LES ALBUMS et PODCASTS COUPS DE COEUR

  Sommaire  

 TEREZ MONTCALM « STEP OUT »

Quand soul, rock et jazz fusionnent. Sortie le 16 février 2024. chez Spectra music - sidestreet music - l’autre distribution. Mêlant avec grâce rock, folk et jazz, Terez Montcalm, artiste à la voix fêlée et sensuelle, fait partie du cercle très fermé des chanteuses qui possèdent une signature vocale. En effet, sa voix rocailleuse est reconnaissable dès les premières paroles. Chaque album est aussi l’occasion pour Terez de se mettre au défi de se reinventer. Sur Step Out, la chanteuse guitariste canadienne, change de cap en se replongeant dans la soul music qu’elle affectionne avec une approche moderne. Les standards de la Motown, Marvin Gaye et James Brown mais aussi Elvis Presley l’ont guidé pour ce nouvel opus. Pendant plus de trois années, Terez a travaillé dans cette direction et a enfin mis ce projet en boite avec la complicité du réalisateur Régis Ceccarelli et de ses musiciens, Jean Marie Ecay, partenaire de longue date ainsi que Laurent Vernerey et Nicolas Viccaro, avec lesquels elle a pris un malin plaisir à brouiller les pistes et les partitions à la recherche de nouvelles vibrations tout en gardant son énergie intacte.
Ecoutez-la. [ https://youtu.be/myfew-_Y8QU?si=ZPR5pHLzvHODcplV->]

 BABET (DIONYSOS) « LA PROMESSE »

Babet poursuit sa carrière solo et revient après 13 ans d’absence pour son 3e album « La promesse », en marge de ses aventures avec Dionysos, dans lequel elle joue du violon, des claviers et accompagne sur quelques duos, le charismatique Mathias Malzieu. La voix douce de la chanteuse se pose avec volupté sur des arrangements léchés dont elle a le secret. Il y a une science de la mélodie très particulière et singulière chez Babet, quelque chose de pur, d’onirique, parfois rappelant le simple envol fugace d’un oiseau, parfois les méandres d’une mer agitée. La chanteuse rend ainsi hommage à celles et ceux qui l’inspirent. Le boxeur Mohamed Ali, le funambule Philippe Petit, ses compagnons de tournée, mais aussi son père dans Ton Algérie et sa mère dans Née sur une étoile. En équilibre entre folk et rock, Babet accordera son violon à la guitare et aux claviers de Ludovic Leleu avec lequel elle partagera la scène des Trois Baudets.
Découvrez-là https://youtu.be/9ks-AVZz5Cw?si=xGAN8aG6dp75n9CT Contact Mathias GIRARD. Email : mat@sinah-booking.com

 OIZEL" le nouvel album de Marion RAMPAL

Sorti le 9 février 2024. Marion Rampal nous livre 11 chansons d’émotion pure, de grâce éthérée. Elle s’empare ici de la langue française conciliant avec une grande liberté jazz et chanson. Son précédent recueil, « Tissé », s’achevait par un blues féministe, « Still a bird », où s’esquissait une affinité que « Oizel » prolonge et achève en convoquant la mobilité spatiale du migrateur, la nécessité vitale du nid, le chant réparateur. Quand Marion Rampal, la songwriter sacrée Voix de l’année aux Victoires du Jazz, invite le ténébreux Bertrand Belin à un émouvant pas de deux. Un bel ouvrage folk jazz où les voix s’entremêlent, évoquant les bals cajuns comme une partie de campagne peinte par Renoir. Deux timbres singuliers, des profondeurs aux cimes de libertés, qui déroulent avec une immense élégance une ballade tout à la fois gouailleuse et mélancolique.

 KID COLLING CARTEL « LIVING ON THE WILD SIDE »

(Rock & Hall) Sorti le 2 février 2023
« Living on the Wild Side » propose un blues rock très « alternatif » , avec une énergie rock, soutenu par un solide song-writing et des mélodies accrocheuses qui font vraiment la différence. Le Kid Colling Cartel propose un cocktail de soul, de funk et de rock sans jamais délaisser ses origines blues influencé par des artistes tels que Gary Clark Jr, The Black Keys ou Larkin’ Poe... À côté du Cartel, Colling s’investit dans de différents projets avec la chanteuse de folk-blues américaine Ilene Barnes dans le cadre de sa tournée acoustique. A noter que Kid Colling collectionne les distinctions avec le prix So Blues (2015) au tremplin blues du RDV de l’Erdre ainsi que le tremplin du Bagnoles Blues (2016) et a représenté le Luxembourg au European Blues Challenge à Horsens (Danemark - 2017). Reconnu pour son énergie communicative, Le Cartel est un groupe dont la complicité des musiciens sur scène est indéniable permettant ainsi à Kid Colling de se mettre dans la lumière grâce à une authentique signature vocale qui fait aussi son charme. MUSICIENS  : Kid Colling : vocals and guitar, Markus Lauer : Organ and keyboard, David Franco : bass et Florian Pons : drums.

 COLLECTOR

 L’AFFICHE ROUGE de Louis Aragon chantée par Ferré et Feu Chatterton !

Le vinyle 33T 25cm avec L’Affiche rouge par Léo Ferré est sorti le 23 janvier sur une face et la même chantée par « Feu ! Chatterton » sur l’autre. Et un texte de présentation de Jean-Pierre Sakhoun président d’Unité laïque.

 YUSAN BA YO

Sortie le 26 janvier 2024.
Yusan est l’illustration du bouillonnement qui règne au sein de la scène musicale parisienne. Carrefour culturel et artistique, la capitale fait se rencontrer des musiciens venus de milieux très différents, qui mettent en commun leurs cultures au service d’un son nouveau. Yusan, alliance d’artistes aux identités fortes et aux influences communes : jazz, musiques caribéennes, afrobeat, soul et gospel sont autant de couleurs qui viennent métisser la palette sonore du groupe.
Composé de Ralph Lavital (guitare), Romain Cuoq (saxophone), Kevin Jubert (claviers), Gwen Ladeux (basse), Mathieu Edouard (batterie), pour son premier album, Yusan a pris le parti de mettre en avant la voix et la mélodie, et d’inviter des personnalités de tous horizons qui résonnent avec leur musique, créant des titres aux couleurs variées exprimant la somme de leurs expériences.
On retrouve ainsi entre autres invités sur « Ba Yo » : Jocelyne Béroard, Célia Kameni, Ann Shirley, Chassol, Stace, Jean-Michel Rotin et l’harmoniciste Réunionnais Olivier Ker OURIO que Blues & Polar a suivi cet été au Domaines des Bergeries chez Jean-Luc Monteil pour une soirée magique dans le vignoble de Chateauneuf-Val Saint Donat. Après un EP sorti en 2021, qui a vu le titre Chiraj repris par des musiciens du monde entier, Yusan, dévoile son premier opus « Ba Yo ». Cette expression créole qui signifie à la fois « pour eux » et « donnes-leur », illustre parfaiement la générosité du projet.
Invités : Jocelyne Béroard (chant). Cyprien Zeni (chant). Natascha Rogers (chant et percussions). Dani Bumba (chant) Stace (chant). La grande Célia Kameni (ci-dessus au chant). Ann Shirley (chant). Oliver Ker Ourio (harmonica). Jean-Michel Rotin (chant). Chassol. Guillaume Latil (violoncelle) et Pierre Desassis (saxophones).
* Concert le 8 février 2024 au New Morning, Paris.

 SOFAÏ HIGHER HOPES

*** Pour des raisons techniques et de stratégie, le bel album Better days sorti en octobre 2023 a finalement été scindé en deux CD (7 et 9 titres). Le 2e Higher hopes vient tout juste de sortir et c’est un vrai cadeau de Noël ! J’avais découvert la voix de Sofaï l’an dernier grâce à l’ami bluesman Alain Leadfoot Rivet qui avait écrit quelques titres pour elle. Et j’avais été séduit d’emblée par cette tessiture dirty, très bluesy, et ses rythmes qu’elle compose à la guitare, non sans rappeler la grande Chrissie Hynde des Pretenders. Il y a de la couleur et de l’âme dans cette façon d’interpréter ces textes choisis dont deux sur le premier opus (Bacon fat empreint d’une jolie mélancolie et le superbe Our rendez-vous) étaient aussi signés Alain Rivet. Cette fois, on devrait entendre sur les radios ce nouveau très beau CD de 9 titres entre soul, rhythm’n’blues et blues soutenu par Daniel Montgomery (percussions), Marten Ingle (basse) Marc Todani et Tom Frémont (guitares) et le grand Slim Batteux aux claviers. Ça groove super bien et on se régale avec ces titres comme ce torride Lady cat blues, allant d’un clin d’œil gospel via Higher Hope avec la voix de Joniece Jamison en guest et le très beau Let yourself be écrit par Alain Rivet, sans oublier El precio de la libertad avec Pablo Villafranca et le Fire de Bruce Springteen revisité.
Sofaï devrait être la première invitée des Voix de Toutes-Aures, le samedi 24 août pour les 20 ans de Blues & Polar à Manosque.
Jean-Pierre Tissier

 FATHERS & SONS. Les trésors swing de Boulou et Elios Ferré

En cette année de commémoration des 70 ans de la disparition de Django, Boulou et Elios Ferré qui sont les dépositaires d’un patrimoine sonore et esthétique unique, qui leur vient de leur père Matelo et de leurs oncles – Baro et Sarane – dévoilent ici le cœur de leur univers, privilégiant une musique toute de poésie et de surgissements, qui expliquent pourquoi Chet Baker tomba sous leur charme, un beau soir de juin 1987, sur l’Île du Berceau à Samois-sur-Seine. Dans les années 30 et 40, Baro, Matelo et Sarane Ferré, à leurs heures guitaristes accompagnant Django Reinhardt, s’illustrèrent comme pionniers de la « valse swing », dont ils furent les créateurs. A la maison, Matelo avait pour habitude de fixer ses idées en les enregistrant sur des cassettes. Boulou et Elios ont exhumé ces trésors pour dénicher trois thèmes inédits portant la griffe paternelle : Place Pigalle, Rue du Poteau et Paris Swing Valse. Le reste de l’album est à l’avenant. Boulou et Elios passent maintenant le relais aux plus jeunes... Ils seront en tournée avec Ludovic Beier (accordéon) et Stéphane Belmondo (invité).

