LA NEWSLETTER hebdomadaire

JEUDI 11 AVRIL 2024

Par les mots des écrivains comprendre les bleus à l’âme de la nature humaine. Par la voix du blues, exprimer les maux enfouis en chacun de nous.
Pour y découvrir – peut-être – les racines de nos émotions


 AVRIL

 RENÉ FRÉGNI INVITÉ DE L’INTERVIEW 3 QUESTIONS À...

pour la sortie de son recueil de nouvelles LES GABIANS SE LÈVENT A 5 HEURES. (Editions Cairn). Prix : 10€. 112 pages. Sorti le 6 mars 202
Ce recueil de nouvelles de René Frégni – parrain historique du festival Blues & Polar - vient de sortir aux éditions Cairn, dans la collection Regain.
L’INTERVIEW est en ligne sur le site www.blues-et-polar.com Cliquez sur l’Interview et le micro en page d’accueuil.


 2 PHRASES...

« La musique nous console » André MANOUKIAN musicien.

« La terre se couvre d’une nouvelle race d’hommes à la fois instruits et analphabètes, maîtrisant les ordinateurs et ne comprenant plus rien aux âmes, oubliant même ce qu’un tel mot a pu jadis désigner ». Christian BOBIN poète


 LES 4 VIDÉOS DE JPT POUR LE WEEK-END

 HOMMAGE À LEE BRILLAUX (DR FEELGOOD)

- Lee Brilleaux chanteur de Dr Feeelgood avec Wilko Johnson en 1971 est décédé le 7 avril 1994, il y a 30 ans, à son domicile de Leigh-on-Sea (GB). Il avait 41 ans. Il était venu à Jazz à Manosque le 25 juillet 1990 pour un concert d’anthologie réunissant la même soirée Dr Feelgood, Paul Personne et les Blues brothers. Un très grand moment !

- Doctor FEELGOOD live at Cheltenham, UK. 1990 avec Lee Brilleaux (
voix-harmonica) Steve Walwyn (guitare) Phil Mitchell (basse) et Kevin Morris (drums)

https://youtu.be/Y-3Jl11PhIM?si=PpUJtLLjSc9jPSgB

- Wilko JOHNSON : "Dr Feelgood pour toujours”
https://youtu.be/VO7NjufSQ8E?si=dnBLRWhEUHZEZvg2

- DR FEELGOOD - Live at Southend Kursaal (15 minutes)
https://youtu.be/GzF0AETdRF8?si=T22TAOrwegAmmbY3


 PODCAST

 SUR France CULTURE. MATHILDE BRASILIER PARLE…

Dans la série Carte blanche à Valentin Morel, Mathilde Brasilier journaliste-architecte parle de son histoire, de l’inceste commis par son père qui a refait surface, tant d’années plus tard. Comment survivre à un parent destructeur ? Auteure du livre autobiographique « Le jour, la nuit, l’inceste » paru aux éditions l’Harmattan, elle y raconte ses tourments passés et actuels. Le livre commence par la mort de son père grand architecte Prix de Rome le 21 mars 2005…
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/l-inceste-quand-l-histoire-refait-surface-3899982


 ON A VU

 SUR SCÈNE AU THÉÂTRE DURANCE À CHÂTEAU-ARNOUX

 AU MAUVAIS ENDROIT AU MAUVAIS MOMENT Comme un cri qui vole vers les anges

Avec Alice Barraud et Raphaël de Pressigny. Mise en scène Sky de Sela.
Alice, acrobate-voltigeuse est touchée au bras lors des attentats de Paris en novembre 2015. Ce spectacle est le témoignage d’une reconstruction. Accompagnée par Raphäel de Pressigny, musicien du groupe Feu ! Chatterton, et avec une énergie farouche, Alice raconte le chemin pour s’en sortir, reprendre son métier, mais autrement, et faire naître la beauté du chaos. Braver l’émotion, le pathos, défier les larmes, célébrer poétiquement chaque victoire, s’autoriser à rire. Surgir à nouveau dans le présent du monde.
« Au début, pendant un très court instant, quelques petits rires enfouis de collégiennes venues assister au spectacle… peut-être une première pour elles d’ailleurs. Car Alice Barraud est toute de clownerie avec son petit minois de Gavroche, enfant de la balle, poulbot en salopette, pieds nus, fragile, mais toute en muscles sous le tissu. Et puis, très vite, quand le mot attentat a surgi au détour d’une phrase, une gravité certaine s’est faite jour dans le public, et l’attention plus ténue. Car même si on a lu le programme, le résumé sur le flyer, ou entendu quelques infos à la radio sur la pièce, la réalité qu’offre la nudité du théâtre est toute autre. Devant nous, un lit d’hôpital ; de ceux qui nous ont accueillis parfois et dont la télécommande est un vrai poème pour monter, s’incliner ou descendre. Et Alice Barraud va en jouer. Une batterie, une clarinette et des ordinateurs. Fond noir, très noir, idées noires qui hantent l’esprit, insidieusement, via quelques difficultés à se mouvoir avec une perfusion dans le bras droit. Celui qui a reçu une balle… ou pas ? La mémoire part et revient par flashes ! La mémoire de ce 13 novembre 2015, le début du concert des Eagles of death métal, et clac-clac-clac les tirs de kalachnikov, les cris, les pleurs, les gémissements, les portables qui sonnent, l’odeur de la mort, et le silence ! Le Bataclan, Paris, la France, le monde… anéantis. Alice aussi. Mais pas morte ! Et son projet fou, c’est de de pouvoir voltiger dans l’air comme avant. Comme avant, quand elle était voltigeuse, mais avec ce syndrome de stress post-traumatique que connaissent les soldats en Opérations extérieures, et les rescapés de Nice sur la Promenade des Anglais victimes du camion fou.
La route est si longue pour guérir car la voie d’Alice est aérienne. Mais pour s’envoler en musique, elle est suivie par un sacré pilote nommé Raphaël de Pressigny musicien du groupe Feu Chatterton. Ceux qui ont interprété avec talent et émotion « l’Affiche rouge » de Léo Ferré pour l’entrée au Panthéon de Missak et Mélinée Manouchian. Et cette musique-là, pour grimper dans les nuages est un métissage de sons universels et de mix d’électro. Et petit à petit, le lit-cage devient corde d’évasion, Alice devient un serpent de la place Djema-el-fnaa de Marrakech se dressant au son d’une mélopée envoutante, et elle s’envole en tournoyant dans un nuage de plumes blanches, ces plumes d’ange que chantait Claude Nougaro dans son merveilleux album « Plume d’ange ».
Le public du Théâtre Durance, après un court instant de silence dans le noir s’est levé d’un coup, pour applaudir à tout rompre ce moment magique, de guérison, d’émotion, de joie, d’amour… tout ce qu’il faut pour retrouver confiance et vivre peut-être enfin sans peur au ventre. »

