Cet album de légende n’est pas un simple 33 tours d’époque, comme les autres, mais bel et bien deux 33 tours « historiques » enregistrés en public au Fillmore East de New York le 2 juillet 1970, au Chicago auditorium le 5 juillet 1970, et au Forum de Los Angeles le 26 juin 1970.
David Crosby, Stephen Stills, Graham Nash et Neil Young, malgré des tensions entre eux, et une séparation temporaire du groupe, sont alors à l’apogée de leurs talents vocaux… et politiques.
On retrouve ainsi le merveilleux et éternel morceau magnifique qu’est « Ohio » empreint de gravité et d’émotion, car ce titre écrit par Neil Young, est inspiré de la fusillade de Kent State University où quatre étudiants ont été tués par des policiers lors de la répression d’une manifestation le 4 mai 1970.
Si vous n’avez jamais entendu ce double album, partez à sa découverte, car c’est toute l’histoire des Etats-Unis en 1970 qui s’y déroule, comme un prolongement de mai 68 en France, et trouve encore un prolongement navrant et triste aujourd’hui, avec l’assassinat de George Floyd par un policier à Minnéapolis.
Ce double 33 tours « A Way Street » est incontestablement celui que je prendrais avec moi sur une ile déserte, s’il n’en fallait qu’un !

Jean-Pierre Tissier

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 LÉO FERRÉ & ZOO « LA SOLITUDE » (1971).

JPEG En janvier 1970, à l’Olympia à Paris, (c’était mon premier reportage photo pour Télé Magazine) Léo Ferré était venu voir les Moody Blues dans le cadre du festival 333 réunissant de nombreux participants du festival de Woodstock dont Richie Heavens, Rory Gallagher & Taste, Renaissance, Family, Yes… et les Moody Blues, alors N°1 des ventes avec Nights in white satin. Après bien des incidents techniques, il était 1 heure du matin quand ces derniers sont montés sur scène, devant un Léo fatigué comme tout le public, mais qui avait une idée derrière la tête… Et il l’évoque d’ailleurs dans son titre C’est Extra avec la laconique phrase « Les Moody blues qui s’en balancent… ». Incontestablement, l’éventuel projet avec les auteurs du légendaire « Nights in white satin » ne verrait jamais le jour et c’est avec le formidable groupe français Zoo - sans leur chanteur habituel Joël Daydé – que Léo Ferré se lancera dans la pop-music en 1971 pour un 33 tours qui n’a pas séduit les puristes de l’époque. Mais moi, amateur de fusion des genres, OUI ! Car il y avait, outre les textes magnifiques de Léo Ferré, des musiciens de très haut niveau dans ce Zoo là avec Michel Hervé (basse), André Hervé (orgue, guitare électrique et piano), Christian Devaux (batterie), Daniel Carlet (saxs, flûte et violon électrique), et le très éclectique violoniste Michel Ripoche qui avait la particularité incroyable d’avoir été sélectionné en équipe de France de football lorsqu’il était junior et évoluait au FC Nantes. Il avait le choix entre passer pro ou devenir musicien pro ! Et il a choisi la musique. D’où le début d’une courte amitié avant qu’il ne parte au Brésil rejoindre pour un temps Clayton Thomas fantastique chanteur de Blood, sweat & tears pour y marier futbol et musique. Et pour avoir eu le plaisir de voir Ferré à la Mutualité à Paris pour le concert de la fédération anarchiste, et Zoo en concert sous d’autres cieux plus rock, permettez-moi d’écrire : quelle belle époque !

J.-P.T

 The Beatles llive at the BBC 1962-1965.

Sorti en 2013. Les Fabulous four de Liverpool ont participé à de nombreux shows à la BBC de mars 1962 à juin 1965. Ce double CD propose pas moins de 63 titres sur les 88 qu’ils ont proposées aux auditeurs de la plus célèbre radio du monde. Celle qui a propulsé les Kinks, les Who,les Stones.. mais aussi les Monty Phyton. On retrouve, outre leur répertoire, les voix de John, Paul, George et Ringo entre les morceaux. Un vrai document !

J.-P.T

 Johnny Rivers et son légendaire titre de 15 minutes John Lee Hooker enregistré en 1965 en public au Whisky a gogo à Los Angelès (USA).