 THE SILENCERS : Silent highway ON ADORE !

Le nouveau single « whistleblower » sorti le 22 septembre est un soutien aux lanceurs d’alertes. Ce titre se construit comme un hymne Blues-Rock à la Robert Johnston, à la fois massif et percutant. Il soutient ces lanceurs d’alerte qui, dévorés par leurs découvertes et leur impact négatif, n’ont plus qu’un seul choix : celui de faire exploser aux yeux du monde cette vérité abjecte qui les ronge et ce, pour le bien de tous. The Silencers présente ainsi via les plateformes en ligne leur nouvel album Silent highway sortie prévue le 13 octobre prochain (Music Box Publishing Wagram). Un album co-produit par Jimme des Silencers et Baptiste Brondy batteur des Delgrès. C’est le 10ème album des Silencers. Avec ces 12 titres, le groupe retrouve le son de ses 1ers albums. Au début des années 80, quatre jeunes de Glasgow s’exilent à Londres pour monter ce qu’ils appelleraient à l’époque un vrai groupe qui composerait des chansons personnelles, empreintes d’émotion, dans le but de toucher les gens. The Silencers était né ! La recette reste inchangée.. Les douze titres qui composent Silent Highway vous marqueront et feront corps avec vous - un groove hypnotique qui vous fera taper du pied ou danser sur des paroles aussi bien authentiques, sincères ou irréelles que politiques, ironiques ou amusantes. Silent Highway a été créé pendant le confinement de 2020 entre Nantes, Rennes et Glasgow. Jimme O’Neill souhaitait revenir aux sources de ce qui a forgé le son des Silencers à savoir leur tout premier album A Letter from St. Paul, celui par lequel tout a commencé. Même si les trois premiers albums de The Silencers ont été disques d’or en France et que le groupe jouit toujours d’une très solide communauté de fans ici et dans le monde, le souhait profond de Jimme était, avec ce nouvel album, d’être à la hauteur et de ne surtout pas les décevoir. CONCERTS : 13 octobre à La Maroquinerie à PARIS. 14 Octobre au Grillen à Colmar (68). 15 octobre chez Paulette à Pagney (54).

 BAHAMAS « Le Voyageur immobile » avec les musiciens de Christophe

Enfin disponible pour la première fois en Digital, « Le Voyageur Immobile », ovni culte, est l’unique album du groupe français Bahamas. Ce groupe rassemblait la crème de la scène musicale française du milieu des années 70 avec Patrice Tison (guitare), Didier Batard (basse) ainsi que Dominique Perrier (clavier) et Roger ‘Bunny’ Rizzitelli (batterie) qui formaient déjà le duo électronique Space Art. Ce quatuor est connu pour avoir accompagné Christophe pendant des années sur ses albums classiques « Les paradis perdus », « Les mot bleus », « Samouraï »... On retrouve aussi ces requins de studio aux côtés de Bernard Lavilliers, Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Véronique Sanson, Alain Bashung, Jean-Michel Jarre, et bien d’autres. Enregistré en 1976 au studio Ferber, « Le Voyageur Immobile » est un voyage unique et poétique, une œuvre à l’écriture magistrale qui rassemble une collection de titres pop-rock progressif de très haute volée où toute la place est laissée à chaque membre du groupe pour s’exprimer. Cette réédition en Digital propose l’album original augmenté de sept versions complètement inédites des mêmes titres interprétés dans la langue de Shakespeare. Le disque est aussi disponible en vinyle 180 Gr, format gatefold, reproduction exacte de l’album d’origine.

 Virginie Daïdé MOODS.

(L’autre distribution). L’étincelante saxophoniste ténor était en concert le 21 septembre au Sunside à Paris entourée de Nicolas Dri (piano), Thomas Posner (contrebasse) et Tony Rabeson (batterie). Trois ans après son premier album Dream Jobim autour d’arrangements en sextet des œuvres d’Antonio Carlos Jobim, la saxophoniste poursuit le voyage. Elle revient avec Moods, une création qui traverse de multiples influences : d’inspirations du hard bop aux harmonies modales, Moods est teinté d’époques qui se superposent. « J’aime laisser vivre les notes dit-elle. Partager les mélodies avec la rythmique, la contrebasse. Que chacun puisse exposer sa sensibilité » Et comme me dit Tony, il faut entendre les oiseaux ... La musique est mon miroir d’humeurs, une boîte où retrouver les émotions passées et reconstruire celles à venir. Elle nous permet de vivre hier, d’imaginer demain, de voyager en restant immobile ou de remettre ses idées en ordre car un accord a provoqué l’équilibre. Dans Moods, je recherche cette osmose de styles et de figures musicales qui, extraites de leurs socles, peuvent librement danser ensemble ».
Découvrez-la ! https://youtu.be/O8cmVk8Yluk?si=0UnyLl2Jb4TFjY-n

 Poppa Chubby LIVE AT G.BLUEY’S JUKE JOINT

Le nouvel album du bluesman new Yorkais Poppa Chubby sort ce vendredi 8 septembre chez Gulf records. Le nouvel album du maitre du new York City Blues est imprégné de ce son lourd et prenant qu’on adore chez Poppa Chubby. Il sera en tournée en septembre à Bordeaux et en Bretagne puis à l’Olympia le 17 mars 2024. Ecouter l’album ici

 Birelli Lagrene PLAYS LOULOU GASTÉ

C’est Line Renaud – épouse de Loulou Gasté immense compositeur des années d’après-guerre – qui a demandé à l’immense guitariste manouche mondialement reconnu d’adapter les succès de son défunt époux en version jazz manouche. Et c’est formidable !
Biréli Lagrène plays Loulou Gasté » est sorti le 29 septembre 2023 en en CD, LP, et Digital. Louis Gasté et Line Renaud avaient une profonde admiration pour Django Reinhardt dont on célèbre les 70 ans de la disparition cette année. Sous l’impulsion de Line Renaud qui souhaitait depuis longtemps que le catalogue de son mari soit revisité en Jazz manouche, qui mieux que Bireli Lagrène pouvait concrétiser ce projet ? Guitariste de renommée internationale, le génial Biréli Lagrène aborde le répertoire de l’auteur-compositeur français Louis Gasté avec une aisance folle, comme si toute cette musique avait été composée pour lui. Ce magnifique disque est l’occasion de revisiter en mode jazz manouche des classiques tels que « Ma cabane au Canada », « Rose de mai » ou le mondialement célèbre « Feelings » repris en 1975 par Morris Albert, et repris par Elvis Presley, Frank Sinatra, Nina Simone, Shirley Bassey, The Offspring...). Pour cette collection de chansons, le guitariste a travaillé en étroite collaboration avec l’initiatrice du projet Line Renaud, chanteuse et actrice française, star internationale et meneuse de revue au Dunes de Las Vegas dans les années 50 et 60 (où elle a joué avec Frank Sinatra, Dean Martin, Elvis Presley, Paul Anka...), et surtout veuve de Louis Gasté. Le choix des titres s’est fait naturellement mettant en avant à la fois des œuvres célèbres et des titres moins connus, l’objectif étant de choisir les plus belles chansons du compositeur. Ce disque ’songbook’ est un voyage musical étonnant et d’une classe absolue.

 DANS LE RÉTRO ! NOTRE SÉLECTION D’ALBUMS

 THIS IS Us de Lee O’Nell blues gang.

