ON A VU... sur scène et au ciné - Provence Magazine
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La journaliste Patricia Tourancheau qui a démasqué "Le Grêlé" (Le Seuil) sérial killer et gendarme pendant 35 ans, et David Corona ancien négociateur de crise du GIGN auteur de "Négocier" (Grasset) sont mes invités d’octobre


Articles de cette Rubrique


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- ON A VU... sur scène et au ciné

ON A VU... sur scène et au ciné

 SUR SCÈNE...

  L’AFRO BLUES DE TCHALÉ COMME UNE TRANSE À SAINTE-TULLE

JPEG Dernière soirée « pour de vrai cette fois » à la Boutique de la Bière de Christophe à Sainte-Tulle. Car il faut se rendre à l’évidence, l’automne est là et l’été indien s’est fait la belle. C’était l’occasion de découvrir un bluesman béninois résidant désormais à Aix-en-Provence, car comme dans bien des pays d’Afrique, les régimes au pouvoir sont souvent malmenés et la tentative de coup d’état du mois de juin 2020 à Cotonou n’est pas si veille… Dans ces conditions Tchalé passionné de blues s’est exilé en France, et il tourne en petite formation. Avec un bassiste excellent et un batteur (Guy) qui jouait pour la première fois avec eux, Tchalé nous a proposé un blues coloré d’Afrique soul avec des rythmes lancinant et longs qui rappelaient le sax Eddie Harris dans le film « Soul to soul » tourné au Ghana ponctués de réminiscences très James Brown. Il faudra revoir Tchalé dans de meilleures conditions que sur un parking balayé par le mistral, mais il y a beaucoup de promesses avec cette guitare qui fleure bon un blues aux racines africaines… Et à Blues & Polar, on adore les musiques métisses qui permettent aux hommes de bonne volonté de jouer ensemble juste pour le plaisir du partage et de l’émotion. A bientôt sûrement, Tchalé ! »

Jean-Pierre Tissier


 17 SEPTEMBRE 2022 À ORANGE

 CALOGEROCK sublime au Théâtre antique.

JPEG Résolument rock, Calogero samedi soir à Orange balayée par le mistral, pour ce show magnifique donné dans le décor de rêve du vieux théâtre romain. Certainement ce qu’il y a de plus beau en plein air, quand toutes les travées sont bondées et que les téléphonent portables des fans se transforment – sur la demande expresse du maitre de cérémonie – en milliers de lucioles comme tombées de la Voie lactée. Près de 10 000 spectateurs étaient entassées dans cette demi-arène vertigineuse, antre des célèbres Chorégies où le son monte comme porté par ce mur incroyable de 37 m de haut ; fond de scène fascinant pour les siècles des siècles, Amen ! Entouré de musiciens multi-instrumentistes survoltés et talentueux, Calogero nous a renversés avec joie, réflexion, et émotion. Un grand spectacle dans un lieu unique et carrément magique.

Jean-Pierre Tissier


 25 AOUT 2022 À SAINTE-TULLE (04)

 LE SAX SHOW DE DON BILLIEZ « MUCHO CALIENTE ! »