JPEG - Sûr que là, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… C’était pile-poil le mien, quand ce disque de Johnny Rivers a mis le feu et le frisson chaque soir dans les boites bretonnes pendant l’été 1969 dès que les premières notes d’égrenaient sur la platine. Un rythme de blues lent qui petit à petit grandissait avec de faux-airs du Baby please don’t go de Van Morisson et des Them, et du Satisfaction des Stones, à la façon d’un titre précurseur du Rock’collection de Laurent Voulzy… 30 ans plus tard ! Car Johnny Rivers était parfaitement inconnu en France, hormis du ceux qui avaient eu la chance de le découvrir en 1965 à l’Olympia à Paris, en première partie des Kinks. Mais c’est le Ricain véritable juxe-box des tubes rock, blues, et rythm’n’blues de l’époque qui avait supplanté Ray Davies et ses succès comme All day and all the night ou You really got me… On a dansé comme des fous là-dessus, le temps d’un été, car un titre de 15 minutes sur une radio française, ça ne passe jamais. Mais de temps à autre, un DJ inspiré ou un beau-frère lors d’une soirée festive ressort le 33 tours collector… et ça marche toujours !

J.-P.T

 Nine below zero Live at the Marquee club

JPEG JPEG Né en 1979 en prenant pour nom de scène celui d’un titre de Sonny Boy Williamson, Nine below zero est alors composé de Dennis Greaves (guitare), Peter Clark (basse), Mickey Stix Burkley (batterie) et de l’extraordinaire harmoniciste-chanteur Mark Feltham. Ils écument alors pubs et clubs en Angleterre en électrifiant ce blues qu’ils apprécient tant. Le disque enregistré en public au mythique Marquee club est un étendard de la musique anglo-saxonne des années 80. Mélangeant punk, rock et blues. Dans la lignée de Doctor Feelgood, avec en plus la virtuosité animale de Mark Feltham à l’harmonica ; champion du monde du genre Toutes catégories pour moi. Mon idole, quoi ! 40 ans plus tard, ils sont toujours là. En version acoustique ou électrique, c’est toujours un très grand moment. Pour avoir pu les écouter il y a une quinzaine d’années à la cave de Font-Robert à Château-Arnoux, et les interviewer ensuite aux côtés des musiciens locaux de Dirty Water qui avaient assisté à leur concert au Paradisio à Amsterdam dans les années 80, je peux vous assurer qu’il y a eu de l’émotion et de la fraternité musicale en coulisses. C’est ça le rock quand il rejoint le blues.

J.-P.T


- Michel Petrucciani Both worlds (1997). JPEG Véritable météore du piano jazz, Michel Petrucciani est mort à New York le 6 janvier 1999, à l’âge de 36 ans. Il souffrait depuis sa naissance de la « maladie des os de verre ». Sa carrière musicale et discographique n’aura duré que 19 ans, mais dix-sept albums enregistrés en studio et sept en « live » témoignent de son énergie incroyable, du plaisir qu’il avait sur scène, et de ce toucher délicat sur ce clavier qu’on pensait toujours bien trop grand pour lui, mais qu’il parcourait en s’y allongeant presque parfois, comme pour faire corps avec les notes.. Cet album Both worlds sorti en septembre 1997, et dont je ne me lasse jamais est un événement dans sa carrière car pour la première fois, c’est un groupe dans toute son entité qui est sur scène. Même s’il en est le leader, il ne joue pas les leaders, et se mêle dans l’ensemble comme Blood, sweat and tears dans les années 70. Il est donc entouré de Steve Gadd (batterie), Anthony Jackson (guitare), Bob Brookmeyer (trombone), Flavio Boltro trompette) et Stefano Di Battista (saxophone). Et c’est cette joyeuse troupe que l’on a pu voir au festival Jazz à Manosque d’Ollivier Gérard à cette époque, et quelques années auparavant à Château-Arnoux au Festi-Jazz de Robert Pasquier. Both worlds nous entraine dans un tas d’émotions très différentes comme un voyage musical dans le monde entier avec notamment Petite Louise et le savoureux Guadaloupe. Le képi de Manosque... Mais Michel Petrucciani, c’est aussi pour moi un souvenir extraordinaire vécu lors de sa venue à Manosque, alors que nous dînions avec ses musiciens tardivement après le concert sur la Place des marchands. La Police est passée pour faire une observation, à la dizaine de personnes présentes – dont votre serviteur JPT - car quelques riverains avaient émis auprès du commissariat une certaine gêne due au bruit des conversations qui en toute honnêteté ne devaient nullement dépasser la norme. C’était encore l‘époque où les policiers avaient un rigide képi. Et Michel Petrucciani du haut de ses 91 centimètres a expliqué, droit dans les yeux, au policier venu demander de baisser d’un ton « qu’il faisait la collection des chapeaux et qu’il lui manquait un vrai képi de la Police Nationale ». Stupeur et silence du groupe qui s’est demandé s’il y avait là de l’ironie provocante ou de la sincérité derrière tout ça… Le policier manosquin ne connaissant pas Michel Petrucciani, je suis allé lui expliquer qui était ce grand pianiste…. Et un quart d’heure plus tard, à ma grande surprise, le policier est revenu sur la Place des marchands pour offrir à Michel Petrucciani le képi de ses débuts dans la Police Nationale. Un instant très fort ! La photo a été immortalisée aussitôt et est parue dans Le Provençal le lendemain. Un immense souvenir !
J.-P.T

