ON A VU... AU CINEMA ET SUR SCENE - Provence Magazine
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Frédéric Potier, préfet, ancien conseiller au cabinet du Premier ministre et à la Présidence de l’Assemblée nationale publie "La menace 732". Son premier thriller politique glaçant sort le 19 mai aux éditions L’aube noire.


Articles de cette Rubrique


- NOS PHRASES PRÉFÉRÉES

- LES 3 QUESTIONS A...

- ON A VU... AU CINEMA ET SUR SCENE

ON A VU... AU CINEMA ET SUR SCENE

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  **** THE CHEF de Philip Barantini. (VO.STF)

Avec Stephen Graham, Vinette Robinson… JPEG Le résumé. C’est le Magic Friday » ! Le vendredi d’avant Noël, la soirée la plus fréquentée de l’année. Dans un restaurant gastronomique de Londres, côté cuisine, à quelques minutes du coup de feu, tout le personnel est en ébullition. Mais les problèmes s’accumulent autour du chef étoilé Andy Jones et de sa brigade. S’ajoute à cela la pression constante d’une clientèle toujours plus exigeante qui menace de mener le restaurant à sa perte…
- Philippe Estebech, le chef-rugbyman étoilé de « Top Chef », mais aussi redresseur de restaurants dans « Cauchemar en cuisine » aurait certainement fait bonne chère – et chair aussi ! – en débarquant à l’improviste dans ce pub chic et semi-gastro londonien, sur son 31 pour cette soirée d’avant Christmas, gourmande et païenne à souhait, au-delà de toutes les désespérances ! Car personne – hormis Vinette Robinson Seconde en cuisine tendue comme un fil néanmoins – n’est à sa place dans cet établissement, entre principes élémentaires d’hygiène, savoir-faire, service des vins, consignes non-respectées et mauvaise foi de rigueur. C’est là que Stephen Graham, comédien génial personnellement découvert pendant le premier confinement dans « The Virtues » sur Arte.TV éclabousse l’écran avec son rôle de cuisinier planant à 3000, au bord du burn-out avec une famille en lambeau, une gourde remplie de vodka qu’il tête comme un bébé le sein de sa mère, et de la poudre blanche en poche qui n’est pas la farine pour faire les crêpes Suzette, sans compter une dette de 200 00 livres que vient lui réclamer un cuistot médiatique mais fauché… Une prouesse filmée comme un thriller, en plan séquence pendant 90 minutes, de la plonge aux tables en passant par le bar, le temps d’un match de foot et des arrêts de jeu. Avec une pression qui ne cesse de monter, monter, jusqu’au couperet final. A consommer sur place et très vite. Chapeau Barantini !

Jean-Pierre Tissier

  *** NOTRE-DAME BRÛLE de Jean-Jacques Annaud

JPEG L’incendie de Notre-Dame de Paris, pour celles et ceux qui l’ont vu en direct le 15 avril 2019, dès les toutes premières images retransmises à la télévision a été un choc immense que l’on soit chrétien, croyant ou athée. Et l’émotion si forte ressentie à ce moment et durant toute la nuit sur les chaines d’info en continu en a surpris plus d’un. Comme si on était touché à l’intérieur de nous, corps, cœur et âme. Puis très vite, en cette période troublée par le terrorisme et les attentats, on s’est tourné vers l’enquête et le combat mené par les sapeurs-pompiers de Paris, admirables de métier, de courage, de bravoure. JPEG Tels des chevaliers du feu… que certains ont l’audace et l’indignité de caillasser dans certains « quartiers » dits « interdits aux bleus ». Ceux-là seraient bien inspirés d’aller voir très vite le film de Jean-Jacques Annaud, le cinéaste des grands formats et des émotions, de « la Guerre du feu » et de « L’Ours », qui sait nous terrifier autant que rendre joyeux. Il y a de tout ça dans ce film de 1h 50 qui passe comme une lettre à La Poste, et où l’on partage dans la sueur, la fumée et la crainte, avec une émotion intense et plusieurs fois les yeux embués, la lutte menée par le général en chef des opérations remarquablement incarné par Samuel Labarthe bien connu pour son rôle de commissaire dans « Les Petits meurtres d’Agatha Christie » sur France 3, et ses hommes. Vraiment impressionnant ! Tout comme le travail de reconstruction mené par ces talentueux « manuels » du Devoir : charpentiers, menuisiers, plâtriers, facteurs d’orgues, électriciens, plombiers, peintres, orfèvres… Une France de bâtisseurs qu’il faut encourager et aider !

Jean-Pierre Tissier

  *** GOLIATH de Frédéric Tellier

JPEG Le résumé. - France, professeure de sport le jour, ouvrière la nuit, milite activement contre l’usage des pesticides. Patrick, obscur et solitaire avocat parisien, est spécialiste en droit environnemental. Mathias, lobbyiste brillant et homme pressé, défend les intérêts d’un géant de l’agrochimie. Suite à l’acte radical d’une anonyme, ces trois destins, qui n’auraient jamais dû se croiser, vont se bousculer, s’entrechoquer et s’embraser.
« Thème récurrent que celui des pesticides en agriculture avec une cohorte de lobbyistes qui s’agite et fourmille depuis des années à Bruxelles autour des députés européens notamment, pour influencer la commission européenne attaquée par les écologistes et les familles d’agriculteurs, qui après avoir longtemps pleuré et compté leurs morts, commencent à se manifester pour stopper ce mal chimique et sans pitié initié par les grands laboratoires… Car pour faire reculer ces géants concepteurs de « produits phytosanitaires en ine ou en ate », il faut lutter et lutter sans cesse, et souvent à mains nues ! Mains caleuses, noircies par la tâche, et cancer en prime ! Pourtant, après l’immolation d’une jeune agricultrice désespérée devant le siège d’un des géants de l’agro-chimie, à La Défense, une voix forte - celle d’un avocat portée par un Gilles Lellouche brillantissime - s’élève au nom de la Santé publique pour faire face au discours brillant, froid, implacable, mafieux et sans vergogne d’un lobbyiste incarné remarquablement par Bernard Niney. Alors qu’Emmanuelle Bercot en militante pugnace et Laurent Stocker en lobbyiste envahi par le doute lui, portent haut le jeu d’acteur du cinéma français… Un film à voir pour s’interroger encore plus ! Nominé aux Césars 2022 mais reparti sans récompense, « Goliath » film engagé, a le temps devant lui pour essaimer le doute dans les esprits. C’est cela la force du cinéma ! »

Jean-Pierre Tissier

  *** TWIST À BAMAKO de Robert Guédiguian.

JPEG Le résumé. 1962. Le Mali goûte son indépendance fraîchement acquise et la jeunesse de Bamako danse des nuits entières sur le twist venu de France et d’Amérique. Samba, le fils d’un riche commerçant, vit corps et âme l’idéal révolutionnaire : il parcourt le pays pour expliquer aux paysans les vertus du socialisme. C’est là, en pays bambara, que surgit Lara, une jeune fille mariée de force, dont la beauté et la détermination bouleversent Samba. Samba et Lara savent leur amour menacé. Mais ils espèrent que, pour eux comme pour le Mali, le ciel s’éclaircira...
« Une bande sonore qui nous ramène dans les années yé-yé avec les Suprêmes, Chubby Checker, Ray Charles, Bill Haley, Claude François, Aretha Franklin, Otis Redding, Da doo ron ron et autres Belles, belles, belles comme le jour… Et l’indépendance du Mali en 1962. On est loin de « Marius et Jeannette » ou de « La Villa », mais Robert Guédiguian nous entraine là dans une aventure dont on se dit qu’elle va se terminer très mal. Et c’est l’avenir de toute l’Afrique qui nous interpelle, car de la colonisation française aux lois des tribus et des chefs de village en passant par l’épisode socialo-communiste, se pointe déjà – malgré une jeunesse qui ne pense qu’à danse et s’amuser – les islamistes implacables et bornés, empêchant entre autres inepties, l’émancipation des femmes. A l’unisson des mecs maliens de tous bords politiques, toujours pas prêts pour aller chercher l’eau, faire le ménage, la cuisine et élever les enfants. Une véritable Internationale du machisme où la corruption fait partie du jeu et pose d’interminables questions pour arriver à changer cela un jour. La belle histoire d’amour entre Lara et Samba nous ramène à Roméo et Juliette et cette chanson entêtante des Rita Mitsouko : « Les histoires d’amour finissent mal en général… »

J.-P.T

  *** MAIGRET de Patrice Leconte

Avec Gérard Depardieu, Mélanie Bernier, Jade Labeste… Le résumé. A Paris, une jeune fille est retrouvée morte dans un square parisien, vêtue d’une robe de soirée. Le commissaire Maigret va tenter de l’identifier, puis de comprendre ce qui est arrivé à la victime.
JPEG « Passer du désopilant « Les Bronzés font du ski » en 1979 à « Maigret » incarné par Gérard Depardieu en 2022, c’est le grand écart et le tour de force réalisé par Patrice Leconte avec ce nouvel opus du commissaire à la pipe tiré d’une œuvre de Georges Simenon « La jeune morte », qui ressort pour l’occasion en Livre de poche. Et c’est un Maigret en bout de course, usé, las et fatigué – mais toujours sens en éveil pour résoudre son enquête – que nous délivre le réalisateur qui n’avait rien produit depuis huit ans. On se meut dans une lumière des années 30 en clair-obscur avec une lenteur qui dicte le rythme du film. Et on se prend au jeu de la découverte car la disparition cruelle de cette jeune fille en masque une autre plus personnelle, dans le cœur de Maigret. Toujours bourru comme savait l’être Jean Richard, le premier à incarner Maigret à la télévision dans les années 60, mais tout en sensibilité, discrétion et presque effacement. C’est un Depardieu comme un Gabin, qui évolue dans ce polar intimiste et plein de rebondissements. Du très beau cinéma !"