JPEGShow chaud pour la dernière soirée de l’été chez Christophe à la Boutique de la Bière à Sainte-Tulle (04). Des années qu’il se démène comme un beau diable, lui le spécialiste « es Queue de charrue, Chimay, Maredsous, Pelforth, Jeanlain, Wambrechies, Duvel, Orval, Geuze lambic… j’en passe et des meilleures ». Et les Bas-Alpins comme les musiciens du cru ou de passage en été peuvent lui
dire merci, car la Culture populaire, c’est aussi ça ; un verre de vin ou de bière, une paëlla dans une assiette en carton ou un morceau de pizza, dans des lieux pas comme les autres, simples, sympas, originaux, comme le Café du cours à Reillanne ou le k’Fé’Quoi à Forcalquier, via Christophe, Antoine ou Bruno. JPEGDes lieux axés sur l’amour des musiciens avant tout, leur qualité musicale, et une certaine idée généreuse du spectacle pour le public. En l’occurrence plutôt saltimbanque, ménestrel et troubadour à l’image du saxophoniste Don Billiez qui fait partie de ces porteurs de sons ayant côtoyé les grands comme Nino Ferrer, Alain Bashung, Paul Personne… et les ont accompagnés pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, Don Billiez entouré de sa joyeuse bande catalane aux couleurs arc-en-ciel produit une musique sans frontières, colorée, irisée, joyeuse et mélancolique parfois. Et de très haut niveau ! Quel plaisir j’ai eu d’avoir pu jouer avec lui et son groupe de super musiciens, sur un des morceaux de son nouvel album « Plein soleil » que je ne connaissais pas, mais qui reflète tout à fait sa personnalité joviale et pudique à la fois. Ne le ratez pas s’il passe dans votre périmètre culturel. Belle et chaude soirée « caliente »assurée. Chapeau Christophe ! Un mot que les musiciens de rue connaissent bien !

Jean-Pierre Tissier


 13 JUILLET 2022 À PARIS

 QUEEN GRANDIOSE A PARIS. KING À BERCY !

JPEG - Le temps des grands concerts – dont je n’ai jamais vraiment été fan - est revenu pour le plus grand plaisir des festivaliers convaincus. Bonjour la proximité avec 8000 spectateurs au Nikkaïa de Nice - sans masque - pour Scorpions toujours au top, et un Covid léger attrapé en prime ; et celle des 12 000 fans absolus de Queen, le 13 juillet à Paris pour le Rhapsody Tour à Bercy. J’ai sacrifié de bonne grâce au rite, même si les concerts plus intimes dans une église ou un pub auront toujours ma préférence. Mais le Rhapsody Tour de Queen avec Brian May, Roger Taylor et Adam Lambert, c’est un opéra-show à grande échelle, une ambiance grandiose digne de la finale du Superbowl aux USA, entre les Who et Johnny. Une moto qui descend discrètement du plafond pour surgir sur scène et des loges de fond de scène comme au Muppet show, avec des hologrammes de spectateurs plus vrais que nature. Une couronne royale gigantesque qui monte et descend et sert d’écran tout au long du spectacle. Un son d’une qualité incroyable, et trois voix – dont celle de Roger Taylor que j’adore – qui font un tout séduisant. Car sans être un fan absolu de Queen, j’ai découvert que je connaissais néanmoins les ¾ des chansons. Deux heures de show à l’américaine et le spectacle le plus grandiose que j’ai jamais vu en un demi-siècle. Avec Brian May guitariste génial et charismatique pouvant tout jouer, au point que j’ai pensé, à la fin d’un long solo, qu’il allait nous entrainer vers Pink Floyd et David Gilmour. Avec Roger Taylor qui derrière sa batterie envoie du bois façon Phil Collins époque Génésis avec un grain de voix bluesy -dirty comme j’aime… Enfin Adam Lambert, ténor façon couteau suisse, à l’aise partout, chantant tout avec élégance, truculence et – Queen oblige ! – une bonne pincée de kitch. Belle soirée, public aux anges et canicule à la sortie. The show must go on !

Jean-Pierre Tissier


JUILLET 2022 .