  Roy Buchanan live stock

JPEG Enregistré en public au Town hall de New York, le 27 novembre 1974. - Bluesman blanc et guitariste virtuose mort bien trop jeune à l’âge de 49 ans en 1988, Roy Buchanan a été un référence du blues teinté de rock dans les années 70. Son jeu de guitare tonitruant et délicat à la fois, fait penser aux accents toniques ou lyriques que pouvaient avoir Alvin Lee de Ten years after, Rory Gallagher de Taste ou Johnny Winter. JPEG Ce disque enregistré en public résume parfaitement bien l’émotion qu’il dégageait. Un CD collector empreint d’âme, de spleen et de rêve. Bien dans l’air du temps actuel où la musique fait parmi de nos remèdes au confinement.

J.-P.T

Le concert de Dr Feelgood avec Lee Brillaux et Wilko Jonson au Southend Kursaal à Canvey island en novembre 1975. JPEG C’est sur cette île de 18,5 km2 au nord de la Tamise qu’est né le nouveau rock anglais. C’est là que Dr Feelgood, mais aussi Gary Brooker et Procol Harum, ont amené ce nouveau son (le Pub rock) qui a remué bien des foules. Ce DVD auquel je suis très attaché retrace un concert de 1975 de Dr Feelgood, avec les historiques fondateurs du groupe que sont Wilko Johnson et le regretté Lee Brilleaux qu’on avait pu voir au festival Jazz à Manosque en 1993, sur le parking de la Villette, un an avant sa mort, avec – excusez du peu - Paul personne et les Blues Brothers le même soir ! Une programmation de l’ami Olivier Gérard à l’époque. Les temps ont bien changé depuis… Au sein de Dr Feelgood, Robert Kane a remplacé Lee Brilleaux au chant et à l’harmonica à la mort de ce dernier, et Steve Walwin en a fait de même peu après pour Wilko Johnson. Depuis plus de 25 ans, avec Phil Mitchel (basse) et Kevin Morris (batterie), le groupe compte donc la même force et pour les avoir vus et interviewés pour Le Provençal à Avignon, Marseille, Gap, Arles… il y a toujours la même énergie sur scène. Un groupe sympa, attachant dont le guitariste Steve Walwing effectue chaque année un tour de l’Angleterre à vélo afin de récolter des fonds pour les enfants handicapés. Il avait d’ailleurs été très étonné que je connaisse cet aspect privé de son personnage, lors d’un après-concert autour d’une bière à Gap. Et cela m’avait valu un très beau moment de journalisme loin des questions habituelles sur le riffs de guitare dont il a le secret sur Down by the jetty. Un DVD empreint de souvenirs et d’humanité.
J.-P.T

 La musique du film de Louis Malle Ascenseur pour l’échafaud par Miles Davis. Enregistrement édité par Fontana.