Jean-Pierre Tissier

  **** COMPAGNONS de François Favrat

Avec Najaa, Agnès Jaoui, Pio Marmaï. JPEG Le résumé. Passionnée de Street-art, Naëlle (19 ans) issue des quartiers défavorisés va tenter de saisir la chance que lui tend l’association ouvrière des Compagnons du Devoir pour obtenir un CAP dans le cadre d’un chantier de formation. Touchée par la jeune fille, la responsable du chantier (Agnès Jaoui) lui présente un jour la Maison des Compagnons de Nantes et son maître de stage (Pio Marmaï)….
UN FILM QUI FAIT VRAIMENT DU BIEN ! « Du blues, il y en a sacrément dans ce film humaniste porté par trois acteurs généreux et formidables : Najaa, Agnès Jaoui, et Pio Marmaï. Un film de toutes les émotions, de la colère à la joie en passant par la violence, la frustration, les fous-rires malgré tout, et l’envie d’être Zorro ou le GIGN pour dézinguer ces caïds de quartier qui pourrissent la vie sans vergogne, et empêchent celles et ceux qui pourraient s’en sortir à dealer pour eux voire à faire jouer les « nourrices » de shit à des mères de famille souvent seules, trimant comme des bêtes et pas mécontentes au final d’avoir 200€ au « black » pour la semaine en planquant l’herbe ou la poudre dans un seau sur le balcon… Tout cela nous ramène à la réalité d’aujourd’hui au cœur des barres HLM de la France entière (pas que Paris, Lyon ou Marseille) et tout ce que la dévalorisation du travail manuel par de trop nombreux profs en primaire et au collège, a pu générer comme cassures et fractures dans une jeunesse qui n’y arrivait pas pour plein de raisons. Et si pour tout Compagnon du Devoir, il faut réaliser un Chef d’œuvre pour son admission, bien des jeunes des quartiers en seraient capables pour peu qu’on leur ouvre la voie avec humanité. Un film en forme d’étendard pour porter la bonne parole du travail manuel. Un film qui fait serrer les poings parfois et chialer quand Naëlle est adoubée Compagnonne après avoir trouvé sa voie dans la restauration et la création de vitraux."

Jean-Pierre Tissier

  *** « ADIEU PARIS » d’Edouard Baer

JPEG « Adieu Paris » est un film réalisé par Édouard Baer, mais sorti en 2021 pendant la pandémie. Actuellement à l’affiche, il est dédié à Jean-François Stévenin — qui incarne le personnage de Jeff — mort avant la sortie du film.
Le résumé. Un vieux bistrot parisien au charme éternel. Huit messieurs à table, huit grandes figures. Ils étaient les « rois de Paris » … Des trésors nationaux, des chefs-d’œuvre en péril. Un rituel bien rodé... Un sens de l’humour et de l’autodérision intacts. De la tendresse et de la cruauté. Huit vieux amis qui se détestent et qui s’aiment. Et soudain un intrus...
LA NOSTALGIE N’EST PLUS CE QU’ELLE ÉTAIT. Tous les rituels finissent par s’émousser un jour ou l’autre ; même les plus sympas rimant avec le déjeuner sacro-saint annuel des vieux copains, jadis « anciens rois de Paris » à la très chic Closerie des Lilas. Mais quand après le Chardonnay d’ouverture puis le Chassagne-Montrachet, une « Coccinelle de tomate-mozzarella » remplace l’immuable « poireau-vinaigrette » et que le « pot-au-feu » cède la place à une daube « réchauffée de la veille, car encore bien meilleure » dixit le regretté Jean-François Stévenin à qui le film est dédié, y’ a aussitôt comme un avis de tempête force 10 dans Landerneau et un Pierre Arditi qui monte le son telle une figure de proue malmenée par les vagues et les rides du temps qui passe trop vite. On part alors dans de longues minutes d’envolées lyriques parfois tendres, tantôt cruelles, et on est partagé entre un sentiment de nostalgie et de mélancolie qui nous traverse l’échine face à ces grands du théâtre et du cinoche que sont dans la réalité Gérard Depardieu qui traine, traine… et finit par ne pas venir au rendez-vous ; Benoit Poelvoorde repoussé quai manu-militari du déjeuner pour outrance de comportement, Francois Damiens qui évolue en Tee-shirt entre chien et loup, Daniel Prevost dont le rire tonitruant siffle toujours aussi fort qu’une cocotte-minute au bord de l’implosion, Jacky Berroyer tout en discrétion, Bernard Lecoq en charmeur vieux beau pathétique, et un Bernard Murat qui ne rate pas une occasion de descendre au sous-sol pour se remplir les narines de farine hypervitaminée.. « Adieu Paris » réalisé par Edouard Baer ressemble à ses touchantes et déjantées émissions radiophoniques réalisées sur France Inter dans des cafés, la nuit. On le regarde avec l’impression d’avoir été invité aux agapes et à la beuverie de haut vol (Sept Château Giscours à 180€ la bouteille sans compter les digestifs) on sourit et on verse une larme avec eux, notamment quand le regretté Jean-François Stévenin, Jeff le patron de la Closerie, se fait une moustache à la Groucho Marx avec un bouchon noirci comme pour nous saluer une dernière fois. Et c’est un film qu’on reverrait bien dans la foulée, une seconde fois avec un verre de Château Giscours nous-aussi ; des fois qu’on ait oublié de leur dire qu’on les aime tellement ces mecs-là ! Ah oui les filles, vraiment désolé de chez désolé, mais « Adieu Paris » c’est vraiment une histoire de mecs !

Jean-Pierre Tissier

  **** « LA PANTHÈRE DES NEIGES » de Marie Amiguet et Vincent Munier

(1h 32 minutes). JPEG Le résumé. Au cœur des hauts plateaux tibétains, le photographe Vincent Munier entraîne l’écrivain Sylvain Tesson dans sa quête de la panthère des neiges. Il l’initie à l’art délicat de l’affût, à la lecture des traces et à la patience nécessaire pour entrevoir les bêtes. En parcourant les sommets habités par des présences invisibles, les deux hommes tissent un dialogue sur notre place parmi les êtres vivants et célèbrent la beauté du monde. Ce voyage a inspiré le livre de Sylvain Tesson La Panthère des neiges (Gallimard 2019, récompensé du Prix Renaudot 2019.
JPEG « Après avoir vu « Adieu Monsieur Haffmann » et « Les Leçons persanes » où l’Occupation, la Déportation et la Shoah sont en toile de fond comme une peau de chagrin, il était vital de s’imposer une cure de nature et d’évasion avec ce film d’une grande beauté qu’est « La Panthère des neiges » où l’on fait corps avec le photographe Vincent Munier et l’écrivain Sylvain Tesson dans une aventure humaine qui file le frisson. Car on n’est pas habitué à une telle immensité immaculée et sauvage, et – surtout - à l’attente. JPEG Ce long moment où le temps passe et s’arrête pour capter avec gourmandise l’image d’un oiseau rare dans la neige, et quelques félins venus de nulle part. Le silence est là qui nous capte, et nous met les sens en éveil… et quand la panthère surgit, on reste là, assis dans son fauteuil, comme un gosse devant une apparition tombée du ciel. L’œil un peu humide, et c’est très bien comme ça ! Courez-y ! »