 AUX NUITS DE FOURVIÈRE À LYON

 LES 3 COMMANDEMENTS DE PATTI SMITH

JPEG POÉSIE, CHANSON, CONTESTATION ! Aux Nuits de Fourvière à Lyon, Jean-François Convert journaliste et chroniqueur musical France Culture et France Info – mais également musicien et enseignant de l’histoire de la musique - a assisté à son premier concert de Patti Smith (eh oui !) malgré une longue carrière de spécialiste du rock, du jazz, du blues… Et c’est particulièrement intéressant, car au travers de son article réalisé au fur et à mesure du concert - comme un match de foot en direct - il nous y fait partager son sentiment et fait découvrir le ressenti d’une première fois avec une légende. Waouh ! Très intéressant ! JPEG Enfin, en trois clichés - foi de JPT première vie de photographe de Presse à Télémagazine - il a capté toute l’âme de la grande prêtresse punk et poète, qu’est Patti Smith, passionnée de Marseille et d’Antonin Artaud, de la France et de la poésie de Rimbaud et Baudelaire… sans oublier la peinture. Il y a tout ! L’attitude, la sensibilité, la révolte…JPEG Les images d’une grande dame des Arts qui a reçu la Légion d’honneur de la main de l’ambassadeur de France aux Etats-Unis, Philippe Etienne le 23 mai dernier, un mois plus tôt jour pour jour.
Cliquez et revivez ce concert pas comme les autres.
https://textes-blog-rock-n-roll.fr/patti-smith-aux-nuits-de-fourviere-lyon-je-taime/
On peut retrouver les chroniques de Jean-François Convert sur https://www.francetvinfo.fr/journaliste/jean-francois-convert Et sur son blog consacré à la musique : https://textes-blog-rock-n-roll.fr//

Photos Jean-Francois Convert Nuits de Fourvière à Lyon le 23 juin 2022
28 JUIN 2022. JPEG

 SCORPIONS À NICE : SOLIDARITÉ AVEC L’UKRAINE !

Foule au rendez-vous – dont Blues & Polar – pour ces retrouvailles avec les légendaires Scorpions au Palais Nikaia de Nice. Klaus le chanteur a adressé un émouvant message de soutien à l’Ukraine à travers plusieurs chansons dont « Glory night » » reprise en chœur par les 7 à 8000 spectateurs présents, très émus, JPEG quand un drapeau jaune et bleu a surgi comme un étendard porteur de paix et de résistance, juste devant moi… Les années passent, mais Scorpions reste au top alliant générosité et solidarité. Un regard sur le monde qui ne date pas d’hier.

Jean-Pierre Tissier


30 JANVIER 2022.

 JACK BON & THE BUZZMEN

LES PREMIERS INVITÉS DE DISTRICT BLUES À L’EDEN D’ORAISON DEPUIS DEUX ANS ! Nous l’avions reçu pour notre 16 ème et ultime festival Blues & Polar au Parc de la Rochette à Manosque en 2017. Un concert formidable du bluesman rocker lyonnais Jack Bon pour une soirée d’adieu et un break de deux ans pour Blues & Polar avant de renaître en 2019, via « Les Voix de Toutes-Aures » toujours blues et toujours polar, mais sur le site merveilleux de la chapelle des hauteurs disposant d’un panorama incroyable. Pour Gilles Boncour et sa bande d’Eden District Blues, la musique aura été la même avec deux années de silence à l’Eden, mais pour cause d’effondrement du toit de la vieille salle oraisonnaise, puis le Covid 19 dans la foulée. Autant dire que dimanche, même si tout le monde était heu-reux de se retrouver dans cet antre voué au blues et à l’amitié, il y avait comme un voile de mélancolie dans l’air, à écouter ces morceaux qu’on connait tous, mais assis, masqués et gelés, car il n’y avait pas encore de chauffage ; les gros travaux n’étant pas terminés après un long imbroglio entre structures municipales et communautaires. Mais « On the road again » comme disait Canned Heat…. Jack Bon qui a eu son heure de gloire avec Ganafoul dans les années 70 évolue désormais avec Yves Rotacher (ancien batteur de Ganafoul et pote de toujours), Antoine Piedoz à l’harmonica, et ce dimanche, avec l’excellent bassiste Pierre Garcia qui jouait avec eux pour la première fois. Et l’on a eu droit à tous ces morceaux estampillés des monstres du blues roots venu des racines des champs de coton ou des usines de Chicago que sont Howlin Wolf, Robert Johnson, Chuck Berry, Freddie King... et que l’on retrouve sur leur album « Love, Peace, Rock & Roll ». Spoonfull, Around & around… nous ont remonté un moral plutôt dans les chaussettes depuis deux ans ; mais Eden district blues - comme Blues & Polar - a toujours l’idée de l’éducation populaire en tête et de la fête ; et le blues est une sacrée leçon de fraternité pour ça. Musique de toutes les émotions et du partage, le blues reste la musique des racines, celle qui a donné naissance à toutes les autres.