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« Ce CD a été enregistré en décembre 1957 à Paris dans l’amphithéâtre de la Sorbonne, comme me l’a raconté au dans les années 70, le comédien Maurice Ronet, partenaire de Jeanne Moreau dans le film, lors d’une séance photo à son domicile parisien pour Télé magazine. Le film était projeté sur grand écran dans l’amphithéâtre et Milles Davis accompagné par Barney Wilen (sax), René Urtreger (piano), Pierre Michelot (basse) et Kenny Clarke (batterie) jouait en improvisant sur les scènes qui défilaient devant lui, en noir et blanc.
C’était la nuit, et l’ambiance était très détendue. Jeanne Moreau était là. A un moment, Miles Davis - lors de la séquence « Diner au motel « - a perdu un petit morceau de peau de sa lèvre supérieure. Et ce bout de peau s’est coincé dans l’embouchure de sa trompette. Néanmoins, il a continué à jouer avec ce vibrato inattendu… Il a même demandé à Louis Malle s’il voulait qu’on recommence pour que ce soit plus propre, mais ce coup du sort s’est transformé en coup de génie. On est resté sur cette prise. » Un disque toujours aussi magique à écouter.

Il existe aussi – toujours chez Fontana – un vynile 33 tours consacré au Jazz sur l’écran sur lequel on trouve face A Ascenceur pour l’échafaud avec dix morceaux choisis parmi les 26 séquences musicales du film. Et sur la face B, des extraits de bandes originales de deux films d’Edouard Molinaro : Des femmes disparaissent enregistré par Art Blakey et les Jazz Messengers et Un témoin dans la ville avec une BO composée par Barney Wilen.
JPEG L’ambiance y est autant blues que jazz, et j’ai eu le grand plaisir de pouvoir me faire dédicacer ce disque par Art Blakey lui-même sur un coin de table de La Bonne Etape, le beau restaurant étoilé de la famillle Gleize à Château-Arnoux, lors d’un déjeuner fantastique en tout petit comité aux côtés de mon « modèle », le regretté André Francis, mythique journaliste créateur de « Pour ceux qui aiment le jazz » sur Paris Inter. C’était quelques heures avant le concert d’Art Blakey à FestiJazz, le très grand festival imaginé dans les années 80 à la Ferme de Font-Robert par Robert Pasquier et sa bande.

Jean-Pierre Tissier

 "Blue & Lonesome" ou l’ADN des Stones de Willie Dixon à Howlin wolf

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- Ce n’est certes pas le plus connu de leurs albums, mais c’est peut-être celui dont ils rêvaient juste pour eux seuls, comme une brioche qu’on s’enfile au petit matin entre potes parce qu’on en a envie tout simplement, et les férus de blues, dont nous faisons partie. « Le blues est notre ADN affirment depuis longtemps Keith Richard et Mick Jagger, et avant eux, le regretté Brian Jones qui tape le bœuf depuis longtemps assis sur un nuage avec Robert Jonson, BB King, John Lee Hooker, Willie Dixon, Muddy Waters, et tant d’autres. Tous ceux qui sont - avec les voix de Bessie Smith, Sarah Vaughan, ou Billie Holiday – aux racines du blues et de la condition des noirs aux USA. Et il suffit de revoir le très beau film qu’est Greenbook pour comprendre tout ce que cette musique à de chair de poule et de frisson dans son sang. Au travers de ce CD réalisé en trois jours à la mi-décembre 2015, les Stones - car Ron Wood et Charlie Watts étaient là-aussi - n’auront pas occupé la tête des charts, mais se sont souvenus qu’en 1962 à leurs débuts, ils jouaient du Chicago blues. Et que cette musique- là n’a pas besoin des grands stades ras de public jusqu’à la gueule pour exister. Une cave, des grattes, quelques bonnes bières, une voix plutôt dirty , quelques harmonicas (Eh oui, ça change parfois de tonalité pour les diatoniques !) et des potes ; c’est ça le blues ! Entre espoir et mélancolie, entre amour et tristesse. La vie quoi !