Jean-Pierre Tissier

  **** « LES LECONS PERSANES » de Vadim Perelman

JPEG (2 heures). Le résumé. 1942, dans la France occupée, Gilles est arrêté pour être déporté dans un camp en Allemagne. Juste avant de se faire fusiller, il échappe à la mort en jurant aux soldats qu’il n’est pas juif mais persan... En effet, “Les Leçons Persanes” est basé sur une nouvelle de Wolfgang Kohlhaase qui y raconte comment un juif est parvenu à faire croire qu’il était persan. Ce mensonge le sauve momentanément puisque l’un des chefs du camp souhaite apprendre le farsi pour ses projets d’après-guerre. Au risque de se faire prendre, Gilles invente une langue chaque nuit, pour l’enseigner au capitaine SS le lendemain. La relation particulière qui se crée entre les deux hommes ne tarde pas à éveiller la jalousie et les soupçons des autres.
« On ressort de ce film littéralement pétrifié, yeux humides et cœur au bord des lèvres, scotché et terrifié devant tant de violence abjecte et planifiée par une idéologie nazie crasseuse, odieuse, et déshonorante pour la race humaine. Et on pense alors à ces « gilets jaunes » et autres « antivax » qui ont l’audace et l’indignité infâme de s’accoler une étoile jaune sur la poitrine pour dénoncer la « dictature » qui sévirait en France actuellement, osant ainsi comparer leur sort à celui de ces pauvres hères marchant dans la neige et le froid vers des clairières où hommes, femmes, enfants et bébés seront fauchés par une rafale de mitraillette tirée dans le dos, ou vers des fours crachant une fumée noire où leur supplice finira en ignominie finale. Comme un champ d’étoiles jaunes teintées de rouge, tels des coquelicots ensanglantés sur la neige immaculée. Les Leçons persanes » montre néanmoins jusqu’où l’homme peut aussi agir dans son cerveau pour vaincre sa peur et imaginer des stratégies de survie incroyables. En imaginant une langue persane (le farsi) dont il ne connaît pas un seul mot, Gilles crée et fabrique de toutes pièces un Esperanto fait de milliers de mots qu’il va devoir insérer dans son disque dur cérébral – et se souvenir au risque d’être démasqué - en s’inspirant de la longue litanie des noms de prisonniers inscrits sur les
registres du camp. Et qui eux-aussi, tels des autodafés, finiront dans les flammes pour ne pas laisser de traces, avant l’arrivée des Américains.
Nahuel Pérez Biscayart (Gilles) et Lars Eidinger (l’officier SS responsable du camp de transit) sont prodigieux dans ces rôles d’une dureté malsaine, où parfois un nuage de poésie traverse l’instant, comme le passage furtif d’une lueur d’humanité, mais ça ne dure jamais ! Les idéologies de ce type ont la vie dure et la fuite du SS vers des paradis d’Asie ou d’Amérique du sud reste toujours l’échappatoire pour ces barbares au cœur de pierre… Un très grand film dont on ne ressort pas indemne, et qui donne à réfléchir sur la nature humaine. »

Jean-Pierre Tissier

  *** ADIEU MONSIEUR HAFFMANN de Fred Cavayé

JPEG Le résumé. À Paris en mai 1941, François Mercier est l’employé de Joseph Haffmann, un joaillier talentueux. Malgré cette bonne place, il a l’impression d’accumuler les malchances : atteint d’un pied bot, ce modeste employé vient d’apprendre qu’il est responsable de l’infertilité de son couple. Si Blanche, son épouse, semble accepter de ne pas avoir d’enfant, il ne parvient pas à s’y résigner. Lorsque l’occupant nazi impose le recensement des Juifs, Joseph Haffmann conscient du danger, décide alors d’organiser la fuite de sa femme et de ses trois enfants en Zone sud. Mais avant de les rejoindre, il veut préparer la reprise de son magasin, et propose un étonnant marché à François Mercier.
« Pièce à succès de Jean-Philippe Daguerre, Adieu Monsieur Haffmann a remporté quatre Molière en 2018. Le cinéaste Fred Cavayé (Pour Elle, A bout portant, Mea Culpa) s’en est emparé, tout en s’autorisant quelques libertés… Mais le trio Daniel Auteuil, Gilles Lellouche – qui jouaient ensemble pour la première fois – et l’époustouflante Sara Giraudeau, y est impeccable et d’une très grande justesse. Car incarner le personnage de François Mercier (l’employé qui devient collabo sans presque s’en rendre compte) a particulièrement troublé et taraudé Gilles Lellouche chaque soir, après chaque tournage, quand il reprenait sa vraie vie... Et comme le tournage a été interrompu plusieurs mois en raison du Covid 19, cette incarnation malsaine l’a beaucoup questionné, comme il l’a expliqué dans « C’à vous », l’excellente émission de France 5 animée par Anne-Elisabeth Lemoyne. Et c’est ce qui ressort de ce film. Comment aurions-nous agi en cette période trouble, où le fait d’être français ne suffisait pas pour être à l’abri ? Français mais juif, c’était l’arrestation arbitraire et la mort au bout du chemin ! « Juger, c’est déjà ne pas comprendre » disait André Malraux, et il faut toute l’atmosphère de ce quasi huis-clos pour rendre compte, à travers une lumière diaphane constante propre aux maisons de l’époque - que les jeunes d’aujourd’hui ne peuvent pas imaginer - d’un univers qui semble aujourd’hui à des années-lumière de notre époque trépidante, mais en paix en France du moins, et bien loin de la dictature d’un envahisseur. Voilà un film qui devrait connaitre un succès certain et bien des récompenses à l’avenant, car il restitue – grâce à trois acteurs énormissimes – bien plus que des images. 1941, c’est loin et si proche à la fois, et nous avons tous encore (mais pour combien de temps ? des oncles et tantes qui ont connu cette sombre période dans leur jeunesse. Et qui la racontent parfois, avec pudeur et toujours de la terreur dans les yeux."

Jean-Pierre Tissier

  **** "DÉLICIEUX" de Eric Besnard

À l’aube de la Révolution Française, Pierre Manceron (interprété merveilleusement par le comédien belge Grégory Gadebois) est un cuisinier inventif, mais très orgueilleux, et un tantinet mysogine, JPEG car grand timide en fait. Après avoir présenté un repas somptueux d’une finesse exquise, ponctué d’un « Délicieux » petit chausson fourré de lamelles de pommes de terre et de truffe » (de vulgaires racines pour des nobles ? Pouah !) il est limogé sur le champ par son maître, le duc de Chamfort. La rencontre – un soir de pluie battante - avec une femme étonnante et secrète (Isabelle Carré étincelante) qui souhaite apprendre l’art culinaire à ses côtés, lui redonne confiance, et le pousse à s’émanciper de sa condition de domestique pour entreprendre sa propre révolution culinaire, mais pas seulement. Tous deux, ils vont inventer un lieu de plaisir et de partage ouvert à tous ; un art de vivre à la française : le premier restaurant ! Une idée qui leur vaudra des clients en nombre, mais aussi des ennemis. Car manger avec les autres, n’est pas la tasse de thé d’une noblesse poussiérée à l’envi et déjà en perte de vitesse… La Révolution avançant au pas de charge de la lutte des classes.
Entre œuvre d’art cinématographique, car les scènes en clair-obscur ressemblent à la lumière géniale du feuilleton « Le Pain noir » de Serge Moatti dans les années 70, et authentique polar historique, « Délicieux » porte plutôt bien son nom. Un adjectif gourmand qui lui va comme un gant...

J.-P.T

  *** « LA VILLA » de Robert Guédiguian

JPEG - Après le choc de « La Mise à mort du cerf sacré », authentique film de cinéma réunissant Nicole Kidmann et Collin Farell, mais si terrifiant et cruel au final, il était important, en cette période avançant vers Noël de retrouver du cœur, de l’âme et du sens avec un film de Robert Guédiguian. Son tout dernier, dénommé « La Villa », et qui se déroule justement, sur la Côte bleue, presque à huis-clos dans une grande maison aux murs blancs surplombant la fascinante calanque de Méjean, près d’Ensues-la-Redonne. Là où le décor magique de la mer et des pins y prenant racines, a le don de vous transporter aussi loin qu’en Grèce en un simple regard, malgré la période automnale choisie. Là où les silences signés Serge Valetti – homme de polar et de théâtre – ont une valeur de dialogues et de paroles explicites ; et Guédiguian les exploite tout naturellement avec sa famille du 7e Art habituelle : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Daroussin auxquels s’ajoutent Robin son Stévenin et Anaïs Demoustier. Rien d’inutile devant la caméra ; comme une parcimonie d’images destinées à nous faire pénétrer ces retrouvailles familiales autour d’un patriarche touché par un AVC… La vie, la fin de vie, l’amour, la famille, les drames, l’ancien monde ouvrier aujourd’hui quasiment disparu…. Autant de sujets récurrents que Robert Guédiguian aborde comme toujours avec pudeur et délicatesse, via des comédiens taiseux aux antipodes des pagnolades marseillaises. Mais l’essentiel est dit ! Tout comme cet ajout inattendu d’actualité, où des enfants de migrants fuyant les zones de conflit de l‘autre côté de la Méditerranée, sont retrouvés tapis dans la colline d’Ensues. « Des gens qui ont donné de l’eau à des migrants sont aujourd’hui condamnés par la justice commentait avec colère Claude Guédiguian venu en début de semaine présenter son film sur France Inter. Alors que ce sont ceux qui n’ont pas donné d’eau qui devraient être condamnés… » Une phrase qui résonne comme les cris de liberté poussés avec joie par la bande à Guédiguian sous le viaduc de la Redonne.. Ca, Guédiguian ne pouvait pas s’en empêcher !