Jean-Pierre Tissier

 À LA TÉLÉ

 SUR FRANCE 2. « BEAU GESTE » SPÉCIAL CÉDRIC KLAPISCH

- On lui doit tant de moments mémorables gravés dans nos mémoires ; drôles, carrément fous ou empreints d’émotion. On lui doit ainsi le truculent et provocateur Le Péril jeune (1994), Chacun cherche son chat (1996), Un air de famille (1996) plusieurs fois récompensé aux Césars qui est l’adaptation de la pièce de théâtre de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui. Et la fameuse trilogie des aventures de Xavier Rousseau (Romain Duris), avec L’Auberge espagnole (2002), Les Poupées russes (2005) et Casse-tête chinois (2013). Cédric Klapisch invité de « Beau geste » sur France 2, l’émission dominicale tardive de Pierre Lescure nous a livré quelques facettes de sa personnalité. Personnage discret, et bonhomme, qui prend le temps de réfléchir avant de parler a évoqué ses références cinématographiques.
Et étonnement, je n’ai pas trop été surpris de l’entendre dire sa grande passion par les documentaristes. A commencer par le photographe Raymond Depardon, mais aussi le vieux compagnon et parrain des Rencontres cinéma de Manosque Jean-Rouch. L’homme qui avait mis sa caméra à l’épaule en mai 68, celui avec qui on pouvait parler du monde sous tous ses aspects, jusqu’au bout de la nuit avec Pascal Privet, Jean Arlaud, Arthur Lamothe… pour parler autant des lions en Afrique, que des ours au Canada ou des truffes au pied du Mont Ventoux. Ce qui explique la justesse de ses films ! J.-P.T


 À VOIR

 SUR ARTE. La série MACHINE

(6 épisodes) avec Joey Starr et Margot Bancilhon. Disponible jusqu’au 18 mai 2024. (Les 11 et 18 avril)
https://www.arte.tv/fr/videos/RC-025010/machine/
Une jeune marginale recherchée par les services secrets de l’armée est de retour dans sa ville natale. Embauchée dans une usine en pleine restructuration, elle met sa science du kung-fu au service de la lutte ouvrière. Série détonante, « Machine » mêle action et humour sur fond de colère sociale.


 CONCERTS & SORTIES : NOTRE SÉLECTION

 MERCREDI 17 AVRIL

MARSEILLE. GOLO à la librairie des Arcenaulx Jeanne Laffitte. 17h30 avec le consulat général de Roumanie à Marseille, à l’occasion du 140e anniversaire de la naissance de Panaït Istrati et de la parution de la superbe bande dessinée Istrati ! (version intégrale) rencontre avec Golo pour découvrir la vie de ce grand auteur roumain. Istrati ! éditions Actes Sud BD, 38 €.


 SAMEDI 20 AVRIL

CÉRESTE-EN-LUBERON (04). ROCK, BIÈRE ET MÉTAL !
La micro-brasserie artisanal La Serpentine de Montjustin donne carte blanche à l’association Soulenco le temps d’une soirée festive. Au programme : le groupe rock lyonnais Parallels minds et le groupe aixois de Métal Ranx. Les concerts débuteront à 20 heures. Un foodtruck sera sur place. Tarif : 5€. Gratuit pour les moins de 12 ans.


 ALBUMS

 NOTRE COUP DE CŒUR DE LA SEMAINE

 KATARINA PEJAK PEARLS ON A STRING

Chanteuse, pianiste et compositrice, Katarina Pejak évolue à la croisée du blues, de la soul, du jazz et de la country. Encore adolescente, elle se produisait dans les clubs de Belgrade, sa ville natale. Après 3 albums sortis en Serbie, “Perfume & Luck” (2010), “First Hand Stories” (2012) et “Old, New, Borrowed and Blues” (2016) elle prend part à la tournée du Blues Caravan et joue plus de 60 concerts à travers l’Europe. Son 4e album “Roads That Cross” est produit par Mike Zito et se classe parmi les meilleurs albums blues de allmusic.com. Les sessions d’enregistrement de Pearls on a String ont eu lieu en France où Katarina Pejak a depuis élu domicile. En compagnie de son mari, Romain Guillot, coproducteur et ingénieur du son, Katarina est entourée du trio guitariste Boris Rosenfeld (guitare), Sylvain Didou (bassie) et Johan Barrer (batterie). La guitariste californienne Laura Chavez apparait sur la chanson d’ouverture et Dana Colley, sax du groupe rock alternatif Morphine, joue sur le morceau jazz « Femme ». Deux reprises figurent sur cet album : Money de Pink Floyd et Honey Jar du groupe américain The Wood Brothers. " C’est mon album le plus personnel » dit-elle. Héritière de Carole King, Katarina présentera Pearls on a string en tournée avec le Blues Caravan 2024 aux côtés des nouveaux venus chez Ruf, Alastair Greene et Eric Johanson. Découvrez-là C’est super ! https://youtu.be/YzACqtqrvrk