Jean-Pierre Tissier


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 AU CINÉMA

  *** 107 MOTHERS de Peter Kerekes.

(2021). JPEGLe résumé. Lyesa, une jeune Ukrainienne, a poignardé son mari après une scène de ménage. Condamnée à sept ans de prison, elle accouche d’un petit garçon alors qu’elle est incarcérée dans une prison d’Odessa, en Ukraine. Ici, les mères peuvent s’occuper de leurs enfants jusqu’à leurs trois ans. Mais à l’approche de cet anniversaire fatidique, Lyesa tente tout pour ne pas être séparée de son fils.
« Avec le contexte actuel de l’Ukraine attaquée, envahie et massacrée par la Russie de Poutine, on regarde ce film avec une attention toute particulière. Car dans cet univers de la prison au féminin où les conditions sont rudes, spartiates et sans confort, il y a néanmoins de la solidarité et de l’amour malgré la crainte du lendemain et du temps qui s’étire. En effet, ce film du cinéaste slovaque primé à la Mostra de Venise qui oscille entre documentaire et fiction, ne compte qu’une comédienne professionnelle (Maryna Klimova dans le rôle de Lyesa) mais en revanche, les 107 vraies mères de la prison d’Odessa !Et cela donne à cette réalisation très esthétique malgré la dureté du sujet, comme un côté pictural d’images de la vie de tous les jours en prison avec en tête, l’espoir de la sortie et la peur du jour nouveau et libre dans un contexte familial qui n’existe plus. La solitude au bout du chemin… pour finir ou recommencer ?

Jean-Pierre Tissier


  *** KOMPROMAT de Jérôme Salle

avec Gilles Lellouche, Joanna Kullig et Mikhaïl Gorevoï.
JPEG Le résumé. Russie, 2017. Mathieu Roussel est arrêté et incarcéré sous les yeux de sa fille. Expatrié français, il est victime d’un « kompromat », en l’occurrence de faux documents compromettants utilisés par les services secrets russes pour nuire à un « ennemi de l’Etat ». Menacé d’une peine de prison à vie, il ne lui reste qu’une option : s’évader, et rejoindre la France par ses propres moyens… L’intellectuel va devoir se transformer en homme d’action pour échapper à son destin.
« Tous ceux qui n’ont jamais pied un pied, dans un de ces Pays de l’Est frères de l’ex-URSS (Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie…) voient toujours dans certaines images, des clichés tenaces à la vie dure. Mais pour y avoir passé du temps dans les années 70, pour divers reportages comme le match de Coupe d’Europe de football entre le Dukla de Prague et le FC Nantes de Suaudeau-Budzinski en 1978, puis à Arad près de Bucarest, peu de temps après le renversement et l’assassinat des époux Ceaucescu, je peux attester que l’on est bien content de rentrer chez soi en France, et que ceux qui parlent de dictature actuellement en France auraient bien fait – à l’époque - d’aller y faire un tour... Kompromat avec un époustouflant Gilles Lellouche nous entraine dans une course-poursuite folle avec ses trousses, des service secrets russes peu enclins à la grande poésie de Pouchkine ou de Marina Tsvetaïeva. C’est un vrai thriller palpitant, haletant et très dur parfois comme ces scènes en prison, qui fait passer de la Culture occidentale avant-gardiste – via un spectacle de danse très « gay » en ouverture - à la Culture rude et rurale de la Sibérie avec un public de diplomates et de notables totalement médusé… Et on découvre alors toutes les nombreuses facettes de ces régimes où l’on s’appelle camarade, mais où la critique n’existe pas, malgré la promesse de démocratie, et où la vodka à haute dose ou la tuica roumaine ainsi que la bière permettent d’oublier le manque de liberté. Kompromat est un film puissant qui ne plaira pas à certains, mais il a le mérite, non pas d’enfoncer des portes ouvertes, mais plutôt de défoncer des portes closes, comme on fait ceux qui ont démoli l’odieux Mur de Berlin.