Le second opus de Lee O’Nell Blues gang « This is us » est sorti le 15 septembre 2022. Lee O’Nell Blues Gang, originaire des Vosges s’est créé en 2019 autour du guitariste Lionel Wernert et de la chanteuse Gipsy Bacuet, duo sur scène et à la ville. Lionel Wernert et Fred Chapellier sont amis d’enfance. Après s’être perdus de vue pendant plusieurs années, ce sont leurs retrouvailles en 2017, puis l’invitation par Fred à Lionel et Gipsy de le rejoindre sur scène en février 2019 qui impulse un nouveau départ. Et c’est tout naturellement que le bluesman français est venu apporter sa contribution aux guitares et à la production pour ce « Different Shades of love ». Et il a même ramené dans ses bagages son ami Neal Black, ainsi que le chanteur Alain Leadfoot Rivet, bluesman membre de Blues & Polar, mais aussi fondateur du label Dixiefrog. L’occasion d’une reprise endiablée du classique « Walking by myself » de Jimmy Rogers avec pas moins de 3 guests ! Mais démarrer un nouveau projet quelques mois avant l’arrivée de la pandémie jouait de malchance et sortir le premier album entre deux vagues de virus était un pari risqué.
Different Shades Of Love, sorti en septembre 2020, n’a ainsi guère pu être défendu sur scène. Mais Lionel et Gipsy ont mis à profit cette période incertaine pour écrire, composer, enregistrer et produire leur deuxième disque This is us qui sortira le 15 septembre. On y entend des couleurs différentes, de l’ouverture bien carrée « Come what may » à la superbe ballade qui clôt l’album « Just need a prayer » coécrite avec Jade Mac Rae (choriste de Joe Bonamassa) pour un morceau tout en émotion et sensualité. infos JF Convert (France Culture)
Lien : https://youtu.be/gcn2VdmxIkw


 LE COME BACK DE BLUES TRAVELER

"J’avais craqué pour eux à leurs débuts il y a une trentaine d’année, quand Vincent Michel Michel ancien disquaire du vieux quartier du Soubeyran à Manosque, parti aux USA, m’avait envoyé de San Diégo, le CD de ce groupe ricain qui dépotait grave, avec un harmoniciste comme j’aime avec un son pas loin du sax… 35 ans plus tard le groupe repart en tournée. On aime !

  AWAT DE SHADI FATHI ET BIJAN CHEMIRANI.

"je les avais vus pour leur premier duo en public fin 2018 sur la petite scène de Saint-Jean des Arts, à Revest-des-Brousses. De leur rencontre à Marseille (2016) était né un premier album, Delâshena. Depuis, Shadi Fathi et Bijan Chemirani – fils du grand joueur de zarb iranien Djamshid Chemirani - ont enchaîné les concerts. Leur complicité artistique les a amenés à composer de nouveaux morceaux, toujours inspirés par la richesse et la diversité de la musique iranienne et la poésie persane. Ainsi est né l’album Awât (Grand désir en kurde) fort de 16 titres. Entre Shadi, soliste du setâr formée à Téhéran par le grand maître Dariush Talaï, et Bijan, virtuose du zarb, daf et autres percussions parfois électrifiées, s’est imposée l’idée d’allier les instruments à cordes frottées et pincées, ainsi percussions et instruments à vent, en s’entourant d’invités. Au fil des titres surgissent les notes de Redi Hasa (violoncelle), Shervin Mohajer (kamantcheh iranien de la famille de la vielle) et Sylvain Barou aux flûtes. Ces cinq morceaux donnent aussi à entendre des poésies de Khayyâm, Mowlana Rûmi et d’auteurs persans contemporains, portées par la voix de Shadi. Dans une actualité dramatique, après deux années durant lesquelles la culture s’est tue, Âwât résonne comme une renaissance foisonnante où s’entremêlent la douceur des mélodies et la puissance de l’interprétation.

 PIERRE MEIGE « SUR LA ROUTE DE LA VIE »

Le géant vert comme l’appelait Michaël Jones, le comparse de Jean-Jacques Goldman, avec humour et tendresse, promène de nouveau sa grande carcasse de basketteur-funambule sur les claviers qui font du son… et de la chanson ! Un peu comme dans les bals populaires de Michel Sardou et ce n’est pas un gros mot. Car la musique, elle est pour tout le monde, et on y a tous droit. L’ami Pierre aime les Stones, Doctor Feelgood, les Kinks par-dessus tout, mais aussi - comme nous - Mouloudji, Colette Renard, Renaud, François Deguelt, Francis Lemarque, Pierre Perret, sans oublier Louis Prima, Chuck Berry, Elvis et bien d’autres encore. Encyclopédie de la vie musicale « made in France et d’ailleurs » ce cœur de poète a réalisé son album tout seul chez lui pendant le confinement, parce qu’avoir un projet conserve et améliore. « Sur la route de la vie » a vu le jour. Et il y laisse son esprit vagabonder au fil des notes comme le faisait le prodigieux touche-à-tout du clavier qu’était Jean Constantin. Monsieur une mélodie par seconde… J.-P.T

 MILES DAVIS « LIVE AT VIENNE »

- Le 1er juillet 1991, Miles Davis et le Miles Davis group donnent un concert au merveilleux festival qu’est « Jazz à Vienne » à côté de Lyon. Il s’agit d’une de ses toutes dernières performances avant sa disparition trois mois plus tard, le 28 septembre 1991. Cet enregistrement en public de Miles Davis contient deux titres (“Pénétration” et “Jailbait”) écrits par Prince, avec qui il partageait une admiration et une amitié mutuelles. Ce cadeau du ciel qu’est l’enregistrement inédit d’un de ses tous derniers concerts est publié par Rhino Records dans le cadre du « Black music month ». Des versions 2-CD, 2-LP et digitales seront disponibles le 25 juin chez Warner.

 « PARLAMI » de ODEIA

- Trois cordes (violon, violoncelle, contrebasse) et une voix merveilleuse. Celle d’Elsa Birgé ! Avec force et l’émotion,elle nous entraine vers l’intensité du fado, mais aussi vers la Sicile et la Grèce. Un blues de Méditerranée teinté de touches roms et balkaniques, comme une « mare nostrum » sans frontières. Un album d’une très grande beauté avec trois virtuoses des cordes comme sur « Ola se thimizoun ». Une formation étonnante à découvrir. Contact Fresch touch Chloé Housseau 06 03 37 46 13. Courriel : chloe@fresch-touch.com Site : www.fresch-touch.com

 JOHN MAYALL IS BACK !

Le pape du british blues boom des sixties qui aura 89 ans cette année sort un nouvel album The Sun is Shining Down. Celui que j’ai eu le bonheur de voir au théâtre Jean-le-Bleu à Manosque dans les années 90 – avec les amis de Back Door en première partie – et qui a découvert les plus grands talents du rock britannique (Eric Clapton, Peter Green, Mick Taylor…) a fêté ses 88 printemps en novembre 2021. Visiblement toujours en forme, il sort un nouvel album et continue même de jouer sur scène avec déjà plusieurs dates au printemps. Après son précédent opus Nobody told me, sorti il y a 3 ans, John Mayall revient avec la même recette qui a fait ses preuves : du blues, encore du blues, toujours du blues, et avec pléthore d’invités de marques. On retrouve en effet aux côtés de cette légende de l’histoire du rock plusieurs musiciens qui lui doivent tant : Mike Campbell, l’ex-guitariste de Tom Petty & the Heartbreakers ; Marcus King(guitare) dont les trois premiers disques ont déjà fait sensation ; Buddy Miller songwriter présenté comme une « icône américaine » ; Scarlet Rivera (violon) qui avait participé à la légendaire Bob Dylan’s Rolling Thunder Revue ; Melvin Taylor, guitariste pilier de la scène blues à Chicago ; Jake Shimabukuro, virtuose du Ukulélé ;et la section rythmique fidèle qui accompagne John Mayall depuis plusieurs années ; Greg Rzab (basse), Jay Davenport (batterie) et la guitariste Carolyn Wonderlan. L’album a été enregistré dans le studio Horses Latitudes de Robby Krieger avec le producteur Eric Corne, nommé aux Grammy Awards. The Sun is shining down est le cinquième disque de John Mayall chez Forty Below Records, une collaboration qui a débuté en 2014 avec A Special Life. Depuis bientôt 60 ans, celui qui est considéré comme le père du British Blues continue de jouer et enregistrer avec la même passion qu’à ses débuts.

 LE BLUES-ROCK-ÉLECTRO de BOOGIE BEASTS : UN SON DE OUF !

Des rythmes obscènes, un slide hypnotisant et un harmo hurlant ; le quartet belge Boogie beasts (2 Flamands et 2 Wallons) sonne comme Howlin Wolf jadis ou Nine Bellow dans les années 80. Avec un son très personnel. Reliant les époques. Imaginez-vous : les Black Keys « boeufant » avec John Lee Hooke, Morphine se payant un trip avec Little Walter, ou encore RL Burnside accompagné par les jeunes Rolling Stones dans l’arrière-salle d’un juke joint du Mississippi. Energie contagieuse, son crade et irrésistible, Boogie beasts nous fait découvrir son single « Like a Snake »extrait de « Love me some », nouvel album de la formation chez « L’autre distribution ».