J.-P.T

  **** "AU-REVOIR LÀ-HAUT"

d’Albert Dupontel
PLUS QU’UN FILM, UNE ŒUVRE D’ART !
JPEG JPEG - Tiré du roman éponyme de Pierre Lemaître récompensé par le Prix Goncourt en 2013, "Au-revoir là-haut", le film de l’humoriste Albert Dupontel est un véritable coup de poing, en forme de coup de foudre et de coup de cœur, comme rarement vu sur grand écran depuis "Éléphant man". La guerre effroyable des tranchées de 14-18 y est filmée avec une vérité crue qui nous scotche à notre siège pendant quelques petites minutes - une éternité pourtant ! - tant on se sent aspiré sous terre, par les tirs d’obus, les explosions, et l’enfer de feu venu de la mitraille. Mais c’est la poésie émanant de cette "Gueule cassée" magnifiée par des masques réparateurs qu’auraient pu signer Jean Cocteau qui porte ce chef d’oeuvre au point qu’on a l’impression de marcher sur un fil de sentiments divers et inattendus au fur et à mesure que l’on avance dans le temps. L’escroquerie de la vente de monuments aux morts (fait réel) aux municipalités se transforme petit à petit en polar, avec de l’amour, du fric à gogo... mais le destin (on vous laisse découvrir ça) sera au bout du chemin. On retrouve un Niels Arestrup, magnifique lion de scène, et une distribution où les comédiens de la Comédie française théâtre Laurent Lafitte et Michel Vuillermoz sont tout simplement superbes de vérité. Un très grand film dont on ressort ébloui avec des étoiles plein la tête...

J-P.T.

  *** "LES FAUSSAIRES DE MANHATTAN" de Marielle Heller

JPEG - Mélancolie profonde en toile de fond ; le blues de la vie, en fait ! Ancienne auteure à succès, Lee Israël remarquablement interprétée par Melissa Mac Marthy est aujourd’hui sans le sou, mais son caractère plutôt bien trempé (dans le whisky surtout !) ne lui permet pas de s’intégrer aux simples boulots du quotidien. Son petit appartement en désordre atteste d’un côté dépressif frôlant la zone rouge, et seul son vieux chat parvient à la faire sourire. Loin des gratte-ciel et du clinquant, criblée de dettes, plutôt attirée par les femmes, malgré un physique ingrat, elle s’imagine par hasard une vocation de faussaire, via des courriers épistolaires de personnalités du cinéma ou de la littérature aperçus chez un marchand de livres anciens, et dont le prix équivaut à un coup de crayon sur ses dettes. Arrive Jack, ami gay en perdition, fauché lui-aussi malgré ses allures d’éternel gentleman. Le parcours des deux amis en cohabitation urbaine sera très chaotique, mais l’art d’imiter à la perfection, voire plus, le style des grands auteurs met plus que du beurre dans les épinards de Lee…. jusqu’au jour où la supercherie sera découverte par le FBI. Les Faussaires de Manhattan est une histoire vraie superbement portée à l’écran par Marielle Heller, sans clichés ni grosses ficelles sur les gays et lesbiennes. Tout est dans la pudeur, la délicatesse et les sentiments. A voir absolument !

Jean-Pierre Tissier

  **** GREEN BOOK : SUR LES ROUTES DU SUD"... de Peter Farelly

JPEG On ressort de la projection, ému aux larmes, heureux aussi, et en colère profondément... On revoit les images de ce fameux "green book" (livre vert de voyage attribué à la communauté noire en déplacement ) comme on encore les gitans nomades et autres gens du voyage aujourd’hui en France, et on en a la stupéfaction !
Tout comme on a la nausée lorsque le Dr Don Shirley pianiste noir virtuose de musique classique qui se produit dans une soirée privée avec tout le "gratin" blanc du Sud des States est invité à se rendre dans la cabane en bois au fond du jardin par un domestique (!) alors qu’il souhaite se rendre aux WC de la maison.!!! Et qu’on est en 1962 !!
Avec une BO géniale qui réunit le son des sixties aux USA et une jam-session de folie dans un bar, "Green book" outre sa vertu pédagogique et historique qui en embête certains nous rappelle que c’est Elvis Presley qui emmena BB King à la TV américaine ; là où les "blacks" n’étaient pas admis. Et qu’il subjugua tout le monde par sa virtuosité... Encore une fois le blues montre bien qu’il est la musique du quotidien, de toutes les émotions et du cœur. "Green book" est un film d’utilité publique qui en dit long sur la complexité des hommes, de leurs dirigeants, et de leurs contradictions multiples.

J.-P.T

  *** L’HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE" de Terry Gilliam

Fantasmagorique et abracadabrantesque ! JPEG -On l’attendait depuis vingt-cinq ans, après des affres, des vicissitudes, des drames, des morts même sur ce tournage tourmenté - encore en démélé avec la justice - où le regretté Jean Rochefort devait tenir le premier rôle à l’époque.
"L’Homme qui tua Don Quichotte" signé Terry Gilliam tient d’un mariage réussi entre les Monty Phyton, Dario Fo et la comédia del arte... avec une pincée de Fellini pour la fantasmagorie étonnante et merveilleuse qui se déroule à la fin du film, de nuit dans un château en Espagne. On n’y rit pas à gorge déployée mais avec une intériorité profonde qu’on savoure comme un verre de Château Margaux...dans lequel surnagerait un piment oiseau. Bref, allez voir cette fresque étonnante aux formes de frasques nageant entre rêve et réalité. Et cela fait du bien !

J-P.T

  *** "EVERY BODY KNOWS" d’Asghar Faradi

Suspense garanti ! JPEG - Réalisé avec pour premiers rôles, le superbe couple (à la vie comme à l’écran) Pénélope Cruz et Javier Bardem, "Everybody knows" a été le film d’ouverture (ovationné) du festival de Cannes 2018. Un thriller plein de suspense, de questionnement, sans police, ni gendarmerie (ou si peu...) et sans violence,
Vu avec bonheur au cinéma Le Lido à Manosque qui vit ses derniers mois d’existence en attendant le futur complexe à 8 salles de la place de la Villette. Tout est dans la finesse du cinéaste iranien Asghar Faradi qui filme avec beauté une joyeuse noce andalouse - d’où le suspense naît - comme une scène de théâtre digne de "La Noce chez les petits bourgeois" de Berthold Brecht, puis nous entraîne dans le vignoble espagnol et ses secrets de famille. Un drame psychologique avec une fin ouverte où chacun peut imaginer ce qu’il veut. Superbe !

J.-P.T


 UN LIEU À DÉCOUVRIR

 LA MAISON DU BLUES À CHATRES-SUR-CHER

- Jack Garcia génial créateur de la Maison du Blues - unique concept du genre en France, au cœur du Berry à Châtres-sur-Cher - nous a reçus avec une grande fraternité, dans son fief, pour le concert du Jersey Julie Blues band.
Une formation biterroise, mais néanmoins très internationale avec une chanteuse-saxophoniste américaine hors du commun, non sans rappeler Janis Joplin par le charisme, la voix et l’allure, mais avec un jeu de sax aux réminiscences du glorieux Jr Walker dans les années 70. JPEG Ce blues chaud venu du bayou en a scotché plus d’un, à commencer par votre serviteur totalement sous le charme de ce quartet drivé par un épatant Jimmy à la batterie, un excellent clavier, et un guitariste-chanteur dont le timbre fleurant bon l’Occitanie donne aux paroles ricaines, la couleur de la Louisiane et du bayou avec beaucoup de naturel. JPEG - Si d’aventure vous êtes dans le secteur de Tours, Orléans, Blois, Châteauroux, Vierzon, Bourges ou Romorantin, allez découvrir ce véritable Café associatif tenu par Jack Garcia, son équipe, et toute une bande de joyeux bénévoles évoluant dans l’esprit de Blues & Polar eux-aussi. Merci de l’accueil Jack.
* La nouvelle vidéo réalisée par Jack Garcia sur la Maison du Blues à Chatre-sur-Cher fait découvrir la belle ambiance de ce club si fraternel… Pour ouvrir la vidéo, cliquer sur le lien : https://www.youtube.com/watch?v=c5aFBtMfDks

- Ce lieu intimiste de concert que Blues & Polar (voir ci-dessus) a découvert récemment est une réussite inespérée avec 456 adhérents (en 4 mois) et une fréquentation régulière pour l’ensemble des concerts (19 concerts avec 45 personnes en moyenne) avec un public majoritairement local (350 adhérents de la région).
Des musiciens français et étrangers ont déjà fait don de tenues de scènes, de guitares, Bottleneck ou harmonicas dédicacés… Récemment Sandra Hall a fait don d’une tenue de scène. Ce Musée témoignera de cette incroyable histoire en pleine ségrégation et de ses évolutions". * L’’ouverture du Musée a eu lieu le samedi 6 avril 2019, avec la participation de Bobby Rush et son Band à la Pyramide de Romorantin.