Katarina Pejak Whitney Shay Turtle Blues & Love’s Creeping live L’Odéon de Tremblay France 2023. https://youtu.be/XVJAZA7uXzA?si=o7SSX_-qSP6XqPOi

 DEVIL JO RISING

Presque 6 ans après le dernier album, Devil Jo Revient avec « Rising ». Devil Jo c’est un son rock moderne avec la voix captivante d’Ana Ka, des guitares qui résonnent de tradition(s) et des rythmes envoûtants, offrant au public une expérience live intense et énergique, laissant chacun essoufflé mais comblé à la fin de leurs concerts. Un confinement, des questionnements, un changement de chanteuse sont autant d’éléments qui font que le son de ce disque a largement évolué. Si la soul et le rock ’n’ roll si caractéristiques du groupe sont toujours bien présents, la voix d’Ana vient apporter une touche de modernité qui devrait ravir les anciens et futurs fans de Devil Jo.
Découvrez DEVIL VO ! City On A Hill https://youtu.be/8bvh0TIMXFs?si=HHGArWtGN0ciUtF2

 CRYSTAL LEWIS A SEASONAL THING

La chanteuse américaine Crystal Lewis se produira pour la première fois en France les 19 et 20 avril au Duc des Lombard à Paris. Trois fois nommée au Grammy Awards Crystal Lewis possède un style et une voix unique et intemporelle qui nous rappelle les plus grandes voix du jazz. Elle s’est produite sur les plus prestigieuses scènes du Carnegie Hall en passant par le Royal Albert Hall. Crystal Lewis présentera son prochain disque A Seasonal Thing, 12 chansons qui suivent les saisons, mêlant standards et compositions originales. Elle sera accompagnée sur scène de Johan Dalgaard au piano, Raphael Chassin à la batterie, Laurent Vernerey à la Basse et Renaud Gensane à la trompette. À découvrir de toute urgence … * Crystal Lewis est accompagnée par Johan Dalgaard (piano), Raphael Chassin (batterie), Laurent Vernerey (basse) et Renaud Gensane (trompette).


 POLARS. ON A LU

Parce qu’un livre n’a pas d’âge et ne se démode jamais.
Nos impressions * MOYEN ** BIEN *** EXCELLENT **** SUPER

  *** UN LUNDI DE PENTECÔTE de Patricia Delahaie (Belfond Noir)

Le résumé. Marseille, 1974. Loïc Peyrat le sait : un ogre habite ses pensées. Sexuellement attiré par les enfants, le jeune homme de vingt ans pense avoir trouvé une méthode pour contrôler ses pulsions. Mais ce lundi de Pentecôte, la machine se grippe. Une petite fille passe dans son champ de vision. Huit ans, robe blanche au motif cerises. Loïc risque la peine de mort. Louise Malterre n’en croit pas un mot : son fils, son doux, son tendre garçon qu’elle a élevé seule, auquel elle a tout donné, n’est pas ce monstre que l’on dit. Cette incarcération est une erreur qu’elle compte bien prouver. Poussée par un fait-diversier qui veut faire d’elle une martyre, Louise convainc son fils de revenir sur sa déposition pour clamer son innocence. Se pourrait-il que Loïc soit le jouet d’un terrible concours de circonstances, comme le jure Louise ? Coupable de l’enlèvement, peut-être, mais innocent du meurtre ? L’amnésie dont il se prétend victime est-elle réelle ? Pour l’avocate de la défense, cette théorie est un suicide. Mais mère et fils ne semblent pas comprendre le danger de leur stratégie...Patricia Delahaie livre une réinterprétation intime, puissante et sensible de l’affaire Ranucci, dont ce seront les 50 ans à la Pentecôte 2024, vue à travers le prisme d’une relation mère-fils d’une rare délicatesse, d’une rare cruauté.

« Voilà un livre avec une interprétation intéressante du »Pull over rouge« évoquant Christian Ranucci un des derniers guillotinés en France. Mais dans cet ouvrage l’auteure que j’avais beaucoup appréciée dans »La faussaire« met en parallèle la relation mère-fils très fusionnelle et sème le doute. Qui est le véritable responsable de ce meurtre d’enfant ? La psychose du fils ou la déviance de la mère quant à la relation avec son fils ? Un excellent livre. »

Muriel Gaillard

EN AVANT-PREMIÈRE. SORTIE LE 11 AVRIL 2024.

  **** COMME SI DE RIEN N’ÉTAIT de Barbara Abel

(Récamier). 368 pages.

Le résumé. Dans l’existence d’Adèle, chaque chose est à sa place, toujours. Elle règne sur sa vie, parlemente avec le destin, orchestre le hasard qu’elle a appris à dompter mais qui – elle ne le sait pas encore –, est sur le point de lui exploser au visage. À la sortie du cours de musique de son fils, elle rencontre le nouveau professeur de solfège, Hugues Lionel. Leurs regards se croisent. Lui, semble troublé et dit la reconnaître. Qui est cet homme, et pourquoi l’appelle-t-il Marie ? Contrairement à Adèle, chez Hugues rien n’est sous contrôle, et le retour de cette femme qu’il pensait ne jamais revoir pourrait être le cadeau de la vie qu’il attendait depuis si longtemps. Quand bien même cette dernière prétend ne pas le connaître... On peut tous se rassurer par de petits arrangements avec la vie, avec les erreurs du passé, avec ce que l’on n’aurait jamais dû voir ni même entendre. Mais peut-on indéfiniment faire comme si de rien n’était…