 ARIEL BART CHROMATISE LE JAZZ

. . - De l’harmonica dans le jazz ? Oui ! On connait quelques-uns avec Olivier Ker’Ourio et le génial Belge Toots Thielemans, célèbre pour les notes introductives du western « Il était une fois dans l’Ouest », voire Rachelle Plas qui avec ses Golden Mélody diatoniques touche à tout ce qui vibre. Mais il faut reconnaître que les harmonicistes ne sont guère légion dans cette spécialité jazzy. À seulement 23 ans, Ariel Bart chamboule donc les codes. Soliste du « Jérusalem east & west orchestra », reconnue pour ses collaborations avec la scène New-Yorkaise (Andrew Cyrille, William Parker, Steve Swell...) ou la chanteuse Noa, Ariel se distingue avant tout par la qualité de ses compositions. Des qualités qui n’ont pas échappées au label RopeaDope, un des étendards du nouveau son US, maison de Christian Scott, Yazz Ahmed… sur lequel est paru cette année « In Between », un premier album aux envolées oniriques.Ariel Bart sera en tournée en 2022 avec un trio 100% féminin d’une grande élégance (harmonica, piano, violoncelle). Mayu Shviro, l’autre étoile montante de sa génération, au violoncelle, et spécialiste des modes orientaux sera son alter-ego sur scène.
* Contact In Vivo, 32 place aux herbes, 30700 Uzès. * Site : http://invivo.agency/

 SAME PLAYER SHOOT AGAIN HOMMAGE A ALBERT KING

En 2018, ce jeune groupe formé par la crème des musiciens parisiens se décide à enregistrer un hommage au roi des guitaristes de blues Freddie King . « Our King Freddie » remporte un vrai succès avec un Prix au Cahors blues festival 2019 et une très belle tournée dans la foulée. Cette année, c’est un hommage à un autre King du blues : Albert King ! Same Player Shoot Again a été créé par Romain Roussouliere (guitare) et Max Darmon (basse). Le groupe s’est étoffé ensuite avec Vincent Vella (chant), Florian Robin (claviers), Steve Belmonte (batterie), Jérome Cornelis (sax alto) et Loic Gayot (sax tenor).

 “LET IT SHINE”. JESSIE LEE & THE ALCHEMISTS.

Le groupe emmené par Jessie Lee et Alexis Didier était notre invité au festival Blues & Polar en 2014. Juste après le beau parcours de Jessie Lee coachée par Garou à The Voice où elle avait impressionné par sa version dingue du « Move over » de Janis Joplin. Après de nombreuses tournées et concerts, un album s’imposait enfin. C’est désormais chose faite, même si le Covid a retardé l’affaire ! Le duo explosif est entouré de Laurent Cokelaere (basse), Stéphane Minana-Ripoll (batterie) et Laurian Daire aux claviers. Et ça envoie du bois avec notamment ce somptueux « Sometimes » à découvrir sur YouTube, extrait de « Let It Shine ». Lien : https://dixiefrog.lnk.to/JLTA-Sometimes Brillantissime !

  LE CLIP DE WAITING FOR TINA

- L’écrivain Jean Azarel et le guitariste Hérold Yvard nous offrent un bel hommage poétique à Tina Aumont « égérie des seventies ». Un clip annonciateur de lectures futures à déguster à Manosque et ailleurs, comme un bon polar de derrière les fagots… Un verre de Château de Clapier en main et masques tombés !
- La collaboration musicale et poétique entre Hérold Yvard du K’Fé’Quoi à Forcalquier (04) et l’écrivain Jean Azarel existe de longue date déjà… Elle vient de donner lieu à une récente mise en ligne de leur dernier ouvrage consacré à la mystérieuse et fantasque comédienne franco-américaine Tina Aumont (fille de l’acteur Jean-Pierre Aumont) décédée en 2006, après une vie très destro, hippie et rock’n’roll, en attendant de pouvoir interpréter ces textes à nouveau auprès du public. En effet, Jean Azarel a publié l’an dernier un ouvrage « Waiting for Tina » qui se lit comme un road movie aux allures d’enquête policière afin de retrouver des traces de cette égérie des Seventies au destin similaire à celui de Romy Schneider, dont la mère s’appela Maria Montez grande actrice dominicaine des années 50. Belle à se damner, mais en proie aux démons de l’alcool et des shoots, elle n’a pas eu la carrière cinématographique à laquelle elle aurait pu prétendre, allant jusqu’à tourner des films très hot pour gagner sa vie…
J’ai eu le plaisir de photographier Tina Aumont en 1977 avec Macha Méril pour Télémagazine alors qu’elle participait au tournage du téléfilm « Emmenez-moi au Ritz » avec Maurice Ronet, jouant une veuve dans le palace parisien de la Place Vendôme. Hérold Yvard avec sa guitare magique à sons multiples a illustré musicalement ce livre insolite devenu une lecture passionnante. Et qu’on est impatient de découvrir en public. La première devrait avoir lieu à Manosque. »

Jean-Pierre Tissier

* Blues & Polar vous offre le clip de présentation de leur dernière réalisation : « Waiting For Tina - À la recherche de Tina Aumont ». Voici les liens sur lesquels vous pouvez cliquer :

Waiting For Tina - À la recherche de Tina Aumont from Hermon de Vinon on Vimeo.

* L’intro et la fin du clip sont très polar… L’utilisation d’un casque ou système hi-fi stéréophonique est recommandée pour une écoute musicale optimale".
* À écouter également : l’intégrale de leurs ouvrages : Jean Azarel-Hérold Yvard https://soundcloud.com/jahy1

 POP-ROCK. PINK FLOYD “LIVE AT KNEBWORTH 1990”

Sortie le 30 avril chez Warner. La performance historique du Silver clef awards winners à Knebworth en 1990 est disponible pour la première fois en CD, double-vinyle et sur toutes les plateformes digitales. Avec notamment : Comfortably numb, The Great gig in the sky et Wish you were here. Le concert monumental des Silver Clef Award Winners à Knebworth incluait Pink Floyd en tête d’affiche d’une programmation all-stars incluant Paul McCartney, Dire Straits, Genesis, Phil Collins, Mark Knopfler, Robert Plant (avec Jimmy Page), Cliff Richard, Eric Clapton et Tears For Fears. Près de 120 000 fans ont assisté au spectacle donné par ces géants du rock sur l’imposante scène de Knebworth, en soutien à l’organisation caritative Nordoff Robbins et dont les bénéfices ont été reversés à la BRIT School. Le concert avait été retransmis par MTV.


MES DISQUES COLLECTOR (la bibliothèque)

  ISLE OF VIEW des PRETENDERS

(enregistrement live en studio à Londres en 1995). Mon CD collector de la semaine, est un monument de délicatesse et d’émotion. Isle of view c’est avant tout la superbe voix de Crissie Hynde fondatrice des Pretenders associée pour une émission TV à Londres, au quatuor Duke en 1995. Et avec la talentueuse Louisa Fuller au violon sur Sens of purpose. On y trouve aussi Private life avec cet incroyable son de guitare acoustique semblant cirer la voix de Crissie Hynde comme pour la transformer en bijou serti d’or. Tout comme I hurt you et Isle of view qui donne son nom àl l’album. Bref, un album incroyable et merveilleux - parmi mes préférés de la nuit des temps - où toutes les chansons sont belles tout simplement et empreintes d’émotion. Car il y a un esthétisme fou dans la voix de Crissie qui nous prend aux tripes comme lorsqu’on est amoureux. Tout est parfait. Génial pour la route, seul , au volant, le soir au couchant…. J.-P.T
PS : Si vous avez l’album en vinyle, il atteint les 200€.

 GWENDAL Mon Joli scooter (1977)

- Quelle arrivée tonitruante dans le paysage musical français – mais d’abord breton - que celle de Gwendal, groupe nantais de fusion jazz-rock, aux accents celtiques au cœur des années 70. Comme du Pink Floyd qui aurait croisé le barde Glenmor, puis tapé le bœuf avec le violoniste Jean-Luc Ponty pour transformer les vieilles légendes de Cornouailles en musique. D’ailleurs, la magnifique couverture du 33 tours est signée Henki Bibal – pointure mondiale de la BD aujourd’hui - et on y voit tous les mystères de la lande bretonne avec ces vieilles en coiffe se baladant courbées, entre des dolmens et menhirs pris dans le brouillard. C’est cette atmosphère que Bruno Barre (violon), Youenn Leberre (flûtes & bombardes), Jean-Marie Bernard (guitare), Roger Schaub (basse), Ricky Caust (mandoline) et Arnaud Rogers (batterie) restituent dans leur discographie. A découvrir !

J.-P.T

 666 APHRODITES CHILDS (double 33ts - Vertigo)

- Nous sommes en juin 1972. Quel choc ai-je eu lors de la sortie de ce double album baptisé 666 relatant l’Apocalypse de Jean, composé par Vangélis Papanathassiou, avec la voix extraordinaire de Demis Roussos portant les paroles de Yannis Tsarouchis (en grec) et de Costas Ferris (en anglais), la batterie de Lucas Sideras, la guitare de Silver Koulouris ; bref les Aphrodite’s childs interprètes du célèbre It’s five a clock qui résonne toujours dans le monde entier. Mais ce sera leur 3ème et dernier disque. On ne retrouvera plus ensemble ces belles voix planantes haut perchées, mélodiques et magnifiques, célestes et provocantes par moment… Mais pour l’occasion de ce disque devenu légendaire, quelques guests de haut niveau avaient été invités à l’image du violoniste-saxophoniste de Zoo Michel Ripoche, et de l’extraordinaire actrice-chanteuse Irène Papas dont le fameux vocal Infinity simulant un orgasme sur fond de percussion ferait toujours rougir aujourd’hui.
666, c’est un mix de morceaux très différents des uns des autres allant du hard rock au psychédélique avec un zeste de référence au diable. Ce qui valut à l’album d’être censuré dans certains pays. Mais bien plus que le diable, c’est la jouissance vocale jubilatoire d’Irène Papas qui aura gêné les bien-pensants… Un disque qui n’a pas pris une ride !!!