Jean-Pierre Tissier


  *** REVOIR PARIS de Alice Winocour

avec Virginie Effira et Benoit Magimel.
Le résumé. Revoir Paris est un film récent sorti en 2022 qui explore les traumatismes des victimes d’un attentat, inspiré par les attentats de novembre 2015 à Paris, et la reconstruction psychique nécessaire qui peut être aidée par la mise en commun de ses souvenirs pour aller au-delà.
« Avec Virginie Effira et Benoit Magimel, Alice Winocour a réuni un couple de cinéma d’une justesse incroyable dans lequel on peut tous se retrouver tant les sentiments, les peurs, les joies et les peines inconsolables à jamais nous semblent innées, familières, personnelles même, sans avoir pour autant connu le bruit terrible saccadé et mortel des balles de Kalachnikov tirées par les terroristes djiadistes, transperçant des corps sidérés, terrifiés, cachés sous des tables et des chaises… Et tout autour, juste après, il reste les vivants. Celles et ceux qui ont été blessés physiquement comme Benoit Magimel ; d’autres pas ou peu comme Virginie Effira et sa seule cicatrice au bas du dos, et qui ne se souvient de rien… Commence alors une rencontre, un retour en arrière via des flashes, de la sueur, du sang et des larmes ; une recherche du passé oublié qui ne revient que par bribes, la vie familiale qui s’érode et disparait… On parcourt Paris, ses rues, sa banlieue, en recherchant celui qui (nous) a tenu la main pendant le massacre des innocents avec pour indice un simple tatouage au poignet. Revoir Paris est un film sur le retour à la vie, mais une vie qui ne sera plus jamais pareille. Les traumatismes invisibles sont les plus difficiles à combattre et les remèdes sont personnalisés. Allez revoir Paris.

Jean-Pierre Tissier

  **** « LES VOLETS VERTS » de Jean Becker

d’après le roman (librement adapté) de Georges Simenon.
PNG « Les Volets verts » voilà un titre de Simenon qui chante comme une chanson de Souchon ou une petite cantate signée Barbara. Eh oui, le père de Maigret n’a pas écrit que des polars. Il avait aussi une plume vagabonde pleine de poésie et de talent, à l’image de ce roman, pourtant sans intrigue, terminé le 27 janvier 1950 à Carmel by the sea en Californie et paru dans la foulée aux Presses de la Cité. Voilà qu’il ressort en Poche pour saluer joliment la sortie du film éponyme de Jean Becker, avec un casting de rêve très « planches de théâtre » : Gérard Depardieu, Fanny Ardant, Fred Testot, Benoit Poolvorde, Anouk Grimberg et la douce Stefi Selma... On se balade ainsi de théâtres mythiques en restaurants légendaires, de bars huppés en hôtels vieux chic british, du Bœuf sur le toit à la Nationale 7 avec un chauffeur nommé Fred Testot qui a fait du chemin depuis le SAV mythique de Canal Plus avec Omar Sy, de Paris au merveilleux Cap d’Antibes dans les années 50, sans nostalgie ni mélancolie, seulement un gros pincement au cœur qui parfois alerte sur l’imminence de la fin d’un destin. Avec ce monstre de force et de tendresse, de jovialité et de rudesse qu’est Gérard Depardieu.
Il n’y a pas vraiment d’histoire, mais on s’en fiche ; la vie se déroule comme le fil d’une chanson. Parfois un couplet revient, pas millimétré pour un sou. Les volets sont verts, la nuit parisienne très noire, froide et plutôt alcoolisée, souvent ! Le temps passe et on grimpe dans la Peugeot de Testot avec un Depardieu las, fatigué, malade, imposant et peu tranquille. Géant et simple, néanmoins, comme si on était invité à la partie de pêche ou au bar du coin… On a même revu avec bonheur, le duo béni de « La femme d’à côté » de François Truffaut, avec une Fanny Ardant éblouissante telle une reine. Les volets sont toujours verts au Cap d’Antibes et la mer toujours bleue, et on y attend toujours quelqu’un… »