« Barbara Abel - présente au festival Blues & Polar 2022 - n’a pas son pareil pour nous égarer dans les méandres de la vie quotidienne jusqu’à la limite de l’intime et du domestique, comme pour nous »endormir" en nous fondant dans le décor... et d’un seul coup, nous livrer, mais au compte-gouttes, des infos cruciales et très personnelles. Celles qui vont laisser des traces bientôt, tels des clignotants qui s’allument et nous délivrent des signaux déterminants.
Le suspense prend alors corps petit à petit dans cet univers bruxellois des beaux quartiers bourgeois chics et silencieux, faits de longues avenues arborées de magnolias ; et la pression monte pour une cuisson lente à basse température, mais déterminée à cuire « in perfecto » néanmoins. En brûlant même le fond de la cocotte-minute !
Car la balade de mise en situation se poursuit autour d’un piano, d’une partition de solfège, d’un verre en terrasse... comme dans une pièce de théâtre dont elle prend soin de planter le décor minutieusement avec des coups au coeur réguliers préfigurant les changements d’acte. Et ce n’est pas un hasard si son premier texte à ses tout-débuts, fut une pièce de théâtre...
Elle nous balance alors, quand la cuisson est proche de la durée optimum, une flopée de changements de piste intempestifs et soudains qui s’adresseraient à un avion déjà au roulage, puissance maximum et sur le point de décoller... à qui on demanderait soudainement de faire demi-tour.
Maitresse diabolique absolue des mots simples mais très efficaces, Barbarel Abel nous fait trépigner d’impatience comme si un poison lent injecté n’agissait qu’au goutte à goutte sur ses lignes ciselées. On tape du pied obstensiblement, on rage, on enrage, notament lorsqu’on ouvre une boite dans laquelle un passé de famille incroyable resurgit, car cette situation folle dans laquelle finissent par tomber ses personnages pourraient très bien nous concerner. La folie pouvant nous rattraper un jour et nous faire passer à l’acte, alors qu’on ne s’y attendait absolument pas. Un régal de lecture brûlante et glaçante. à la fois. On ne se méfie jamais assez de ses voisins ! "

Jean-Pierre Tissier

« Dès le début du livre, comme souvent avec Barbara Abel, on pénètre dans la vie de cette famille plutôt confortable. Et de suite c’est très perturbant ! On va très vite de rebondissements et on se sent de plus en plus mal à l’aise lorsqu’on voit que cette mère de famille ne réagit pas face aux évènements. Et d’un seul coup ça explose ! Tout est dans la psychologie du couple et de la famille. Tu ne lâches ce livre jusqu’au bout. Et là enfin tu peux respirer ! »

Muriel Gaillard

  **** RÉGLEMENTS DE COMPTES À MARSEILLE de Denis Trossero

(Mareuil éditions). Prix : 21 €. Journaliste à La Provence pendant 36 ans, spécialiste de la rubrique « police-justice », Denis Trossero connaît la cité phocéenne et ses arcanes comme personne. Dans ce livre il égrène un certain nombre de vérités, dont plusieurs n’ont jamais été dites ni écrites, sur le fonctionnement, ou plutôt le dysfonctionnement de nos institutions. Denis Trossero nous plonge dans l’histoire de la violence à Marseille et analyse les différentes stratégies mises en place par les autorités pour la contrer.
Depuis plus d’un siècle, Marseille baigne dans le crime, comme si la figure de « l’homme tué » immortalisé dans la grotte Cosquer planait au-dessus de la ville, tel un funeste présage. Il suffit de citer des affaires, des noms, de Carbone et Spirito aux frères Guérini, en passant par la tuerie du bar du Téléphone, la tuerie d’Auriol ou l’affaire des cliniques, pour comprendre que la cité phocéenne a depuis longtemps un rapport particulier à la violence. Et le temps n’y fait rien. Au contraire, Marseille semble même s’enfoncer toujours un peu plus dans cette spirale infernale avec la pluie de règlements de comptes qui s’abat sur elle depuis plusieurs années. Au secours Pagnol ! Que sont devenues les parties de belote sur les quais du Vieux-Port au rythme chantant de l’accent provençal ? Cette violence est-elle rédhibitoire ? Comment les autorités tentent-elles dans la douleur de dénouer les fils ténus de cette situation dramatique ? Avec quels moyens ? Pour quelles ripostes ? La doctrine a-t-elle changé ? Pilonnage, méthode pro-active... Ces contre-attaques sont-elles toutes vouées à l’échec ?
* Journaliste à La Provence pendant 36 ans, spécialiste de la rubrique « police-justice », Denis Trossero connaît la cité phocéenne et ses arcanes comme personne.