Jean-Pierre Tissier

  CROSBY, STILLS, NASH & YOUNG : 4 A WAY STREET

- Cet album de légende n’est pas un simple 33 tours d’époque, comme les autres, mais bel et bien deux 33 tours « historiques » enregistrés en public au Fillmore East de New York le 2 juillet 1970, au Chicago auditorium le 5 juillet 1970, et au Forum de Los Angeles le 26 juin 1970.
David Crosby, Stephen Stills, Graham Nash et Neil Young, malgré des tensions entre eux, et une séparation temporaire du groupe, sont alors à l’apogée de leurs talents vocaux… et politiques.
On retrouve ainsi le merveilleux et éternel morceau magnifique qu’est « Ohio » empreint de gravité et d’émotion, car ce titre écrit par Neil Young, est inspiré de la fusillade de Kent State University où quatre étudiants ont été tués par des policiers lors de la répression d’une manifestation le 4 mai 1970.
Si vous n’avez jamais entendu ce double album, partez à sa découverte, car c’est toute l’histoire des Etats-Unis en 1970 qui s’y déroule, comme un prolongement de mai 68 en France, et trouve encore un prolongement navrant et triste aujourd’hui, avec l’assassinat de George Floyd par un policier à Minnéapolis.
Ce double 33 tours « A Way Street » est incontestablement celui que je prendrais avec moi sur une ile déserte, s’il n’en fallait qu’un !

Jean-Pierre Tissier

 LÉO FERRÉ & ZOO « LA SOLITUDE » (1971).

En janvier 1970, à l’Olympia à Paris, (c’était mon premier reportage photo pour Télé Magazine) Léo Ferré était venu voir les Moody Blues dans le cadre du festival 333 réunissant de nombreux participants du festival de Woodstock dont Richie Heavens, Rory Gallagher & Taste, Renaissance, Family, Yes… et les Moody Blues, alors N°1 des ventes avec Nights in white satin. Après bien des incidents techniques, il était 1 heure du matin quand ces derniers sont montés sur scène, devant un Léo fatigué comme tout le public, mais qui avait une idée derrière la tête… Et il l’évoque d’ailleurs dans son titre C’est Extra avec la laconique phrase « Les Moody blues qui s’en balancent… ». Incontestablement, l’éventuel projet avec les auteurs du légendaire « Nights in white satin » ne verrait jamais le jour et c’est avec le formidable groupe français Zoo - sans leur chanteur habituel Joël Daydé – que Léo Ferré se lancera dans la pop-music en 1971 pour un 33 tours qui n’a pas séduit les puristes de l’époque. Mais moi, amateur de fusion des genres, OUI ! Car il y avait, outre les textes magnifiques de Léo Ferré, des musiciens de très haut niveau dans ce Zoo là avec Michel Hervé (basse), André Hervé (orgue, guitare électrique et piano), Christian Devaux (batterie), Daniel Carlet (saxs, flûte et violon électrique), et le très éclectique violoniste Michel Ripoche qui avait la particularité incroyable d’avoir été sélectionné en équipe de France de football lorsqu’il était junior et évoluait au FC Nantes. Il avait le choix entre passer pro ou devenir musicien pro ! Et il a choisi la musique. D’où le début d’une courte amitié avant qu’il ne parte au Brésil rejoindre pour un temps Clayton Thomas fantastique chanteur de Blood, sweat & tears pour y marier futbol et musique. Et pour avoir eu le plaisir de voir Ferré à la Mutualité à Paris pour le concert de la fédération anarchiste, et Zoo en concert sous d’autres cieux plus rock, permettez-moi d’écrire : quelle belle époque !

J.-P.T


 THE BEATLES

Sorti en 2013. Les Fabulous four de Liverpool ont participé à de nombreux shows à la BBC de mars 1962 à juin 1965. Ce double CD propose pas moins de 63 titres sur les 88 qu’ils ont proposées aux auditeurs de la plus célèbre radio du monde. Celle qui a propulsé les Kinks, les Who,les Stones.. mais aussi les Monty Phyton. On retrouve, outre leur répertoire, les voix de John, Paul, George et Ringo entre les morceaux. Un vrai document !

J.-P.T

 JOHNNY RIVERS et son légendaire titre de 15 minutes John Lee Hooker enregistré en 1965 en public au Whisky a gogo à Los Angelès (USA).

- Sûr que là, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… C’était pile-poil le mien, quand ce disque de Johnny Rivers a mis le feu et le frisson chaque soir dans les boites bretonnes pendant l’été 1969 dès que les premières notes d’égrenaient sur la platine. Un rythme de blues lent qui petit à petit grandissait avec de faux-airs du Baby please don’t go de Van Morisson et des Them, et du Satisfaction des Stones, à la façon d’un titre précurseur du Rock’collection de Laurent Voulzy… 30 ans plus tard ! Car Johnny Rivers était parfaitement inconnu en France, hormis du ceux qui avaient eu la chance de le découvrir en 1965 à l’Olympia à Paris, en première partie des Kinks. Mais c’est le Ricain véritable juxe-box des tubes rock, blues, et rythm’n’blues de l’époque qui avait supplanté Ray Davies et ses succès comme All day and all the night ou You really got me… On a dansé comme des fous là-dessus, le temps d’un été, car un titre de 15 minutes sur une radio française, ça ne passe jamais. Mais de temps à autre, un DJ inspiré ou un beau-frère lors d’une soirée festive ressort le 33 tours collector… et ça marche toujours !

J.-P.T

 NINE BELOW ZERO LIVE AT THE MARQUEE CLUB

Né en 1979 en prenant pour nom de scène celui d’un titre de Sonny Boy Williamson, Nine below zero est alors composé de Dennis Greaves (guitare), Peter Clark (basse), Mickey Stix Burkley (batterie) et de l’extraordinaire harmoniciste-chanteur Mark Feltham. Ils écument alors pubs et clubs en Angleterre en électrifiant ce blues qu’ils apprécient tant. Le disque enregistré en public au mythique Marquee club est un étendard de la musique anglo-saxonne des années 80. Mélangeant punk, rock et blues. Dans la lignée de Doctor Feelgood, avec en plus la virtuosité animale de Mark Feltham à l’harmonica ; champion du monde du genre Toutes catégories pour moi. Mon idole, quoi ! 40 ans plus tard, ils sont toujours là. En version acoustique ou électrique, c’est toujours un très grand moment. Pour avoir pu les écouter il y a une quinzaine d’années à la cave de Font-Robert à Château-Arnoux, et les interviewer ensuite aux côtés des musiciens locaux de Dirty Water qui avaient assisté à leur concert au Paradisio à Amsterdam dans les années 80, je peux vous assurer qu’il y a eu de l’émotion et de la fraternité musicale en coulisses. C’est ça le rock quand il rejoint le blues.

J.-P.T



- MICHEL PETRUCCIANI BOTH WORLDS (1997) Véritable météore du piano jazz, Michel Petrucciani est mort à New York le 6 janvier 1999, à l’âge de 36 ans. Il souffrait depuis sa naissance de la « maladie des os de verre ». Sa carrière musicale et discographique n’aura duré que 19 ans, mais dix-sept albums enregistrés en studio et sept en « live » témoignent de son énergie incroyable, du plaisir qu’il avait sur scène, et de ce toucher délicat sur ce clavier qu’on pensait toujours bien trop grand pour lui, mais qu’il parcourait en s’y allongeant presque parfois, comme pour faire corps avec les notes.. Cet album Both worlds sorti en septembre 1997, et dont je ne me lasse jamais est un événement dans sa carrière car pour la première fois, c’est un groupe dans toute son entité qui est sur scène. Même s’il en est le leader, il ne joue pas les leaders, et se mêle dans l’ensemble comme Blood, sweat and tears dans les années 70. Il est donc entouré de Steve Gadd (batterie), Anthony Jackson (guitare), Bob Brookmeyer (trombone), Flavio Boltro trompette) et Stefano Di Battista (saxophone). Et c’est cette joyeuse troupe que l’on a pu voir au festival Jazz à Manosque d’Ollivier Gérard à cette époque, et quelques années auparavant à Château-Arnoux au Festi-Jazz de Robert Pasquier. Both worlds nous entraine dans un tas d’émotions très différentes comme un voyage musical dans le monde entier avec notamment Petite Louise et le savoureux Guadaloupe.