J.-P.T

  Blues & Polar rime avec Gallimard chez Bue Note

JPEG Avec le temps libre dont on dispose actuellement, contraint et forcé, via notre confinement, il suffit parfois de soulever quelques piles de livres ou de vieux CD pour dénicher une perle. Ainsi cette édition spéciale du label Blue Note alliant Blues & Polar (avec l’esperluette) qui a inspiré notre logo il y a 18 ans. Cette initiative géniale est née de l’esprit jazzy du journaliste-écrivain-épicurien ancien de Nice-Matin et amateur de bon vin, Patrick Raynal, directeur de la Série noire chez Gallimard de 1991 à 2004. Pour ce CD compilation célébrant les 60 ans du label Blues Note fondé en 1939 par Alfred Lion - émigré allemand fuyant l’Allemagne nazie et passionné de jazz – on retrouve Miles Davis et Cannonball Adderley dans « Les feuilles mortes » enregistré en mars 1958, T-Bone Walker et son « Stormy Monday » (version originale de 1947), Memphis Slim, Muddy Waters, John Lee Hooker, Herbie Hancock, Dexter Gordon, Art Blakey, John Coltrane dans « Blue train » enregistré en 1957, et aussi Jimmy Rogers pour un « That’s allright » qui nous met tous d’accord. 72 mn et 34 s de bonheur absolu entre joie et mélancolie ; mais surtout espoir !

J.-P.T

 CINÉMA : ON A VU ET ON A AIMÉ

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"Les Faussaires de Manhattan" de Marielle Heller

- Mélancolie profonde en toile de fond ; le blues de la vie, en fait ! Ancienne auteure à succès, Lee Israël remarquablement interprétée par Melissa Mac Marthy est aujourd’hui sans le sou, mais son caractère plutôt bien trempé (dans le whisky surtout !) ne lui permet pas de s’intégrer aux simples boulots du quotidien. Son petit appartement en désordre atteste d’un côté dépressif frôlant la zone rouge, et seul son vieux chat parvient à la faire sourire. Loin des gratte-ciel et du clinquant, criblée de dettes, plutôt attirée par les femmes, malgré un physique ingrat, elle s’imagine par hasard une vocation de faussaire, via des courriers épistolaires de personnalités du cinéma ou de la littérature aperçus chez un marchand de livres anciens, et dont le prix équivaut à un coup de crayon sur ses dettes. Arrive Jack, ami gay en perdition, fauché lui-aussi malgré ses allures d’éternel gentleman. Le parcours des deux amis en cohabitation urbaine sera très chaotique, mais l’art d’imiter à la perfection, voire plus, le style des grands auteurs met plus que du beurre dans les épinards de Lee…. jusqu’au jour où la supercherie sera découverte par le FBI. Les Faussaires de Manhattan est une histoire vraie superbement portée à l’écran par Marielle Heller, sans clichés ni grosses ficelles sur les gays et lesbiennes. Tout est dans la pudeur, la délicatesse et les sentiments. A voir absolument !

Jean-Pierre Tissier

 Green book : sur les routes du sud... de Peter Farelly

JPEG On ressort de la projection, ému aux larmes, heureux aussi, et en colère profondément...
On revoit les images de ce fameux "green book" (livre vert de voyage attribué à la communauté noire en déplacement ) comme on encore les gitans nomades et autres gens du voyage aujourd’hui en France, et on en a la stupéfaction !
Tout comme on a la nausée lorsque le Dr Don Shirley pianiste noir virtuose de musique classique qui se produit dans une soirée privée avec tout le "gratin" blanc du Sud des States est invité à se rendre... dans les cabane au fond du jardin par un domestique (!) alors qu’il souhaite se rendre aux WC de la maison... Et qu’on est en 1962 !!
Avec une BO géniale qui réunit le son des sixties aux USA et une jam-session de folie dans un bar, "Green book" outre sa vertu pédagogique et historique qui en embête certains nous rappelle que c’est Elvis Presley qui emmena BB King à la TV américaine ; là où les "blacks" n’étaient pas admis. Et qu’il subjugua tout le monde par sa virtuosité...
Encore une fois le blues montre bien qu’il est la musique du quotidien, de toutes les émotions et du cœur. "Green book" est un film d’utilité publique qui en dit long sur la complexité des hommes, de leurs dirigeants, et de leurs contradictions multiples.