« La violence à Marseille est-elle rédhibitoire ? Telle est la question pertinente et impertinente que pose mon confrère et ancien collègue de La Provence Denis Trossero dans ce « pavé » de 400 pages qui résume une carrière de reporter spécialisé police-justice dans les colonnes du Méridional, puis de La Provence. Car dès les premières lignes, on comprend à quel point de non-retour est arrivée cette barbarie qui touche au hasard de l’occasion, des femmes, des hommes, des jeunes, des vieux… avec une escalade relevant peut-être de la psychiatrie… En effet, comment emmurer – peut-être encore vivante - dans une armoire métallique, une jeune étudiante de 22 ans Stéphanie Jusac qui a eu le malheur d’être prise en stop entre Aix-en-Provence et Marseille par un groupe de Polonais avinés, un matin de janvier 1998, et qui a subi les pires sévices dans un squat du Vieux-Port durant une semaine ? Aujourd’hui, malgré la prison à perpétuité assortie d’une peine de sureté de 22 ans, les coupables sont peut-être dehors…
Dans les quartiers, pas que Nord d’ailleurs, ça se flingue à la Kalach en plein jour toutes les semaines… Alors, Marseille serait-elle devenue totalement fada ? Pas le fada habité par les fées cher au regretté Yvan Audouard. Non, le fada alcoolisé, shooté, qui entend des voix, ou qui (peut-être) joue la comédie… Et il faut désormais ajouter à ce fracas, les dommages collatéraux mortels si craints et pressentis dans les années 2000 à Marseille, par le brillant trio Laurent Nunez (aujourd’hui préfet de police de Paris), Christian Sainte (passé Directeur national de la PJ) et Jacques Dallest (à l’époque Procureur de la République) visionnaires éclairés, malheureusement !
C’est donc une revue d’effectif du crime organisé ou pas, à l’image d’un OM décimé par les blessures et à côté de ses pompes, que dresse Denis Trossero véritable « disque dur » des prétoires avec toute son expérience et son écriture non dénuée d’humour. C’est un livre passionnant à lire par chapitres suivant qu’il y ait des « chavanes » dans l’air ou du mistral du côté de la Corniche… Car le casting des procureurs de la République est passionnant et pittoresque avec une Palme d’Or digne de la Croisette pour Jacques Dallest et François Mollins car leur connaissance des dossiers, le sens de la pédagogie au service des autres, et une dose d’humilité bienveillante mais à poigne, ont fait leur office.
Alors que le casting des vieux caïds marseillais avec leurs surnoms dignes d’un Michel Audiard qui aurait signé à Endoume, est un florilège de nostalgie entre Tontons flingueurs et massacre dans les bars et autres lieux de rendez-vous. Mais on défouraille aussi à moto comme pour dézinguer le juge Michel qui voulait mettre de l’ordre dans cette ville si agitée en permanence, qui possède pourtant la plus belle baie du monde.
L’OM ne manque pas à l’appel tout comme Christelle Rotach directrice des Baumettes de 2013 à 2017, femme à poigne dans un univers masculin. Elle était arrivée là pour faire la chasse aux ripoux disait-elle. Aujourd’hui, elle est Inspectrice générale de la Justice.
Si « La Justice, tour d’ivoire, c’est fini », phrase prémonitoire de Jacques Procureur général honoraire désormais, à l’origine du Pôle national « Cold cases » de Nanterre, c’est néanmoins un voyage d’une incroyable d’intensité allant des Goudes au Stade-Vélodrome en passant par les Baumettes, l’hôpital nord et les quartiers nord qu’on effectue au creux de ces vagues de souvenirs douloureux et parfois comiques signés par Denis Trossero. Le tragique y côtoie la commedia dell’arte, et on ne sait comment traiter le mal ancré au plus profond de cet univers entre ombre et lumière. L’auteur fait 20 propositions pour sauver Marseille en fin d’ouvrage. Et si pour une fois, on écoutait un vrai Marseillais ? »

Jean-Pierre Tissier

Denis Trossero (au centre) est déjà venu au festival Blues & Polar au parc de la Rochette en 2017 avec ses amis écrivains Marseillais Jean-Louis Piétri, José D’arrigo et Maurice Gouiran. Chantal Giraud sculptrice, architecte, réalisatrice de vitraux pour l’abbaye Saint Victor et de bijoux pour le cierge pascal de l’abbaye de Ganagobie qui a créé le Prix Blues & Polar à l’époque avait de sérieux « body guards ». (Photo Jean-Pierre Tissier).


  *** ARANÉA- Le neuvième livre de Alexandre Murat

(Fleuve noir) Sortie le 4 avril 2024. 320 pages. Prix : 20,90€.
Le résumé Et si le savoir devenait une arme de destruction ? Avril 1939. Une expédition commanditée par Himmler se lance sur les traces d’un mystérieux livre au milieu des montagnes de l’Himalaya. Mars 2021. Alex, professeur d’histoire des Civilisations à Harvard, et Mary, à la tête de son agence de sécurité privée, sont loin d’imaginer qu’ils vont devoir, contre leur volonté, mener la plus dangereuse de leurs quêtes et affronter une redoutable ennemie.Du monastère de Gyantse au Tibet jusqu’aux Invalides, en passant par l’Argentine et les Etats-Unis, ils suivront les travces d’u ouvrage pour lequel les trahisons et les crimes s’accumulent. Car le pouvoir de cet objet est peut-être encore plus grand et plus terrible qu’on ne l’imagine...
« Quand j’ai commencé à lire ce livre, j’avais un apriori en me disant c’est encore un roman historique concernant Napoléon quand on voit le nom de l’auteur descendant direct du Maréchal Murat, beau-frère de Napoléon tout de même. Mais quelle agréable surprise ! C’est un vrai roman, passionnant, captivant, certes concernant Napoléon et l’Aiglon, mais outre l’histoire romanesque, il y a tous les détails historiques concernant les Invalides notamment. Et tous les tunnels qui sont dessous. C’est un vrai plaisir de lire ce livre… et maintenant je vais lire « La Légende de l’Empereur » sorti en 2022. »

Muriel Gaillard

  **** ET CHAQUE FOIS MOURIR UN PEU de Karine Giebel

Tome 1. Prix : 22€. 504 pages.