Jean-Pierre Tissier


  **** « LES LEÇONS PERSANES » de VADIM PERELMAN

(2 heures) JPEG Le résumé. 1942, dans la France occupée Gilles est arrêté pour être déporté dans un camp en Allemagne. Juste avant de se faire fusiller, il échappe à la mort en jurant aux soldats qu’il n’est pas juif mais persan... En effet, “Les Leçons Persanes” est basé sur une nouvelle de Wolfgang Kohlhaase qui y raconte comment un juif est parvenu à faire croire qu’il était persan. Ce mensonge le sauve momentanément puisque l’un des chefs du camp souhaite apprendre le farsi pour ses projets d’après-guerre. Au risque de se faire prendre, Gilles invente une langue chaque nuit, pour l’enseigner au capitaine SS le lendemain. La relation particulière qui se crée entre les deux hommes ne tarde pas à éveiller la jalousie et les soupçons des autres. « On ressort de ce film littéralement pétrifié, yeux humides et cœur au bord des lèvres, scotché et terrifié devant tant de violence abjecte et planifiée par une idéologie nazie crasseuse, odieuse, et déshonorante pour la race humaine. Et on pense alors à ces « gilets jaunes » et autres « antivax » qui ont l’audace et l’indignité infâme de s’accoler une étoile jaune sur la poitrine pour dénoncer la « dictature » qui sévirait en France actuellement, osant ainsi comparer leur sort à celui de ces pauvres hères marchant dans la neige et le froid vers des clairières où hommes, femmes, enfants et bébés seront fauchés par une rafale de mitraillette tirée dans le dos, ou vers des fours crachant une fumée noire où leur supplice finira en ignominie finale. Comme un champ d’étoiles jaunes teintées de rouge, tels des coquelicots ensanglantés sur la neige immaculée. Les Leçons persanes » montre néanmoins jusqu’où l’homme peut aussi agir dans son cerveau pour vaincre sa peur et imaginer des stratégies de survie incroyables. En imaginant une langue persane (le farsi) dont il ne connaît pas un seul mot, Gilles crée et fabrique de toutes pièces un Esperanto fait de milliers de mots qu’il va devoir insérer dans son disque dur cérébral – et se souvenir au risque d’être démasqué - en s’inspirant de la longue litanie des noms de prisonniers inscrits sur les registres du camp. Et qui eux-aussi, tels des autodafés, finiront dans les flammes pour ne pas laisser de traces, avant l’arrivée des Américains. Nahuel Pérez Biscayart (Gilles) et Lars Eidinger (l’officier SS responsable du camp de transit) sont prodigieux dans ces rôles d’une dureté malsaine, où parfois un nuage de poésie traverse l’instant, comme le passage furtif d’une lueur d’humanité, mais ça ne dure jamais ! Les idéologies de ce type ont la vie dure et la fuite du SS vers des paradis d’Asie ou d’Amérique du sud reste toujours l’échappatoire pour ces barbares au cœur de pierre… Un très grand film dont on ne ressort pas indemne, et qui donne à réfléchir sur la nature humaine. »

Jean-Pierre Tissier


 MAIS AUSSI

Un problème technique nous empêche actuellement de retrouver nos anciens comptes-rendus de visionnage de films. et de concerts. Nous sommes à leur recherche.
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