J.-P.T

 L’homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam

Fantasmagorique et abracadabrantesque !
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- On l’attendait depuis vingt-cinq ans, après des affres, des vicissitudes, des drames, des morts même sur ce tournage tourmenté - encore en démélé avec la justice - où le regretté Jean Rochefort devait tenir le premier rôle à l’époque.
"L’Homme qui tua Don Quichotte" signé Terry Gilliam tient d’un mariage réussi entre les Monty Phyton, Dario Fo et la comédia del arte... avec une pincée de Fellini pour la fantasmagorie étonnante et merveilleuse qui se déroule à la fin du film, de nuit dans un château en Espagne. On n’y rit pas à gorge déployée mais avec une intériorité profonde qu’on savoure comme un verre de Château Margaux...dans lequel surnagerait un piment oiseau.
Bref, allez voir cette fresque étonnante aux formes de frasques nageant entre rêve et réalité. Et cela fait du bien !

J-P.T

"Everybody knows d’Asghar Faradi

Suspense garanti !
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- Réalisé avec pour premiers rôles, le superbe couple (à la vie comme à l’écran) Pénélope Cruz et Javier Bardem, "Everybody knows" a été le film d’ouverture (ovationné) du festival de Cannes 2018. Un thriller plein de suspense, de questionnement, sans police, ni gendarmerie (ou si peu...) et sans violence,vu avec bonheur au cinéma Le Lido à Manosque qui vit ses derniers mois d’existence en attendant le futur complexe à 8 salles de la place de la Villette.
Tout est dans la finesse du cinéaste iranien Asghar Faradi qui filme avec beauté une joyeuse noce andalouse - d’où le suspense naît - comme une scène de théâtre digne de "La Noce chez les petits bourgeois" de Berthold Brecht, puis nous entraîne dans le vignoble espagnol et ses secrets de famille.
Un drame psychologique avec une fin ouverte où chacun peut imaginer ce qu’il veut. Superbe !

J.-P.T

"La Villa " de Robert Guedigian pour revenir sur terre et aux vrais sentiments

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- Après le choc de « La Mise à mort du cerf sacré », authentique film de cinéma réunissant Nicole Kidmann et Collin Farell, mais si terrifiant et cruel au final, il était important, en cette période avançant vers Noël de retrouver du cœur, de l’âme et du sens avec un film de Robert Guédiguian.
Son tout dernier, dénommé « La Villa », et qui se déroule justement, sur la Côte bleue, presque à huis-clos dans une grande maison aux murs blancs surplombant la fascinante calanque de Méjean, près d’Ensues-la-Redonne.
Là où le décor magique de la mer et des pins y prenant racines, a le don de vous transporter aussi loin qu’en Grèce en un simple regard, malgré la période automnale choisie.
Là où les silences signés Serge Valetti – homme de polar et de théâtre – ont une valeur de dialogues et de paroles explicites ; et Guédiguian les exploite tout naturellement avec sa famille du 7e Art habituelle : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Daroussin auxquels s’ajoutent Robin son Stévenin et Anaïs Demoustier.
Rien d’inutile devant la caméra ; comme une parcimonie d’images destinées à nous faire pénétrer ces retrouvailles familiales autour d’un patriarche touché par un AVC… La vie, la fin de vie, l’amour, la famille, les drames, l’ancien monde ouvrier aujourd’hui quasiment disparu….
Autant de sujets récurrents que Robert Guédiguian aborde comme toujours avec pudeur et délicatesse, via des comédiens taiseux aux antipodes des pagnolades marseillaises. Mais l’essentiel est dit ! Tout comme cet ajout inattendu d’actualité, où des enfants de migrants fuyant les zones de conflit de l‘autre côté de la Méditerranée, sont retrouvés tapis dans la colline d’Ensues.
« Des gens qui ont donné de l’eau à des migrants sont aujourd’hui condamnés par la justice commentait avec colère Robert Guédiguian venu en début de semaine présenter son film sur France Inter. Alors que ce sont ceux qui n’ont pas donné d’eau qui devraient être condamnés… »

Une phrase qui résonne comme les cris de liberté poussés avec joie par la bande à Guédiguian sous le viaduc de la Redonne.. Ca, Guédiguian ne pouvait pas s’en empêcher !

J.-P.T

"Au -revoir là-haut " ’Albert Dupontel. Plus qu’un film ; une oeuvre d’art !