Le résumé. Monter au front sans arme ni gilet pare-balles. Soigner les autres au péril de sa vie. Se sentir utile en ce monde. De Sarajevo à Gaza, en passant par Grozny, la Colombie ou l’Afghanistan, Grégory se rend au chevet des sacrifiés sous l’égide de la Croix-Rouge internationale. Chaque victime sauvée est une victoire sur la folie des hommes. Chaque vie épargnée donne un sens à la sienne. Peu importe les cicatrices et les plaies invisibles que lui laisse chaque conflit. Poussé par l’adrénaline, par un courage hors du commun et par l’envie de sauver ceux que le monde oublie, Grégory prend de plus en plus de risques. Jusqu’au risque de trop. Jusqu’au drame... Ne pas flancher, ne pas s’effondrer. Ne pas perdre la raison. Choisir. Sauver cette jeune fille, condamner cet adolescent. Soigner ce quadragénaire, laisser mourir cet enfant. Choisir. Endurer les suppliques d’une mère, d’un père. Certains tombent à genoux devant lui, comme s’il était Dieu. Choisir. Tenter de sauver cette femme. Sacrifier sa petite fille qui n’a que peu de chances de survivre à ses blessures. Choisir. Et chaque fois, mourir un peu.
Le résumé. Monter au front sans arme ni gilet pare-balles. Soigner les autres au péril de sa vie. Se sentir utile en ce monde. De Sarajevo à Gaza, en passant par Grozny, la Colombie ou l’Afghanistan, Grégory se rend au chevet des sacrifiés sous l’égide de la Croix-Rouge internationale. Chaque victime sauvée est une victoire sur la folie des hommes. Chaque vie épargnée donne un sens à la sienne. Peu importe les cicatrices et les plaies invisibles que lui laisse chaque conflit. Poussé par l’adrénaline, par un courage hors du commun et par l’envie de sauver ceux que le monde oublie, Grégory prend de plus en plus de risques. Jusqu’au risque de trop. Jusqu’au drame... Ne pas flancher, ne pas s’effondrer. Ne pas perdre la raison. Choisir. Sauver cette jeune fille, condamner cet adolescent. Soigner ce quadragénaire, laisser mourir cet enfant. Choisir. Endurer les suppliques d’une mère, d’un père. Certains tombent à genoux devant lui, comme s’il était Dieu. Choisir. Tenter de sauver cette femme. Sacrifier sa petite fille qui n’a que peu de chances de survivre à ses blessures. Choisir. Et chaque fois, mourir un peu.

« Lui-aussi il entend des voix. Celles des milliers de morts et de blessés, mutilés, massacrés, violées qu’il a soignés en Bosnie, Colombie, Rwanda, Kosovo, Afghanistan… En enfer ! Car le paradis n’existe pas pour Grégory taillé comme une armoire normande, infirmier à l’hôpital de Digne-les-Bains (Alpes-de Haute-Provence) mais quasiment médecin pour le comité international de la Croix-Rouge (CICR) la plupart de son temps.
Lui-aussi, entend des voix ; celles de sa femme et de sa fille tuées dans un accident de voiture, à la sortie d’un virage en Ubaye… alors qu’il soignait des enfants et des prisonniers, près de Sarajevo à ce moment-là.
Et toutes ces voix résonnent et reviennent chaque nuit dans ce sommeil éveillé, comme une transe cauchemardesque ravagée par les coups de machettes, les explosions, et les brasiers faits de corps humains. Toute l’expression du Stress Post-Traumatique nourrie par l’adrénaline du secours à n’importe quel prix qui le guide. Sauver ou périr comme la devise des sapeurs-pompiers. Soigner sans distinction de race, de sexe, ou de religion comme la devise du CICR ! Le sourire des enfants pour seule récompense ! Voilà pourquoi il risque sa vie et demain il recommencera. Avec ces fantômes de plus en plus nombreux derrière lui et qui lui demandent pourquoi il ne les a pas sauvés, eux ! Alors, il y voit comme une malédiction, une menace, avec l’idée que sa femme et sa fille ne sont pas mortes par accident, mais par vengeance.
Ceux qui ont le cœur trop grand sont souvent tristes lui dit une femme sur un lit de douleur. C’est un voyage au cœur des catacombes de l’humanitaire et des misères du monde que nous livre ici Karine Giebel. Une sarabande macabre des cauchemars nés des catastrophes et des conflits du monde qui s’insinuent pernicieusement dans la mémoire de Grégory : à y perforer le disque dur du cerveau.
Car ces viols méthodiques et répétés sur les femmes et les fillettes dans tous les conflits ne sont pas le fruit de malades mentaux… mais UNE ARME DE GUERRE !!! Mutiler, détruire la femme, la rendre inutile ! Une arme de destruction massive pensée et réfléchie pour réduire à l’esclavage en raison du manque d’empathie des religions et des croyances ancestrales. C’est un livre d’une force inouïe qu’on lit en se mordant les lèvres souvent, loin du polar, mais au cœur de la psychiatrie tant pour les victimes que pour les soignants sans oublier les enfants-soldats qui resteront marqués à jamais. Un livre addictif qu’on grave en nous comme une scarification lente à guérir. Blood, sweat & tears et la voix de Clayton Thomas résonnent depuis dans ma tête…"

https://youtu.be/SFEewD4EVwU?si=z6dIhFHVRbzJ3i5r

Jean-Pierre Tissier

« Ce roman est une nouvelle facette de Karine Giebel, loin de ses polars habituels. C’est un roman puissant, qui prend aux tripes, vous met les larmes aux yeux, mais par moment j’ai l’impression de lire un reportage sur Médecins sans frontière tellement c’est cash, brutal, si réaliste et effrayant ... mais c’est toute la violence dont l’homme est malheureusement capable sur tous les continents. Un livre perturbant qui tient en haleine néanmoins, mais on souffle à la fin de ce gros pavé de 500 pages où sont contenues toutes les douleurs du monde. »