J.-P.T

* La Maison du Blues, 42 rue du 11 novembre 1918 à Châtres-sur-Cher (Loir-et-Cher) est ouverte le vendredi de 17 h 30 à 23 heures. Le samedi de 20 heures à minuit avec un concert à 21 heures (10 €). Courriel : lamaisondublues@gmail.com
Tel 06 66 42 70 24. Réservations 06 24 77 71 58.


 SUR SCÈNE

11 février 2022

 « AUSTRALIAN PINK FLOYD » ÉBLOUISSANT AU NIKKAIA DE NICE

JPEG Après deux années pleines sans concert en raison de la Covid 19, l’opportunité d’assister enfin à un vrai spectacle (jauge maxi à 5000 spectateurs) au Palais Nikkaïa de Nice était à ne pas rater. Certes, il y a parfois de tout dans les nombreux Tribute qui tournent, mais Australian Pink floyd a depuis longtemps reçu l’assentiment et les compliments de David Gilmour, Roger Waters, Nick Mason… Et ça rassure ! Je les avais vus, en juillet 2012 (déjà dix ans !) à Vaison-la-Romaine dans le vieux théâtre antique, et si la première partie ne m’avait pas remué les tripes en raison de très vieux morceaux de Pink Floyd, la deuxième, en revanche, faite de morceaux plus récents autour de Dark side of the moon m’avait bien plu. Dix ans plus tard, la machine est désormais bien huilée et à dix sur scène (batterie, guitares-chant, 3 choristes de haut vol, un sax fantastique, et un synthé-clavier qui dirige tout) avec des décors inspirés des « authentiques », le show a vraiment de l’allure. Assis et masqué, le public de tout âge a savouré ces 2h 30 de Pink Floyd tous azimuts avec gourmandise et une belle émotion.
JPEG Car outre la grande qualité des morceaux et leur superbe interprétation, retrouver enfin le plaisir d’être réunis dans une salle de spectacle était d’une émotion si forte que bien des yeux se sont embués aux premières notes de Shine on you crazy diamonds et durant les envolées lyriques des trois choristes du groupe. Bon sang que c’est bon de pouvoir vibrer enfin sur des notes de folie à vous décrocher les étoiles. Ça nous manquait tellement de rêver !


 JACK BON & THE BUZZMEN

PREMIERS INVITÉS DE DISTRICT BLUES À L’EDEN D’ORAISON DEPUIS DEUX ANS JPEG - Nous l’avions reçu pour notre 16 ème et ultime festival Blues & Polar au Parc de la Rochette à Manosque en 2017. Un concert formidable du bluesman-rocker lyonnais Jack Bon pour une soirée d’adieu et un break de deux ans pour Blues & Polar avant de renaître en 2019, via « Les Voix de Toutes-Aures » toujours blues et toujours polar, mais sur le site merveilleux de la chapelle des hauteurs disposant d’un panorama incroyable. Pour Gilles Boncour et sa bande d’Eden District Blues, la musique aura été la même avec deux années de silence à l’Eden, mais pour cause d’effondrement du toit de la vieille salle oraisonnaise, puis le Covid 19 dans la foulée. Autant dire que dimanche, même si tout le monde était heu-reux de se retrouver dans cet antre voué au blues et à l’amitié, il y avait comme un voile de mélancolie dans l’air, à écouter ces morceaux qu’on connait tous, mais assis, masqués et gelés, car il n’y avait pas encore de chauffage ; les gros travaux n’étant pas terminés après un long imbroglio entre structures municipales et communautaires. Mais « On the road again » comme disait Canned Heat…. Jack Bon qui a eu son heure de gloire avec Ganafoul dans les années 70 évolue désormais avec Yves Rotacher (ancien batteur de Ganafoul et pote de toujours), Antoine Piedoz à l’harmonica, et ce dimanche, avec l’excellent bassiste Pierre Garcia qui jouait avec eux pour la première fois. Et l’on a eu droit à tous ces morceaux estampillés des monstres du blues roots venu des racines des champs de coton ou des usines de Chicago que sont Howlin Wolf, Robert Johnson, Chuck Berry, Freddie King... et que l’on retrouve sur leur album « Love, Peace, Rock & Roll ». Spoonfull, Around & around… nous ont remonté un moral plutôt dans les chaussettes depuis deux ans ; mais Eden district blues - comme Blues & Polar - a toujours l’idée de l’éducation populaire en tête et de la fête ; et le blues est une sacrée leçon de fraternité pour ça. Musique de toutes les émotions et du partage, le blues reste la musique des racines, celle qui a donné naissance à toutes les autres.

Jean-Pierre Tissier

 SLIM PAUL AU K’FE’QUOI À FORCALQUIER (04)

LE BLUES ENSORCELANT D’ UN INDIEN DANS LA VILLE JPEG Avec le mythique titre "Baby please don’t go » de Van Morrison, c’est à un véritable périple, style On the road again sur la route du Bayou et du blues des Amérindiens, que nous a convié samedi soir l’étonnant Slim Paul venu bénévolement soutenir le K’Fé’Quoi de Mr Brown et sa bande qui depuis 25 ans se battent pour maintenir une Culture éclectique digne de ce nom en Haute-Provence. Car on n’y est pas des ploucs !!! dixit Bruno Lévy, grand philosophe humaniste. Costume sombre emprunté à Chaplin, Robert Johnson et Tom Novembre, Toulousain aux mots rocailleux grandi aux States, Slim Paul et ses deux superbes complices , extirpe avec parcimonie des notes lancinantes de son dobro argenté et nous entraine inexorablement dans un univers à la limite de l’envoutement et de l’ensorcellement, comme si son médiator devenait tomahawk pour libérer toute la colère contenue – mais pas toujours - des sioux, Comanches et autres Cheyennes… face aux envahisseurs venus du Nouveau monde… Pendant deux heures, l’homme au chapeau a égrené des riffs bien à lui avec une voix qui porte et des mots qui touchent au cœur. Et il y avait pour l’occasion dans la salle bien des « dinosaures » du blues ayant fait l’actu musicale des années 80-90, comme sortis de leur placard et heureux de se retrouver. Comment pourrait-on oublier le K’Fé’Quoi ?

Jean-Pierre Tissier

* Photos J.-P.T


 JEAN-GILLES CHARVOT & MARIUS ASHTRAY

ENFLAMMENT LE CAFÉ DU COURS À REILLANNE (04) - Leur union musicale est toute récente, et pourtant l’hyper-chevronné saxophoniste de jazz tendance plutôt free Jean-Gilles Charvot, et le jeune guitariste-chanteur de blues Marius Ashtray donnent l’impression d’évoluer ensemble depuis des lustres... Tout comme la jeune choriste-chanteuse Yvonne qui remplace la batterie avec son simple tambourin, très seventies, donnant à l’ensemble un mix aux sons variables allant du Grace Slick de Jefferson Airplane aux rythmes de Renaissance. En passant par le fameux son du poulet (The chicken) si cher à Chuck Berry, donnant à chaque fois au rocker défunt l’occasion de caqueter tout en remuant ses "crazy legs"... JPEG En effet, aussi étonnant que ça puisse paraître Marius Ashtray, Parisien bon teint adorant la Haute-Provence est un orchestre à lui tout seul. Il chante, fait le soliste, le bassiste et la guitare rythmique.Incroyable d’efficacité et de générosité, au point de jouer dans la foule avec le public déchaîné, puis sur le bar, reprenant John Lee Hooker, Van Morisson, Muddy Waters, Howlin Wolf.....Il transforme ainsi un blues des racines souvent très spleen, voire mélancolique en une joyeuse musique qui a fait lever le public nombreux du Café du Cours jusqu’à plus soif. "Standing ovation" SVP après une tarentelle de folie aux airs de tarentule du bayou. On attend maintenant du Janis Joplin pour compléter le panel étonnant d’Yvonne aux pieds nus, qui au fur et à mesure de la soirée s’est avancée petit à petit jusqu’au devant de scène pour chanter plusieurs standards dont l’éternel "Fever" de Peggy Lee pour chavirer le public. On est impatient de les revoir..

J.-P.T

* Café du Cours à Reillanne 0492 76 53 84 et 07 50 91 50 76. Concerts toute l’année. Consultez le programme complet sur internet.