 Le képi de Manosque

Mais Michel Petrucciani, c’est aussi pour moi un souvenir extraordinaire vécu lors de sa venue à Manosque, alors que nous dînions avec ses musiciens tardivement après le concert sur la Place des marchands. La Police est passée pour faire une observation, à la dizaine de personnes présentes – dont votre serviteur JPT - car quelques riverains avaient émis auprès du commissariat une certaine gêne due au bruit des conversations qui en toute honnêteté ne devaient nullement dépasser la norme. C’était encore l‘époque où les policiers avaient un rigide képi. Et Michel Petrucciani du haut de ses 91 centimètres a expliqué, droit dans les yeux, au policier venu demander de baisser d’un ton « qu’il faisait la collection des chapeaux et qu’il lui manquait un vrai képi de la Police Nationale ». Stupeur et silence du groupe qui s’est demandé s’il y avait là de l’ironie provocante ou de la sincérité derrière tout ça… Le policier manosquin ne connaissant pas Michel Petrucciani, je suis allé lui expliquer qui était ce grand pianiste…. Et un quart d’heure plus tard, à ma grande surprise, le policier est revenu sur la Place des marchands pour offrir à Michel Petrucciani le képi de ses débuts dans la Police Nationale. Un instant très fort ! La photo a été immortalisée aussitôt et est parue dans Le Provençal le lendemain. Un immense souvenir !

J.-P.T

  ROY BUCHANAN LIVE STOCK

Enregistré en public au Town hall de New York, le 27 novembre 1974. - Bluesman blanc et guitariste virtuose mort bien trop jeune à l’âge de 49 ans en 1988, Roy Buchanan a été un référence du blues teinté de rock dans les années 70. Son jeu de guitare tonitruant et délicat à la fois, fait penser aux accents toniques ou lyriques que pouvaient avoir Alvin Lee de Ten years after, Rory Gallagher de Taste ou Johnny Winter. Ce disque enregistré en public résume parfaitement bien l’émotion qu’il dégageait. Un CD collector empreint d’âme, de spleen et de rêve. Bien dans l’air du temps actuel où la musique fait parmi de nos remèdes au confinement.

J.-P.T


LE CONCERT DE DR FEELGOOD AVEC LEE BRILLAUX ET WILKO JONSON au Southend Kursaal à Canvey island en novembre 1975.
C’est sur cette île de 18,5 km2 au nord de la Tamise qu’est né le nouveau rock anglais. C’est là que Dr Feelgood, mais aussi Gary Brooker et Procol Harum, ont amené ce nouveau son (le Pub rock) qui a remué bien des foules. Ce DVD auquel je suis très attaché retrace un concert de 1975 de Dr Feelgood, avec les historiques fondateurs du groupe que sont Wilko Johnson et le regretté Lee Brilleaux qu’on avait pu voir au festival Jazz à Manosque en 1993, sur le parking de la Villette, un an avant sa mort, avec – excusez du peu - Paul personne et les Blues Brothers le même soir ! Une programmation de l’ami Olivier Gérard à l’époque. Les temps ont bien changé depuis…
Au sein de Dr Feelgood, Robert Kane a remplacé Lee Brilleaux au chant et à l’harmonica à la mort de ce dernier, et Steve Walwin en a fait de même peu après pour Wilko Johnson. Depuis plus de 25 ans, avec Phil Mitchel (basse) et Kevin Morris (batterie), le groupe compte donc la même force et pour les avoir vus et interviewés pour Le Provençal à Avignon, Marseille, Gap, Arles… il y a toujours la même énergie sur scène. Un groupe sympa, attachant dont le guitariste Steve Walwing effectue chaque année un tour de l’Angleterre à vélo afin de récolter des fonds pour les enfants handicapés. Il avait d’ailleurs été très étonné que je connaisse cet aspect privé de son personnage, lors d’un après-concert autour d’une bière à Gap. Et cela m’avait valu un très beau moment de journalisme loin des questions habituelles sur le riffs de guitare dont il a le secret sur Down by the jetty. Un DVD empreint de souvenirs et d’humanité.

J.-P.T

 LA MUSIQUE DU FILM DE LOUIS MALLE ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD PAR MILES DAVIS. Enregistrement édité par Fontana.

« Ce CD a été enregistré en décembre 1957 à Paris dans l’amphithéâtre de la Sorbonne, comme me l’a raconté au dans les années 70, le comédien Maurice Ronet, partenaire de Jeanne Moreau dans le film, lors d’une séance photo à son domicile parisien pour Télé magazine. Le film était projeté sur grand écran dans l’amphithéâtre et Milles Davis accompagné par Barney Wilen (sax), René Urtreger (piano), Pierre Michelot (basse) et Kenny Clarke (batterie) jouait en improvisant sur les scènes qui défilaient devant lui, en noir et blanc.
C’était la nuit, et l’ambiance était très détendue. Jeanne Moreau était là. A un moment, Miles Davis - lors de la séquence « Diner au motel « - a perdu un petit morceau de peau de sa lèvre supérieure. Et ce bout de peau s’est coincé dans l’embouchure de sa trompette. Néanmoins, il a continué à jouer avec ce vibrato inattendu… Il a même demandé à Louis Malle s’il voulait qu’on recommence pour que ce soit plus propre, mais ce coup du sort s’est transformé en coup de génie. On est resté sur cette prise. » Un disque toujours aussi magique à écouter.

Il existe aussi – toujours chez Fontana – un vynile 33 tours consacré au Jazz sur l’écran sur lequel on trouve face A Ascenceur pour l’échafaud avec dix morceaux choisis parmi les 26 séquences musicales du film. Et sur la face B, des extraits de bandes originales de deux films d’Edouard Molinaro : Des femmes disparaissent enregistré par Art Blakey et les Jazz Messengers et Un témoin dans la ville avec une BO composée par Barney Wilen.
L’ambiance y est autant blues que jazz, et j’ai eu le grand plaisir de pouvoir me faire dédicacer ce disque par Art Blakey lui-même sur un coin de table de La Bonne Etape, le beau restaurant étoilé de la famillle Gleize à Château-Arnoux, lors d’un déjeuner fantastique en tout petit comité aux côtés de mon « modèle », le regretté André Francis, mythique journaliste créateur de « Pour ceux qui aiment le jazz » sur Paris Inter. C’était quelques heures avant le concert d’Art Blakey à FestiJazz, le très grand festival imaginé dans les années 80 à la Ferme de Font-Robert par Robert Pasquier et sa bande.

Jean-Pierre Tissier

 « BLUE & LONESOME » OU L’ADN DES STONES DE WILLIE DIXON À HOWLIN WOLF

- Ce n’est certes pas le plus connu de leurs albums, mais c’est peut-être celui dont ils rêvaient juste pour eux seuls, comme une brioche qu’on s’enfile au petit matin entre potes parce qu’on en a envie tout simplement, et les férus de blues, dont nous faisons partie. « Le blues est notre ADN affirment depuis longtemps Keith Richard et Mick Jagger, et avant eux, le regretté Brian Jones qui tape le bœuf depuis longtemps assis sur un nuage avec Robert Jonson, BB King, John Lee Hooker, Willie Dixon, Muddy Waters, et tant d’autres. Tous ceux qui sont - avec les voix de Bessie Smith, Sarah Vaughan, ou Billie Holiday – aux racines du blues et de la condition des noirs aux USA. Et il suffit de revoir le très beau film qu’est Greenbook pour comprendre tout ce que cette musique à de chair de poule et de frisson dans son sang. Au travers de ce CD réalisé en trois jours à la mi-décembre 2015, les Stones - car Ron Wood et Charlie Watts étaient là-aussi - n’auront pas occupé la tête des charts, mais se sont souvenus qu’en 1962 à leurs débuts, ils jouaient du Chicago blues. Et que cette musique- là n’a pas besoin des grands stades ras de public jusqu’à la gueule pour exister. Une cave, des grattes, quelques bonnes bières, une voix plutôt dirty , quelques harmonicas (Eh oui, ça change parfois de tonalité pour les diatoniques !) et des potes ; c’est ça le blues ! Entre espoir et mélancolie, entre amour et tristesse. La vie quoi !

J.-P.T

  BLUES & POLAR RIME AVEC GALLIMARD CHEZ BLUE NOTE

Avec le temps libre dont on dispose actuellement, contraint et forcé, via notre confinement, il suffit parfois de soulever quelques piles de livres ou de vieux CD pour dénicher une perle. Ainsi cette édition spéciale du label Blue Note alliant Blues & Polar (avec l’esperluette) qui a inspiré notre logo il y a 18 ans. Cette initiative géniale est née de l’esprit jazzy du journaliste-écrivain-épicurien ancien de Nice-Matin et amateur de bon vin, Patrick Raynal, directeur de la Série noire chez Gallimard de 1991 à 2004. Pour ce CD compilation célébrant les 60 ans du label Blues Note fondé en 1939 par Alfred Lion - émigré allemand fuyant l’Allemagne nazie et passionné de jazz – on retrouve Miles Davis et Cannonball Adderley dans « Les feuilles mortes » enregistré en mars 1958, T-Bone Walker et son « Stormy Monday » (version originale de 1947), Memphis Slim, Muddy Waters, John Lee Hooker, Herbie Hancock, Dexter Gordon, Art Blakey, John Coltrane dans « Blue train » enregistré en 1957, et aussi Jimmy Rogers pour un « That’s allright » qui nous met tous d’accord. 72 mn et 34 s de bonheur absolu entre joie et mélancolie ; mais surtout espoir !