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- Tiré du roman éponyme de Pierre Lemaître récompensé par le Prix Goncourt en 2013, "Au-revoir là-haut", le film de l’humoriste Albert Dupontel est un véritable coup de poing, en forme de coup de foudre et de coup de cœur, comme rarement vu sur grand écran depuis "Éléphant man". La guerre effroyable des tranchées de 14-18 y est filmée avec une vérité crue qui nous scotche à notre siège pendant quelques petites minutes - une éternité pourtant ! - tant on se sent aspiré sous terre, par les tirs d’obus, les explosions, et l’enfer de feu venu de la mitraille.
Mais c’est la poésie émanant de cette "Gueule cassée" magnifiée par des masques réparateurs qu’auraient pu signer Jean Cocteau qui porte ce chef d’oeuvre au point qu’on a l’impression de marcher sur un fil de sentiments divers et inattendus au fur et à mesure que l’on avance dans le temps. L’escroquerie de la vente de monuments aux morts (fait réel) aux municipalités se transforme petit à petit en polar, avec de l’amour, du fric à gogo... mais le destin (on vous laisse découvrir ça) sera au bout du chemin.
On retrouve un Niels Arestrup, magnifique lion de scène, et une distribution où les comédiens de la Comédie française théâtre Laurent Lafitte et Michel Vuillermoz sont tout simplement superbes de vérité.
Un très grand film dont on ressort ébloui avec des étoiles plein la tête...

J.-P.T



UN LIEU À DÉCOUVRIR

 LA MAISON DU BLUES À CHATRES-SUR-CHER

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- Jack Garcia génial créateur de la Maison du Blues - unique concept du genre en France, au cœur du Berry à Châtres-sur-Cher - nous a reçus avec une grande fraternité, dans son fief, pour le concert du Jersey Julie Blues band.
Une formation biterroise, mais néanmoins très internationale avec une chanteuse-saxophoniste américaine hors du commun, non sans rappeler Janis Joplin par le charisme, la voix et l’allure, mais avec un jeu de sax aux réminiscences du glorieux Jr Walker dans les années 70.
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Ce blues chaud venu du bayou en a scotché plus d’un, à commencer par votre serviteur totalement sous le charme de ce quartet drivé par un épatant Jimmy à la batterie, un excellent clavier, et un guitariste-chanteur dont le timbre fleurant bon l’Occitanie donne aux paroles ricaines, la couleur de la Louisiane et du bayou avec beaucoup de naturel.
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- Si d’aventure vous êtes dans le secteur de Tours, Orléans, Blois, Châteauroux, Vierzon, Bourges ou Romorantin, allez découvrir ce véritable Café associatif tenu par Jack Garcia, son équipe, et toute une bande de joyeux bénévoles évoluant dans l’esprit de Blues & Polar eux-aussi. Merci de l’accueil Jack.
* La nouvelle vidéo réalisée par Jack Garcia sur la Maison du Blues à Chatre-sur-Cher fait découvrir la belle ambiance de ce club si fraternel… Pour ouvrir la vidéo, cliquer sur le lien : https://www.youtube.com/watch?v=c5aFBtMfDks

- Ce lieu intimiste de concert que Blues & Polar (voir ci-dessus) a découvert récemment est une réussite inespérée avec 456 adhérents (en 4 mois) et une fréquentation régulière pour l’ensemble des concerts (19 concerts avec 45 personnes en moyenne) avec un public majoritairement local (350 adhérents de la région).
Des musiciens français et étrangers ont déjà fait don de tenues de scènes, de guitares, Bottleneck ou harmonicas dédicacés… Récemment Sandra Hall a fait don d’une tenue de scène. Ce Musée témoignera de cette incroyable histoire en pleine ségrégation et de ses évolutions".
* L’’ouverture du Musée a eu lieu le samedi 6 avril 2019, avec la participation de Bobby Rush et son Band à la Pyramide de Romorantin.

J.-P.T

* La Maison du Blues, 42 rue du 11 novembre 1918 à Châtres-sur-Cher (Loir-et-Cher) est ouverte le vendredi de 17 h 30 à 23 heures. Le samedi de 20 heures à minuit avec un concert à 21 heures (10 €). Courriel : lamaisondublues@gmail.com
Tel 06 66 42 70 24. Réservations 06 24 77 71 58.



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