  *** LA Cie RASSEGNA

Bruno Allary fait scintiller les étoiles au Théâtre Durance
JPEG "Il sole non si muove" album de la Compagnie Rassegna a été enregistré en 2017 au Théâtre Durance. Paru chez Buda Musique, il a obtenu le Coup de cœur Musiques du monde de l’Académie Charles-Cros, en catégorie Création.
- Entre Méditerranée et Channel, Alger-la-douce et le Royal consort à Westminster, la Cie Rassegna née à Marseille il y a vingt ans déjà sous l’impulsion de Bruno Allary, nous a embarqués, au Théâtre Durance de Château-Arnoux-Saint-Auban, sur un radeau du XVIème siècle arrimé sur la rivière chère à Giono, avec des notes comme volées à la maraude au fil du temps, pour en reconstituer une musiques sans âge, mais non sans âmes, merveilleuse et enchantée à la fois.
Au cœur d’une nuit étoilée et scintillante, mille bougies brulant dans nos têtes, la Fender électrique de Bruno Allary répondait aux accents graves de la viole de gambe de Mireille Collignon, avant de céder la place aux sons mélodiques, enroués et mystérieux des flutes kaval de l’immense Isabelle Courroy, également flûtiste du légendaire groupe Aksak. Les étiquettes musicales volaient alors dans le simoun des archets, on allait du folklore traditionnel de Tlemcen porté par le oud algérien de Fouad Didi, aux sons très seventies de l’époque Soft Machine, Gwendal, King Crimson et autres Jethro Tull….
JPEG Et pourtant, ce sont des pavanes pour luth, des frottolas italiennes, des pièces pour viole ; des hawzi, et même un texte occitan de Bellaud de la Bellaudière en passant par un ida y vuelta final venu du Portugal que nous ont offert les trois voix magiques de Mandy Lerouge, Sylvie Paz et Caroline Lotta. Trois voix (et percussions !) à l’image d’un harmonium humain, vibrant de tous ses composites. Parfois voilée, enrouée, pleine d’émotion, telle Billie Holiday dans « Strange fruit » via Carline Lotta ; tantôt d’une pureté exquise à l’instar de Sylvie Paz dans « Vale diva, vale in pace » datant de 1504 ! Ou carrément enchanteur avec Mandy Lerouge frappant en même temps son grand tambour indien comme une squaw sur un nuage. Mais si tout fonctionne comme par enchantement, c’est que deux métronomes de talent - Thomas Bramerie (contrebasse) et Bruno Allary (guitares multiples) – assurent un cap déterminé mais tout en finesse à l’ensemble. Du rêve sur un ruisseau de rigueur.

Jean-Pierre Tissier

* Photos J.-P.T


 Shadi Fathi, Maryam et Bijan Chemirani

Deux magiciens du blues iranien
JPEG - L’affiche proposée dans l’étonnant lieu culturel qu’est la Campagne Saint-Jean perdue dans la colline à Revest-des-Brousses était royale . Et la petite salle d’une capacité de 70 personnes, plus que complète.
Certains spectateurs ont même écouté à l’extérieur, la tête dans les étoiles, ce premier concert gratuit de la Tournée de l’Avent organisée par le Département des Alpes-de-Haute-Provence, et qui en compte 13,comme les Treize desserts, d’Annot à Lardiers en passant par Reillanne, jusqu’au 19 décembre. Car pour ceux qui connaissent toute la subtilité de cette musique iranienne dont les accents rappellent parfois le jeu de Crosby, Still & Nash dans "Marrakech Express", voire certaines tonalités des voix d’América ou des Stones dans les années 70-80, l’enchantement est au bout du chemin. Ça commence toujours sur le bout des doigts. Les notes cristallines tirées du setar magnifique, au long manche effilé de Shati Fathi résonnent avec délicatesse, puis le zarb de Bijan Chemirani entre en action doucement, tel un nuage qui passe. Quelques frappes de la paume de la main, puis des caresses sur la peau tendue, transforment les sons en nuances innombrables qui finissent par s’accorder avec les notes de Shati Fathi. JPEG On est sur un tapis volant, en partance pour le pays du rêve, tant ces notes frappent l’imaginaire au point d’en arriver à faire parler le silence. .. Puis Maryam Chemirani, voix joliment éraillée et délicate à la fois vient les rejoindre pour deux morceaux chantés comme des blues venus des profondeurs de la Terre ; sans frontières entre la saudade et le gospel ; deux chants porteurs de l’universalité du monde, que la musique et le chant perpétuent depuis la nuit des temps. Superbe !

Jean-Pierre Tissier

* Photos J.-P.T


 LAURENCE VILAINE et BIJAN CHEMIRANI

au Prieuré de Vachères (04).
JPEG - Aussi étonnant que cela puisse paraître, accompagner une lecture de texte, était une grande première, mercredi soir à Vachères, pour l’expérimenté percussionniste Bijan Chemirani, dont le parcours très éclectique l’a déjà mené aux côtés de Sting, du grand vioncelliste Jean-Guihen Queyras soliste de l’orchestre contemporain de Pierre Boulez, du saxophoniste jazz et classique Raphaël Imbert, de la chanteuse méditerranéenne et occitane Marion Rampal… sans oublier le patriarche du zarb qu’est son père dans le monde entier : Djamchid Chemirani.
JPEG Pour cette expérience sous les vieilles voutes en ogive merveilleusement restaurées de Saint-Christophe, il avait à ses côtés Laurence Vilaine auteure du roman « La Grande villa » écrit en 2016 lors d’une résidence à Marseille. JPEG "Je venais juste de perdre mon père, nous a-t-elle confié juste avant d’entrer en scène. Avant, je l’appelais tous les soirs au téléphone. J’ai tout emmagasiné dans ma tête, et en me retrouvant seule dans cette grande villa marseillaise pour écrire, j’ai tout lâché et tout mis dans ce livre. »
Autour de ces fenêtres et de ces portes que Laurence Vilaine laisse toujours ouvertes dans la grande villa, on voyage dans un univers de questionnement... Bijan s’y insère, au creux des mots avec ses instruments de musique traditionnelle persane que sont zarb, daf, oud, saz… auxquels viennent s’ajouter quelques autres boites à musique insolites trouvées çà et là, et qui amplifiées tirent par magie électrifiée vers les sonorités du blues et de la cora malienne. En enveloppant les mots de La Grande Villa, en les caressant, Bijan Chemirani donne vie au texte scandant les chapitres comme un feuilleton radiophonique. Et le décor des vieilles pierres de Vachères burinées par le temps et le soleil n’y est pas étranger… Un très beau moment propre aux petites soirées, loin des grosses machines estivales. Merci au couple Plouvier qui a restauré ce lieu depuis des années avec amour et passion pour les arts de nous en faire profiter. C’était la dernière soirée de l’été au prieuré. Que Saint-Christophe veille sur ce lieu béni des dieux...

Jean-Pierre Tissier

 DON BILLIEZ FIGURE DE PROUE TONITRUANTE DU FESTIVAL LEZ’ ARTS O’ SOLEIL À LA BASTIDE-DES-JOURDANS (84)

JPEG Faute du château de La Tour d’Aigues lui ayant préféré quelques pas de danse dans le noble cadre, Michel Billies - alias le saxophoniste Don Billiez - a rameuté les frérots de la zique pour prendre place dans l’aire de jeux pour enfants de La Bastide-des-Jourdans, où le village et le Cercle Républicain lui ont ouvert les bras.
Rien d’étonnant à ça, lorsqu’on connaît le charisme du bonhomme inspiré par les grands saxs que sont Isaac Hayes, King Curtis, Junior Walker mais aussi Coltrane ou Sonny Rollins et qui a accompagné Paul Personne, Bashung, Touré Kunda entre autres... Rien d’étonnant non plus de retrouver en ce samedi soir, de très grosse chaleur, les fadas marseillais géniaux de MonVier et quelques autres du même type issus du K’Fé’Quoi de Mr Brown et de l’association Aix Qui à la Technique. JPEG Et voilà comment le mot festival (fête en été) prend tout sens avec un bon verre de Marrenon en main, une tartine de pain frotté aïl-tomates comme à Barcelone, un morceau de pastèque.... et la voix merveilleuse de Atef, proche de celle de Youssou N’dour qui résonne sous les pins tandis que le sax de Don Billiez salue la lune rousse.... Si le bonheur a un visage il ressemblait bougrement à cette belle soirée toute simple chaleureuse, marrante près du bar, et de haut niveau musical sur scène néanmoins. JPEG Plusieurs centaines de spectateurs aux anges ont assisté aux prestations de Don Billiez et ses potes, dans la chaleur de la nuit (In the heat of the night...comme le chantait merveilleusement Ray Charles) , tandis que les cigales déraillaient sur des riffs électro improvisés... On est pas bien, Tintin ?