J.-P.T

 POUR CEUX QUI AIMENT LE JAZZ …

ELLA FITZGERALD ET SON « CRICKETT SONG ». 29 juillet 1964. C’était le deuxième concert en France, au grand festival de jazz d’Antibes-Juan-les-pins pour la grande dame du jazz. Avec, dans la chaleur de la nuit, les cigales cymbalisant (c’est le terme exact) à l’envi... et Ella Fitzgerald de chanter à l’unisson ! Inoubliable morceau que ce « Crickett song » d’autant que ce sont seulement les mâles qui cymbalisent pour attirer les femelles... Ella est tombée dans le piège avec délice.


 BONUS DE L’ÉTÉ 2023

 SAMEDI 26 AVRIL 2008. SAUVAN : MA DERNIÈRE RENCONTRE AVEC PIERRE MAGNAN

C’était au château de Sauvan à Mane, près de Forcalquier au cœur des Alpes-de-Haute-Provence, le samedi 26 avril 2008. On s’était assis avec Pierre Magnan sur les marches du grand escalier du Château, pour une rencontre rapide avec l’auteur qui dédicaçait son dernier livre Chronique d’un château hanté dont l’action tourne autour de cette superbe bâtisse du Pays de Forcalquier.
C’était la dernière fois que je verrais vivant Pierre Magnan parti peu de temps après vivre à Voiron en Isère avec Françoise sa dernière épouse. C’est là qu’il y est décédé le 28 avril 2012. Je l’aimais bien cet écrivain plutôt bourru au premier abord, mais épicurien bon teint, amateur pointu de grands crus, d’amanite des Césars et de truffes, gourmand des mots, inventeur du Commissaire La Violette incarné par Victor Lanoux, et qui m’avait fait découvrir peu avant une Toussaint, le cimetière minuscule d’Aubenas-les-Alpes où il avait trouvé sur de vieilles stèles parfois usées par les années et les intempéries, les prénoms anciens de certains de ses romans. Reposez en paix Pierre !

Pierre Magnan est l’inventeur du personnage joué à l’écran par Victor Lanoux, le commissaire Laviolette. Il a obtenu le Prix du Quai des orfèvres 1978 pour « Le Sang des Atrides ». Il est mort le mort le 28 avril 2012 à Voiron (Isère) et repose au petit cimetière du Revest-Saint-Martin (04) non loin de Forcalquier.

Pierre, vous écrivez toujours dans un univers passéiste qui va du Moyen-Age au début du XXème siècle. Pourquoi ?
« La période actuelle je ne pourrais pas écrire dessus. Esthétiquement d’abord, mais plus sûrement parce que j’ai 86 ans aujourd’hui. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir internet et de répondre à mes mails. N’empêche Jean-Pierre, que mon site a été visité par 75 000 personnes du passé ! Mais dans le passé que j’utilise, il y a une musique des mots, un tempo, une certaine musicalité. Giono le disait d’ailleurs, voilà une trentaine d’années. « Il faut du recul pour écrire sur une époque. » Alors, oui l’action débute en 1348 à Manosque, mais ensuite on va jusqu’à 1910 avec le tremblement de terre de Lambesc. Mais je reviens vite à Forcalquier et ses environs. La pierre d’achoppement de ce livre, c’est justement ce vieux château de Sauvan à Mane, que j’ai visité en pleine guerre en 1944. Tout y était cassé !
La pièce d’eau aujourd’hui majestueuse était vide avec plein de détritus dedans et une quantité de roseaux en masse. L’idée du roman, je l’ai eue il y a vingt ans avant le tournage à Sauvan, du film « La Maison assassinée » de Georges Lautner avec Patrick Bruel. J’ai rencontré à cette occasion les frères Allibert, nouveaux propriétaires du château de Sauvan, et ça m’a donné l’idée de ce livre. Il a mûri pendant quinze ans car je n’avais pas le lien pour démarrer une histoire.
Puis un jour, j’ai rencontré un ami bûcheron qui m’a amené dans une forêt où il y avait un chêne de 650 ans. Et ce vieux chêne est devenu le catalyseur du roman. Tout ce qui est écrit est autobiographique collectivement. Mais Manosque qui est au cœur de mon histoire n’a plus rien de poétique aujourd’hui. Néanmoins, le Canal est toujours chargé d’histoires locales tout comme les amandiers de la Montée vers Saint Pancrace. Quand on monte par le col de la Mort d’Imbert et qu’on va vers Dauphin, on oublie Manosque. Ça n’a pas beaucoup changé d’ailleurs. Mais le paysage urbain oui. Moi, je regrette de mourir car je voudrais bien connaître la suite… »
Propos recueillis par Jean-Pierre Tissier pour La Provence

 PHOTOGRAPHIE

 L’ALBUM PHOTO « BACKSTAGE » DES STONES

signé Gaëlle Ghesquière (PLON). Sorti le 16 juin. 310 pages, 250 photos. Prix : 35€. Un voyage intime en en coulisses, au cœur de la galaxie Rolling Stones, c’est que nous offre Gaëlle Ghesquière ; photographe certes, mais aussi conteuse, avec ses anecdotes savoureuses auxquelles j’adhère à 100 % pour avoir connu ce genre de situation lorsqu’on a un appareil photo en main. Car même si ça peut paraitre incroyable parfois, il faut bien admettre que le hasard a souvent du talent. Et la manière dont elle a noué le contact avec les Stones, et notamment Mick Jagger tient certes du hasard. Mais il faut aussi savoir l’attirer. Et le simple fait d’être curieuse peut suffire et déclencher l’inattendu. En ouvrant ses 25 années d’archives, Gaëlle Ghesquière en propose une palanquée avec 250 photos sur plusieurs décennies du groupe mythique qui nous a fait rêver le jour où il a balancé « Satisfaction » comme un Ovni sur les ondes, et continue encore de le faire malgré la disparition récente de Charlie watts, batteur originel de la formation. Gaëlle Ghesquière a également réalisé des pochettes de disque pour Phil Collins et Deftones, mais elle a aussi pris la plume (on s’en serait douté) pour écrire sur Ben Harper, Benjamin Biolay, NTM… « The Rolling Stones » c’est un sacré pavé de clichés étonnants comme ceux où Bruce Springteen « The Boss » est sur scène avec toute la bande. On adore ! Une exclusivité des éditions Plon à découvrir.

Jean-Pierre Tissier

Site : www.gaelleghesquiere.com

  STÉPHANE BERN DANS LES SECRETS D’HISTOIRE DU STUDIO ÉLY

« Le patrimoine photographique de la ville d’Aix-en-Provence mérite d’être défendu et sauvegardé. Vous pouvez compter sur mon soutien actif. » Ces mots inaugurent et préfacent le livre d’or ouvert il y a peu au Studio Henry Ely. Ils sont signés Stéphane Bern, icône et visage emblématique de la défense du patrimoine en France. C’est le 9 mars 2022 que ce dernier Bern – guidé par Jean-Eric Ely - a visité le studio Henry Ely dont Blues & Polar vous avait parlé en avant-première, il y a plus de trois mois, en rappelant toute l’action incroyable réalisé par la famille Ely via une multitudes de photos aussi prestigieuses que Churchill peignant à Aix, ou les images du premier festival rock organisé en France à Meyreuil dans l’esprit de Woodstock, et en adhérant d’ailleurs à l’association Ceppia. Stéphane Bern s’est montré attentif au projet porté par Ceppia et a apporté son soutien à la préservation du fonds Ely. Dans un emploi du temps surchargé, l’auteur des « Secrets d’histoire » a coché un moment pour découvrir ceux du Studio Henry Ely.
Loin des plateaux télé et radio, il s’est plongé dans les méandres du plus ancien studio photo d’Aix-en-Provence, installé depuis 1903 au passage Agard. Avec un œil averti, mais aussi un regard d’enfant, habité par cette magie de l’instant qui défie le temps, fasciné par les milliers de visages célèbres et anonymes, et « les regards qui vivent encore » dans les 2 millions de clichés des collections. Stéphane Bern est bien un homme de passion. Peut-être parce qu’Un homme sans passion est un roi sans sujet… Dixit Vauvenargues. Un grand Aixois. Stéphane Bern a posé un regard attendri sur la foule inondant le Cours Mirabeau pour le Carnaval 1900, averti sur les figures politiques qui ont traversé les siècles, ému sur les portraits de Belmondo, Mireille Darc et Johnny, intrigué par le piano-forte qui trône dans le couloir du Studio, et fasciné par les appareils inventés et créés de toutes pièces, comme la tireuse par contact imaginée par Henry Ely, pionnier de la photographie.

 UN LIEU MÉMOIRE DE LA PHOTOGRAPHIE EN DANGER !