Muriel Gaillard

RETROUVEZ NOS COMMENTAIRES DE LECTURE SUR LE SITE WWW.BLUES-ET-POLAR.COM ONGLET : ON A LU

 EN COURS DE LECTURE

 JACK de Hervé Gagnon

(Hugo poche suspense). 507 pages. Prix : 8, 90€. Sortie le 3 avril.
Le pitch. En 1888, un tueur en série sème la terreur dans les rues de Londres, éventrant et dépeçant ses victimes. Il est alors surnommé Jack l’éventreur, et ne sera jamais appréhendé. 1891, à Montréal, une nouvelle victime est découverte, dans des conditions rappelant celles des meurtres Londoniens. Jack foulerait-il le sol de Montréal à la recherche de nouvelles proies, ou est-ce un imitateur ? La police ne semble pas s’y intéresser mais une chose est sure : Le journaliste Joseph Laflamme, est déterminé à enquêter sur l’affaire ! Il pourrait bien mettre le nez dans de Le premier tome d’une saga de thriller historique, signée Hervé Gagnon, auteur québécois de nombreux livres. Un récit rythmé qui s’inspire d’une affaire qui a traversé les générations.
Cette année, le Festival du Livre Paris met à l’honneur le Québec. Les éditions Hugo Publishing ont donc invité du 12 au 14 avril, l’auteur Québécois Hervé Gagnon sur leur stand. Auteur des sagas Damné, Malefica ou encore Sanctuaire, Hervé Gagnon revient aujourd’hui avec la sortie du tome 1 de la série Les enquêtes de Joseph Laflamme, dans la collection Hugo Poche suspense qui sera disponible le 3 avril en librairie.


 LA MAISON DES MENSONGES de John Marrs

(Editions City). Thriller Sorti le 20 mars 2024. 416 pages. Prix : 20,90€.
Le résumé. La vie de Nina est réglée comme un métronome : le matin, elle va travailler à la bibliothèque et le soir elle retrouve sa mère Maggie, avec laquelle elle vit depuis toujours. Nina prépare le repas et les deux femmes dînent paisiblement. Un quotidien parfaitement banal. Mais un détail jette une ombre au tableau : le pied de Maggie est attaché à une lourde chaîne qui l’empêche d’atteindre la porte de la maison. Et cette chaîne, elle ne la quitte jamais, pas même quand elle dort dans le grenier, parfaitement insonorisé. Docile, Maggie accepte tout : les privations, les punitions et la solitude. Car ce qu’elle a fait à sa fille, des années auparavant, est impardonnable et elle doit en payer le prix. Mais il y a beaucoup de secrets que Nina ignore et que sa mère n’a pas l’intention de lui révéler. Parce que dans cette maison, la vérité est plus dangereuse que le mensonge...


 NOUVEAUTÉS

 SERRER LES DENTS de Marie-Laure Brunel-Dupin et Valérie Peronnet.

Sortie le 20 mars 2024. Prix : 21, 90€. Editions Gallimard Black lab. Le résumé. Janvier 2004 : la gendarme Mina Lacan et son équipe d’analystes comportementaux sont dépêchés en Alsace sur le lieu d’un double homicide avec deux femmes assassinées dans leur maison dévastée par un incendie criminel. Commence alors un minutieux travail d’élaboration du profil du tueur. Dans le même temps, les profileurs sont appelés à la rescousse sur une affaire de viols en série entre Megève et Saint-Tropez. Le tout nouveau groupe dirigé par Mina, de plus en plus sollicité par ses collègues enquêteurs, parviendra-t-il à faire matcher profils et suspects ? Une nouvelle plongée dans la folle vie de Mina Lacan, première profileuse de la Gendarmerie et le plaisir de retrouver son inénarrable jumelle Martha, sa famille hors norme, ses amis précieux et sa hiérarchie irascible.


 LES PARIAS d’Arnaldur INDRIDASON

Prix : 22,50€. 304 pages. Sorti le 2 février 2024. Editions Métailié. Titre original : Kyrrþey. Traduit de l’Islandais par Éric Boury.

  Le résumé. Une veuve trouve un vieux pistolet dans les affaires de son mari et l’apporte à la police. Une vérification montre qu’il a été utilisé pour un meurtre non résolu depuis de nombreuses années. Konrad, un détective à la retraite, s’y intéresse car son père a eu une arme similaire… Konrad nous apparaît ici dans toute son ambiguïté morale, aux prises avec les démons de son enfance auprès de ce père malhonnête, dangereux et assassiné par un inconnu. La soif de vengeance le domine, mais il résout les crimes restés sans réponses claires dans le passé. Il regrette un certain nombre de ses actes et essaye de s’amender. Ce faisant, il nous révèle la dureté de la société islandaise à l’égard de tous les déviants. Un roman noir pur et dur, de beaux personnages pour lesquels le lecteur éprouve de l’empathie, de vrais méchants, aussi. Un de ces romans addictifs dont Indridason a le secret et qui restent dans le cœur des lecteurs bien à l’abri des tempêtes hivernales.


 L’INFLUENCEUR de Patrick Bauwen. (Albin Michel)

Sorti le 28 février 2024. 336 pages. Prix : 21, 90€. Le résumé. On lui avait promis la célébrité…Elle va découvrir la peur. Lisa, assistante médicale et critique littéraire, est promise à la célébrité sur les réseaux sociaux. Mais les promesses se transforment en menace alors qu’elle doit obéir à des ordres précis. De Paris à Dubaï, dans un monde d’influenceurs, elle oscille entre succès et danger. Patrick Bauwen, après son succès avec « L’Œil de Caine », dévoile les coulisses sombres des réseaux sociaux, une immersion brutale dans la manipulation moderne.