J.-P.T

 LE GROOVE DE JAMIROQUAI MET LE FEU AUX ARÈNES DE NIMES

JPEG - Plutôt rare, voire parcimonieux en France, Jamiroquai ne s’y est produit qu’en 2010 - déjà dans les arènes de Nimes - puis en 2011 à Paris-Bercy, et en 2013 aux festivals de Belfort et d’Argelès -sur-mer.... Autant dire que la rareté fait toujours recette, et que les arènes de Nimes étaient pleines à craquer en ce 12 juillet caniculaire, sur le coup de 22 heures, quand Jay Kay et sa formation de dix musiciens et choristes sont apparus sur scène... précédés à la sono du légendaire et prémonitoire "Superstition" de Stevie Wonder, comme dans un rappel à la référence incontestable du groove qu’est l’ancien prodige de l’harmonica chromatique...
Un Band impressionnant avec ses habituels batteur et percussionniste ceinturés d’une cage acoustique, et un guitariste de feu : Rob Harris ! JPEG
JPEG Deux heures de groove et de funk. Deux heures de notes de guitare qui "cocotent" frénétiquement, lancinantes et incantatoires, à l’image du mythe James Brown et son Famous Flames des années 60. Avec un Jay Kay monté sur ressort auréolé de sa coiffe iroquoise multileds qui sublime la foule à chaque regard, avec sa voix de haute tenue...JPEG On est certes presque toujours sur le même rythme, mais c’est le funk qui veut ça, et il aura bien fallu une mi-temps (45 mn) pour que la nuit tombée, le son s’arrondisse et perde de son agressivité du départ et de ses décibels inutiles (limite à 100 Dcb - respectée religieusement par Scorpions - dans les concerts pour l’avenir de nos oreilles), mais impossible néanmoins de rester immobile en écoutant cette musique née dans les années 90 qui a dû beaucoup inspirer Pharell Williams pour son fameux "Happy"....JPEG À minuit, après un rappel, et une belle ovation, Jamiroquai saluait longuement le public et prenait la route du Festival de Montreux en Suisse pour y célébrer le 14 juillet. L’itinérance pour guide ; c’est désormais à Stuttgart (Allemagne) le 18 juillet et le 8 septembre au Forest hills de Queens (USA) que vous pourrez les voir sur scène. Si vous aimez les voyages, faites comme eux !

J.-P.T

PHOTO

 « Contemplation » de Matthieu Ricard & Simon Velez à Arles

JPEG JPEG - Dans le cadre des Rencontres photographiques d’Arles, 40 photographies de Matthieu Ricard, médiatique moine tibétain dont la spiritualité est un vrai bonheur sont exposées jusqu’au 23 septembre dans un lieu magnifique et éphémère de 1000m² réalisé entièrement en bambou selon une technique ancestrale, en lien avec l’environnement et le recueillement. C’est ce que l’on ressent en entrant dans ce lieu tempéré naturellement, quelle que soit la température extérieure, et où l’on n’entend que des chuchotements tant les clichés de Matthieu Ricard nous touchent avec douceur, et sincérité.
Outre la beauté des sujets traités dans le monde entier entre 1983 et 2017, c’est la profondeur des clichés qui surprend l’œil même averti, tant les personnages et les paysages sont magnifiés par des tirages imprimés sur du papier parchemin Awagami. JPEG Un trésor culturel japonais produit depuis 1400 ans et qui donne un relief étonnant à ces coups de cœur choisis pour le public du monde entier, car après Arles, tout sera démonté puis assemblé ailleurs pour témoigner que la sagesse, le partage et l’amour devraient pouvoir guider ce monde totalement fou dans lequel on vit. « Contemplation » nous permet de ressortir un peu meilleur et apaisé… Jusqu’à quand ?

J.-P.T

  SCORPIONS À TOULON

JPEG JPEG JPEG - Le groupe allemand Scorpions dont le fameux "Still loving you" continue de faire le tour du monde depuis les années 70, était en concert ce 28 mars 2018 à l’Omega Zénith de Toulon. Blues & Polar y était ! JPEG Scorpions que nous avons déjà vu à Nice, à Montpellier peu après le massacre du Bataclan et aux arènes de Nîmes l’été dernier, est toujours aussi spectaculaire et généreux sur scène. Et toujours la voix fantastique de Klaus Meine ! JPEG
- En 2017, le show est toujours parfait et file le frisson quand Klaus Meine charismatique chanteur de Scorpions met le drapeau bleu-blanc-rouge sur ses épaules. Magique ! JPEG JPEG JPEG img6079|center>


SCORPIONS CŒUR TRICOLORE À MONTPELLIER

JPEG JPEG - Énorme émotion et cœur qui a battu fort la chamade à l’envi, quand Scorpions qui fête cette année ses 40 ans de scène, a entonné "Hère i am !" (ici, je suis !) repris en chœur par les 6000 spectateurs de l’Arena de Montpellier avec en fond de scène le drapeau tricolore, et une Tour Eiffel reprise dans le vieux graphique "Peace & love" de la Guerre du Vietnam, quand Joan Baez et Bob Dylan étaient nos apôtres de la paix. Un instant très fort et magique qui a transcendé le public, yeux embués pour beaucoup, car le peuple de France a besoin de soutien pour vaincre sa peur après la folie des attentats meurtriers de Paris et le massacre innommable du Bataclan. Mais quand ce soutien là - à l’image du World trade center illuminé aux couleurs de la France - vient d’au-delà nos frontières, il n’en a que plus de prix. Merci à vous Scorpions d’être bien plus que des stars.... Des citoyens du monde avant tout ! JPEG JPEG JPEG JPEG
JPEG Reportage photos J-P.T.


 EUROPE

QUELLE BONNE SURPRISE !
JPEG - En première partie de Scorpions,nous avons eu le plaisir de retrouver sur scène, Europe, groupe suédois des années 80 dont le chanteur faisait (et toujours !) fantasmer les midinettes, et le titre "The final countdown" s’est vendu par millions. Celui-ci sert toujours d’indicatif à de nombreux rendez-vous sportifs. Leur nouvel album est sorti le 27 novembre. C’est un "live" enregistré au festival de Wacken, cette année. On les retrouvera sur France 2 le samedi 12 décembre à 20h 45 dans le cadre de l’émission de Patrick Sébastien "Les Années bonheur". Vrai qu’on en a bien besoin.

J-P.T

 JEAN-FÉLIX LALANNE

JOUER COMME DADI : UN RÊVE DEVENU RÉALITÉ
JPEG - Le 17 juillet 1996, il y aura vingt ans cette année, le Boeing du vol 800 de la TWA qui venait de décoller de New York à destination de Paris explosait au-dessus de la mer faisant plus de 220 morts. Parmi eux, le grand guitariste folk français Marcel Dadi qu’on surnommait alors le "Roi du picking".
Le guitariste marseillais Jean-Félix Lalanne que Dadi avait reçu dans sa loge lors d’un concert au Gymnase à Marseille, alors qu’il avait 13 ans seulement, a voulu honorer la mémoire de cet immense compositeur-pédagogue à qui il doit tout ; même un passage à l’Olympia en vedette avec lui en octobre 1988, et des passage"morts de rire" chez Drucker dans l’émission Champs-Elysées. C’est toute une époque, de sa chambre de gosse travaillant les tablatures jusqu’au drame, que montre Jean-Félix Lalanne devenu un virtuose de la guitare au même titre que Paco De Lucia, dans ce spectacle baptisé "ma Guitare à Dadi". JPEG - Présenté en avant-première dans la région à l’espace des Arts du Pradet, devant une salle archi-comble, c’est un triomphe mérité qu’a reçu Jean-Félix Lalanne, qui a su nous remettre en mémoire, avec émotion et humour, les compositions et accords de Marcel Dadi, prémices délicieux et sensuels aux harmonies des Crosby, Stills & Nash, América et autres Eagles. Du grand art !