Les trésors du studio photo Ely à Aix-en-Provence sont menacés. Création d’un Collectif : CEPPIA !
Le destin du Studio Ely au passage Agard s’achèvera en mars 2023 après le rachat immobilier du site ; 110 ans après s’y être installé en 1913. Deux millions de clichés y sont protégés.
« L’association Ceppia (le Collectif Ely pour le Patrimoine Photographique et Iconographique d’Aix) a été créée il y a quelques mois. Son objectif est de militer avec ses adhérents pour la création d’un Centre de la Photographie de Provence, abritant les collections du Studio Ely chez lui, à Aix. Nous avons monté cette association, pour préserver un patrimoine photographique de 133 ans, un véritable trésor fait de deux millions de clichés et de milliards de visages alanguis dans des boîtes à archives. Si vous souhaitez partager cette aventure, CEPPIA cherche des adhérents. CEPPIA est une association de loi 1901 qui a pour ambition la mise en lumière des collections photographiques du studio Henry Ely-Aix. Ces collections sont mises gratuitement à la disposition de Ceppia par la famille Ely.
Depuis 1888, les 4 générations de photographes du Studio Henry Ely ont, quotidiennement sans relâche, constitué un patrimoine photographique historique, culturel et sociologique unique. Un véritable travail de mémoire sur la vie et la Ville d’Aix (les personnages, l’urbanisme, les politiques, les modes, la grande Histoire … à travers le temps et plus encore !
Savez-vous que Winston Churchill (Photo Ely ci-contre) est venu peindre à Aix en 1948, que Ray Charles ou Ella Fitzgerald ont chanté place des cardeurs dans les années 70, que Hassan II a séjourné à l’hôtel du Roy René à l’âge de 4 ans ?

 LE PROJET

  UN CENTRE DE LA PHOTOGRAPHIE

Etes-vous intéressés par l’évolution de la femme, du sport, de l’environnement ou tout autre sujet à travers Aix-en-Provence depuis la fin du XIXème siècle ? Notre souhait est de partager avec le plus grand nombre ce patrimoine iconographique et mémoriel en créant un Centre de la photographie à Aix-en-Provence pour tous publics. Pour mener à bien ce projet, l’association compte sur votre soutien. Créer un lieu d’expositions pour ce Patrimoine aixois nécessite des moyens considérables et nous avons besoin de vous ! Votre adhésion permettra de financer un lieu pour les expositions permanentes et les expositions temporaires ; un Espace de conservation des Archives ; un Espace polyvalent pour les cours, les ateliers pédagogiques et conférences, ainsi que la restauration et la conservation des collections. Votre générosité est aussi essentielle pour le bon fonctionnement de l’association.

 BESOIN DE SOUTIENS FINANCIERS

Vous pouvez effectuer votre soutien financier en cliquant sur le lien de la plateforme sécurisée du Crédit Mutuel Pay asso : https://www.payassociation.fr/ceppia/paiementlibre
Vous recevrez une confirmation de votre adhésion par la plateforme, puis votre carte d’adhérent par l’association. Vous pouvez également faire un chèque au nom de l’association.
* Remplissez le bulletin d’adhésion ci-joint et envoyez-le accompagné de votre règlement à Association CEPPIA au Studio Henry Ely, 55 cours Mirabeau, 7 passage Agard. 13100 Aix en Provence. Le montant de l’adhésion est libre, dès 10 euros, pour permettre au plus grand nombre de nous rejoindre. Votre engagement à nos côtés contribuera à nous donner les moyens nécessaires pour finaliser ce beau projet. »

 L’ESPRIT ELY !

La première grand-messe pop de l’histoire de France a eu lieu à Aix-en-Provence les 1, 2 et 3 août 1970 et pas à Paris ! Et bien sûr Studio photo Ely y était. (Photo ci-contre). Mon ami et confrère de l’époque au Provençal, le regretté Manu Gros, journaliste sportif à Aix-en-Provence, « plume » passionnée du journal, et grand amateur de musique avait trouvé là un terrain à la hauteur de son talent et de son sens de l’information.
« L’ouverture d’esprit à la mouvance hippie et à la poésie baroque des guitares électriques seventies s’est matérialisée où on l’attendait le moins écrivait-il. En la personne du général en retraite Claude Clément. Lequel a réussi à convaincre une vénérable et paisible famille aixoise de lui prêter sa propriété de 25 hectares à Saint-Pons et même contourné juridiquement un arrêté municipal d’interdiction pour que son « Festival de rock progressif »ait bien lieu. En activant son carnet d’adresses où, paraît-il, figuraient des noms comme Valéry Giscard d’Estaing et en transformant le libellé officiel de l’événement en « concert continu ». Dans les magazines de l’époque comme Best, la France entière n’en était pas revenue d’y voir annoncer des stars planétaires telles Jimi Hendrix, Joan Baez et Bob Dylan... qui ne sont finalement pas venues. Mais il y a eu Triangle (avec papillon guitariste de Johnny) le Chico Magnetic Band, Mungo Jerry, Johnny Winter et Léonard Cohen ! Et le public lui a pardonné d’avoir autant parlé vie et politique que chanté Suzanne, Hallelujah et autres tubes durant son passage en scène. Pardonné car l’homme y est arrivé à cheval en entonnant Le chant des partisans.
Un souvenir inoubliable qu’avait confié à Manu Gros, en 2009, le regretté Alain Passet futur peintre du film mythique et déjanté « Les Quatre saisons d’Espigoule », resté bloqué sur cette période pop des années 1970 jusqu’à sa mort : « J’étais déjà allé au festival de l’île de Wight, j’ai rencontré Zappa à Cannes et j’ai appelé mon fils John Paul George en hommage aux Beatles. Dans mon quartier, notre bande vivait pour ça. Pour la musique, pour cette explosion de liberté et de couleurs. On était monté de Marseille en Solex avec ma copine Martine et mon ami Vicky Luvicci. C’était nos Harley à nous... On a dormi à la belle étoile. J’ai parlé au général Clément. Il aurait voulu plus de stars, mais ça avait coincé sur les sous. »
Les photos de la grande famille du Studio Ely sont bien plus que des clichés, ce sont des aventures de vie dans tous les domaines ; informations, politique, journalistique, artistique, sportif… Un tel trésor ça ne se gâche pas ! Ce serait impardonnable !

Jean-Pierre Tissier

Contact : assoceppia@gmail.com Téléphone : 06.67.55.22.84.


 PODCASTS

 POLARS

  Franck THILLIEZ & Marc FALVO SUR LE GRIL A FACHES-THUMESNIL

Fraternité des festivals comme Blues & Polar avec Clamecy en Blues (Nièvre) ou de Polar avec Les Rencontres de Jimmy à Faches-Thumesnil (Nord), lorsqu’il faut donner une info aux amateurs de blues ou de polar, la bonne parole circule solidairement.
Ainsi, le charismatique Jean-Marc Demetz (l’homme au chapeau) qui organise le festival nordiste a besoin de vous pour continuer de mettre en avant la littérature noire et ses auteur(e)s. Il nous a envoyé à cet effet son premier podcast de l’année enregistré en public à la médiathèque de Faches-Thumesnil. * Pour écouter l’épisode 1 avec Franck Thilliez & Marc Falvo https://shows.acast.com/lesrencontrespolardejimmy

 HUGO BORIS et LA DÉLÉGATION NORVÉGIENNE.

Gros plan sur le roman « La délégation norvégienne » de l’écrivain français Hugo Boris. Auteur d’une œuvre littéraire qui explore des domaines très différents comme la musique, l’espace, la police et bientôt la montagne, Hugo Boris avait publié en 2007 un polar intitulé « La délégation norvégienne », épuisé depuis longtemps, mais que les éditions Belfond viennent de rééditer car le livre était devenu culte. https://rfi.my/AJBT

 « JEAN-CLAUDE IZZO, UNE RÉALITÉ IMAGINAIRE » avec Elisa Portier.

Histoire de découvrir le travail d’Elisa Portier et celui de La Revue Sonore de Marseille, voici le lien vers une petite série radiophonique : « Jean-Claude Izzo, une réalité imaginaire » réalisée avec une équipe radiophonique de détenus aux Baumettes et avec la complicité de Sébastien Izzo et Marie-Hélène Bastianelli. Reporter, réalisatrice, productrice, Elisa Portier capte le réel via le reportage et l’interview pour le restituer et le transmettre dans une narration personnelle. Depuis 2016, elle collabore avec l’entreprise Phonomatik Lab à Marseille, experte en réalisation 3D, pour la conception et la réalisation d’objets sonores en son 3D Binaural à visée documentaire. Elle a été lauréate en 2017 de la bourse « Ecritures et formes émergentes » de la SCAM pour son projet de création « La Vie Radieuse. Une installation en son 3D à la Cité Radieuse de Marseille. C’est Radio France International, où elle a commencé à travailler en 1994 à 21 ans, qui l’a accrochée à la magie du son et de la parole transmis jusque dans le creux de l’oreille au bout du monde. Cliquez ! https://podcast.ausha.co/jean-claude-izzo-une-realite-imaginaire