 LA LOUISIANE de Julia MALYE (STOCK)

Le résumé. Tout commence à Paris, en 1720. Marguerite Pancatelin, la Supérieure de la Salpêtrière, est mandatée pour envoyer une centaine de femmes « volontaires » en Louisiane, afin d’y épouser des colons français. Parmi celles qui embarquent à bord de La Baleine, trois femmes aux trajectoires distinctes forgent une amitié indéfectible : Charlotte, orpheline de douze ans à la langue bien pendue, Pétronille, jeune aristocrate désargentée, et Geneviève, condamnée pour avortement. Chacune d’entre elles, une fois arrivées en Louisiane, devra faire face à ce territoire aussi inconnu qu’impitoyable. Mariages, naissances, deuils, guerres : le roman nous embarque au coeur de leurs existences aussi sujettes à la violence que pétries d’espoir. Entre séparations et retrouvailles, les trois protagonistes témoignent d’une fureur de vivre et d’être libres à toute épreuve. Et qu’importe si elles n’ont pas leur mot à dire sur leur avenir. En alternant les points de vue tout au long du roman, Julia Malye ouvre la voie à la psychologie de ses personnages. Grâce à une écriture oscillant entre réalité historique et fiction romanesque, La Louisiane emporte le lecteur dans une fresque magistrale et somptueuse à laquelle il est difficile de s’arracher.


 BRI, LES FORMES DE L’OMBRE - La vengeance du clan de Phillippe Deparis

(Editions Mareuil) Sortie le Prix : 18 €. Philippe Deparis est un ancien opérateur de la BRI. Il est l’auteur du polar, BRI, les formes de l’ombre (2021) dont La vengeance du clan est la suite. Un polar trépidant aux accents de vérité écrit par un ancien opérateur de la BRI.
Le résumé. Seb, Martial, Djamel, Fabien, Lucas et Samantha font partie de la BRI, l’unité d’intervention de la PJ parisienne.Entre opérations, entraînements et vie de groupe, la routine n’existe pas. Après l’interpellation il y a un an de Miroslav, un dangereux criminel qui « s’est allongé », l’unité est sur le qui-vive. Sebastian Sdarise, le chef du réseau criminel, ne compte pas en rester là : quand on trahit le clan, on s’expose à la vengeance de celui-ci…


 MES 2 LIVRES DE CHEVET

 TRAGÉDIE FRANÇAISE

  HISTOIRE INTIME DE LA Ve RÉPUBLIQUE (TOME 3) de Franz-Olivier Giesbert

Editions Gallimard Sorti le 2 Novembre 2023. Prix : 22€. 500 pages. Le résumé  : « Dans Le Sursaut, j’ai raconté le redressement gaulliste de 1958, et dans La Belle Époque, la gestion de « mère de famille » des années Pompidou et Giscard explique Franz-Olivier Giesbert »Parrain historique de Blues & Polar avec René Frégni - C’était un autre siècle. Mais les décennies suivantes, que j’essaie de faire revivre ici, celles de Mitterrand, Chirac, même Sarkozy et Hollande, nous paraissent elles aussi lointaines, avec leurs promesses et leurs ombres : bicentenaire de la Révolution, chute du Mur, 11 Septembre, irruption des « lieux de mémoire » et éclatement concomitant de notre roman national... Mitterrand prétendait « changer la vie » en 1981. Onéreuse illusion. La présidence Chirac s’est enrayée sitôt commencée, marquée pourtant par quelques décisions mémorables
. Le repli s’est poursuivi, bon an mal an, sous leurs successeurs, qui n’ont pas toujours démérité. La France n’a certes pas encore touché le fond, mais elle s’est laissée aller, au point de ne plus maîtriser ni ses comptes publics ni ses flux migratoires. Sans oublier le délitement de l’autorité qui ronge nos âmes, notre industrie qui se défait, comme notre moral, et la juxtaposition des ghettos communautaires sous l’égide du « vivre-ensemble ». Ce qui n’empêche ni les plaisirs, ni les rires, ni les joies, ni les chansons de Véronique Sanson et de Francis Cabrel qui égaient notre vie, ni la nostalgie de ceux qui nous ont quittés sans jamais partir - Aragon, Barbara, Johnny Hallyday, Belmondo... Puisant dans mes carnets et le Journal que j’ai tenu pendant des années, j’ai voulu raconter comme je l’avais vécu ce temps de faux espoirs et de vraies ruptures, dans un va-et-vient entre nos perceptions d’alors et notre regard d’aujourd’hui. Avec la conviction qu’il n’y a jamais de fatalité en histoire."


 BALADE CULTURELLE À SÈTE…

ESCAPADE DANS LES PAS FEUTRÉS D’AGNÈS VARDA.

Après une année de contacts, lectures, spectacles vus, échafaudage de budget, de recherches de mécènes et partenaires pour préparer son 19e festival, malheureusement arrosé copieusement le dimanche 27 août (après un somptueux samedi) Blues & Polar s’est octroyé quatre jours à Sète, au pays de Brassens et Paul Valéry… Une ville ouvrière et culturelle où du 21 au 24 septembre, Sète rendra hommage à la truculente mais si discrète Agnès Varda dont l’art d’observer le monde, caméra ou appareil photo en main n’avait qu’un objectif : la curiosité ! La vraie, celle qui informe, partage, renseigne… à l’image de son premier film Pointe Courte tourné ici en 1954 dans ce village de pêcheurs, qui sera projeté en ouverture de ce 2e festival, puis de Les glaneurs et la glaneuse qui seront projetés durant ce festival consacré à cette grande dame de l’image – également plasticienne - qui s’annonce bien sympathique. * Première chose à faire vous rendre dans le quartier des pêcheurs de Pointe Courte derrière la gare SNCF en bordure de l’étang de Thau où la Traverse Agnès Varda est toute de tendresse gardée par des dizaines de chats accueillants, en toute liberté. Et boire un bon verre de Picpoul de Pinet le long de la jetée au seul bar restaurant de l’île. Du bonheur à glaner au fil de Thau…