J-P.T

  LE GRATIN DE LA GRATTE ENFLAMME LE DÔME À MARSEILLE

Robben Ford, Axel Bauer, Larry Carlton, Nono de Trust, Dan Ar braz, Paul Personne, Mickaë Jones, Christopher Cross... un band de feu réuni par Jean-Félix Lalanne. Grandiose !!! JPEG JPEG - Le guitariste marseillais Jean-Félix Lalanne est connu dans le monde entier et en particulier au Japon, pour sa virtuosité des plus éclectiques qui soit. Mais aussi très près de chez nous, en Provence, pour sa générosité d’âme. Ainsi, en mai 1984, Jean-Félix est venu jouer - gracieusement - sur scène à Salon-de-Provence, au stade de Bel-Air, après une simple interview que j’avais effectuée de lui pour Le Provençal, dans les studios de Radio Centuries., et une discussion inattendue et amicale.
C’était dans le cadre de la première Fête de la Croix-Rouge française où de nombreux footballeurs professionnels de l’OM (Bracci, Buigues, Flos...) Istres, Avignon, Boulogne-sur-mer, Cannes... étaient venus apporter bénévolement leur concours pour un grand match de gala face à l’Aérospatiale de marignagne vainqueur de la Coupe de France corporative. JPEG Le but était de recueillir des fonds pour financer l’opération de la petite Aurore (une double greffe cœur-poumons) à Londres par le professeur Yacoub.
Un pari gagné avec 1670 entrée payantes au petit stade de Bel-Air et 50 000 francs à la clé ! Le soir, Jean-Félix Lalanne avait accompagné tout naturellement Georges Chelon (venu jouer au foot) sur scène, avec sa guitare. Deux très grands messieurs !
JPEG Mais depuis quinze ans, Jean-Félix Lalanne a pris l’habitude de réunir sur scène - à L’Olympia de Paris d’abord - ses potes du "gratin" de la guitare tous styles du monde entier. Mais vu son succès, "Autour de la guitare" est parti pour la première fois en tournée en 2015, et a fait halte hier soir au Dôme à Marseille. Chez Jean-Félix, Marseillais de naissance. Sans Johnny Clegg hospitalisé à qui tout le monde souhaite un rapide rétablissement. Sur scène : Robben Ford, Norbert Krieff (le Nono de Trust), Larry Carlton, Christopher Cross, Axel Bauer, Dan Ar Braz, Paul Personne... et un band de potes moins connus certes, mais très efficaces qui ont porté la soirée à bout de bras. 3 h 20 de spectacle et d’émotion ! Et des moments d’anthologie avec ce final incroyable réunissant côte à côte Jean-Félix Lalanne, Nono de Trust, Axel Bauer, le prestigieux Larry Carlton, Dan ar braz (l’ancien guitariste d’Alan Stivell), Christopher Cross, Mickaël Jones (complice de Goldman), Paul Personne... JPEG ..et le maître Robben Ford pour une version chantée de "I don’t need a doctor". Et personne n’en avait d’ailleurs besoin hier soir, tant ce gratin de la guitare mondiale a distillé du bonheur jusqu’au bout des doigts. Les superlatifs seraient superflus ; il fallait voir ça ! Le feu sur scène avec une complicité et un respect évidents. JPEG Ça valait bien un rappel autour de minuit, et un bel hommage de Jean-Félix Lalanne, au grand guitariste français Marcel Dadi, le roi du picking, décédé accidentellement le 17 juillet 1996, au dessus de Long Island, dans le crash du Boeing de la TWA venant de décoller de New York. Merci à tous ces marchands de rêve que sont les musiciens !

Jean-Pierre Tissier

  DAVID GILMOUR À ORANGE : GRANDIOSE ET MAGIQUE !

JPEG - Le théâtre antique d’Orange dévolu à l’opéra, archi-plein à craquer, c’est une vision dantesque et complètement féérique à voir au moins une fois dans sa vie. Comme si des elfes bougies en main (portables allumés en l’occurrence) avaient envahi par milliers les vieilles pierres chauffées par le soleil, enfin revenu sur la Provence. Pas aisé de gagner sa place dans un tel débordement de ferveur, mais avec obstination, après une longue file d’attente aux allures interminables - mais sereine - le Graal est atteint, juste à l’heure. Le temps de s’asseoir. Premières notes ! Le noir se fait dans le théâtre antique. Silence, puis explosion à l’apparition du magicien Gilmour. Un rai de lumière rouge le ceint comme un halo venu du ciel. Un croissant de lune, clin d’œil à Dark side of the moon, apparaît sur la gauche du Mur romain géant, paradis traditionnel des divas (Nathalie Dessay, June Andersson...) transformé pour l’occasion en monstre de technologie moderne. Les cinq notes magiques de la SNCF annonçant une info retentissent alors comme par enchantement. L’idée géniale née d’un coup de cœur dans la gare d’Avignon pour Gilmour. Et c’est parti pour deux heures de concert... et 20 minutes d’entracte. Au final, une explosion de notes magiques avec des solos de folie d’un Gilmour toujours aussi imperturbable mais fort bien entouré. JPEG Steel guitar, clarinette, sax, flûte traversière, accordéon, contrebasse, mandoline.... C’est un vrai bazar musical dont Gilmour aime à se servir à l’envi. Anciens titres sortis de la poussière des seventies, et extraits du mythique The Wall plus que jamais d’actualité aujourd’hui rejoignent les nouveaux morceaux du CD en vente le lendemain dans les bacs. Grandiose et magique !

J-P.T

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  ZACHARY RICHARD AU CHATEAU DE LA TOUR D’ AIGUES

Comme un souffle de liberté sous les étoiles....
Une scène basse implantée au cœur du château mystérieux de La Tour d’Aigues. Un ciel étoilé et pur, encore chaud des braises de l’après-midi brûlant. Le Louisianais Zachary Richard, entre Francofolies de La Rochelle où il était invité, et son envol pour le Canada, a répondu à l’invitation lancée "sur le pouce"par Michel Billies, saxophoniste émérite de Paul Personne, Bashung, Touré Kunda et bien d’autres... mais également organisateur du festival Lez’Arts O Soleil. Costume gris à rayures, chemise blanche entrouverte, Zachary Richard tranche aujourd’hui avec l’image rebelle de l’homme au béret à l’envers façon Che Guevara venu enflammer le théâtre Jean-le -Bleu de Manosque dans les années 90. Elégance discrète entre Alain Chamfort et Etienne Daho, cheveu court et gris désormais, notre lointain cousin des Amériques n’a cependant perdu ni son punch, ni sa foi en le public. Lui qui me confiait - il y a 25 ans (très tard dans la nuità la MJC de Manosque) - dans les colonnes du quotidien Le Provençal : "Tu sais, si le public ne se lève pas c’est pas bon. La finalité, chez nous en Louisiane, c’est avant tout de faire danser le public !" Et celui de La Tour d’Aigues, ne s’est pas privé de répondre à l’invitation.

Il faut dire que le fameux rock-blues teinté d’humour baptisé "Crow fish" distillé par Zachary et son super guitariste Jeff Smorlowe, pour l’occasion, a eu le don de donner des ailes dès les premiers accords. Zac sous les étoiles, ce fut aussi l’occasion de se souvenir que la Louisiane a beaucoup souffert ces dernières années avec l’ouragan Katrina qui a ravagé la Nouvelle-Orléans, et les 800 millions de litres de pétrole qui ont coulé dans le Golfe du Mexique, avec son pétrolier, il y a cinq ans.
L’occasion pour le poète rocker d’employer son harmonica et de distiller des notes bluesy superbes comme un Mark Feltham (Nine bellow zero) et d’entonner un émouvant cri nommé "Fou de bassan", premier oiseau à être tombé dans les flaques mortifères du pétrole abandonné... "Some day, i’m goin home" nous a rappelé combien le barde à la voix enchantée apprécie depuis toujours les harmonies façon Crosby, Nash, & Young.
Avant de clôture évidemment, par son succès mondial "Travailler c’est trop dur" dont on oublie souvent le 2e commandement "Mais voler c’est pas beau", repris en choeur par la foule, puis d’offrir en cadeau "Je m’appelle Jean Batailleur". Une soirée d’été comme on les aime, où le mot festival retrouve son sens originel. Et le château de La Tour d’Aigues, formidable bâtisse à ciel ouvert, n’y est pas pour rien !

J-P.T

 ORAISON : LES 20 BOUGIES ÉTINCELANTES DE MERCY

- Grand moment de fraternité musicale comme seul sait les susciter Jean-Paul Avellaneda, charismatique leader de Mercy, samedi soir à l’Eden d’Oraison, plein comme à ses plus belles soirées. Vrai que vingt ans de scène pour un groupe fer de lance des Alpes-de-Haute-Provence, ça se fête ; et avec des invités prestigieux de surcroît. Jean-Paul qui a traîné ses santiags sur toutes les scènes blues de la planète quasiment, a lancé le voodoo train façon boogie dès les premières notes et n’est arrêté que pour deux blues lents qui vous remuent les tripes à chaque fois. Et il suffit de suivre ses mains et ses yeux pour voir que le surnom de Mister Blues lui va comme un gant, tant il vit cette musique qui vient de l’âme jusqu’au plus profond de ses tripes. Christophe Casanova, vieux complice harmoniciste, Leadfoot Rivet et sa voix incroyable, le prestigieux Larry Garner qui avait tenu la scène du Parc de Drouille lors de "Jazz à Manosque", et Franck Marco batteur originel de Mercy - aujourd’hui de Saul et Charlie Winston - étaient de la fête.
On a apprécié la version folle de "Buzz on téléphone" un des premiers morceaux de Mercy avec Franck Marco aux baguettes. Une version dingue qui nous a fait penser à l’énergie légendaire de Doctor Feelgood tant il y avait du punch dans les cymbales.. Mention "super" également à Sébastien Antonioli, bassiste de Mercy qui a semblé comme piqué par une mouche ayant tutoyé Led Zeppelin lors d’un solo de basse de folie. Happy birthday Mercy !

J-P.T


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