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Le 16eme festival Blues & Polar aura lieu le samedi 24 août à la chapelle de Toutes-Aures sur les hauteurs de Manosque (04). Consultez le programme complet dans l’onglet NEWS


Articles de cette Rubrique


- ON A LU... ET ON A AIME

ON A LU... ET ON A AIME

 JE NE T’OUBLIE PAS de Sébastien Didier

(Editions Hugo Poche)
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Bellevue Park. Ses villas d’architecte, ses espaces verts, ses prestations luxueuses... Pour Marc Vasseur, c’était un rêve. Mais lorsque sa femme disparaît en ne laissant qu’un simple SMS pour toute explication, le rêve tourne au cauchemar. Les autorités ne tardent pas à classer l’affaire. ...
"Des montées d’adrénaline en série, comme une suée abondante après cinq étages gravis au pas de course, un suspense haletant récurrent et hyper dosé qui tombe - comme par hasard – à la fin de chaque chapitre, nous obligeant illico à dévorer de facto, les nombreuses pages suivantes…

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Avec « Je ne t’oublie pas », Sébastien Didier nous emmène dans un univers proche du « Psychose » d’Alfred Hitchock et du terrifiant « Shining » de Stephen King porté au cinéma par Stanley Kubrcik avec un Jack Nicholson diaboliquement satanique… Ajoutez-y des clins d’œil à Led Zeppelin, les Doors, ou Aérosmith, et vous avez là, tous les ingrédients pour régaler un adepte de Blues & Polar passionné par l’étude de la société, et de ses cruautés au travers du roman noir... On pénètre ainsi au cœur d’une fange mafieuse, suant du fric à grosses gouttes, hors du monde et de la morale, avide de pouvoir, et dont les bas-instincts sont ancrés dans la rage et le comportement de bêtes fauves, sans aucune pitié, et qui ne pense qu’à satisfaire ses propres égos. On débarque alors dans un monde parallèle et discret qui surgit toujours quand on ne l’attend pas, avec chaque fois une violence inouïe et une perversion insensée venue des tréfonds des ténèbres, comme un pacte signé avec le diable pour pouvoir habiter dans le lotissement de l’horreur à Saint-Clair.
Il y a du Karine Giebel dans ce roman sidérant et hypnotique et on ne peut souhaiter que le même destin à Sébastien Didier. Ce « Je ne t’oublie pas » en a toutes les caractéristiques. Hugo : Thriller a décidément bien du flair dans le choix de ses auteurs !"

Jean-Pierre Tissier

« A partir du moment où tu commences ce livre, tu ne le quittes plus ! Tu veux savoir où est passée cette mère de famille … A-t-elle été enlevée et placée dans un réseau de prostitution avec la mafia ?
J’ai adoré ce livre, bien trop vite lu… »

Muriel Gaillard

 « QUI A TUÉ L’HOMME-HOMARD ? »

de Jean-Marc Erre.
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(éditions Buchet-Chastel).

– Le pitch : Margoujols, petit village reculé de Lozère, abrite depuis 70 ans les rescapés d’un cirque itinérant qui proposait un « freak show » (spectacle d’horreur) avec femme à barbe, sœurs siamoises, homme-éléphant, nain, colosse...L’histoire s’ouvre sur la découverte du cadavre atrocement mutilé de Joseph Zimm, dit « l’homme-homard ».

« Franchement, on en pince pour lui ; et pas qu’un pneu ! Jean-Marc Erre dont le nom incite à suivre les pas du Promeneur solitaire, nous propose une balade sur le chemin du délire verbal entre Bobby Lapointe, Boris Vian et Groland.
Et là, en nous faisant pénétrer dans l’univers de « Freaks » - extraordinaire film en noir et blanc de 1932 – c’est comme si l’on soulevait le coin du rideau rouge d’un vieux théâtre de province, et que l’on participe à la pièce qui s’y joue - sans y avoir été invité - , dans le rôle de l’acteur, du voyeur et du gendarme.
On jubile à chaque page tant le verbe a de la verve, et la femme à barbe, des moustaches. Freaks, c’est chic et choc à la fois, à l’image de la série totalement déjantée « Min p’tit quinquin » sur Arte où les vaches du Pas-de-Calais tombent du ciel avec un cadavre humain à l’intérieur… Manque plus que Carpentier passant par là (ça, c’est pour les initiés !).
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Mais ici, on est en plein Gévaudan, pays de la Bête jadis, la brousse de chez la brousse, comme en Berry profond ou en Picardie très sauvage, avec des cadavres démembrés, coupés en morceaux, au cœur d’une enquête cosmique menée par Julie, la fille du maire, handicapée sévère, montée sur roulettes, majeur toujours levé, mais relié à un cerveau carburant au kérosène. Et qui rêve de devenir écrivain, ou vaine comme l’enquête qui avance, piétine, re-avance, re-piétine… mais nous fait tordre de rire à chaque feuillet. Le secret des sœurs siamoises était bien gardé car même avec des jumelles infra-rouges, on n’y aurait vu que du feu…
Ah, j’en ai peut-être trop dit. Un livre formidable pour passer de bonnes vacances que François Busnel avait chaudement recommandé dès sa sortie en février, en invitant Jean-Marc Erre dans sa "Grande Librairie" sur France 5.
Gaffe quand même si vous êtes en Gévaudan ! "

Jean-Pierre Tissier

 L’ASSASSIN QUI AIMAIT PAUL BLOAS de Pierre Pouchairet

(Editions Palémon).
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- Sorti des presses le 14 juin, le nouveau roman de Pierre Pouchairet, fidèle du festival Blues & Polar, nous est arrivé cette semaine, dédicacé de l’ami Pierre. Et il nous fait retrouver la commandante Léanne Vallauri toujours à la tête de la PJ de Brest avec ses copines fans de blues et de rock.
Une nouvelle plongée vers les cimetières de bateaux et de sous-marins de l’ancienne base militaire allemande cette fois, mais aussi dans le Brest souterrain interlope du monde de la nuit. Car comme dans tous les ports (Anvers, Marseille, Toulon, Valparaiso…) il s’en passe des choses, et des meurtres au couteau, l’arme de prédilection des bars et du monde de la mer, où tout peut chavirer pour une phrase ou un faciès qui ne revient pas…
Flic de terrain, Pierre Pouchairet l’est resté jusqu’au bout de ses sens, lui qui du commissariat de Nice à la Sécurité Intérieure à Kaboul - où tout pouvait sauter au moindre souffle d’air - a vu notre monde devenir de plus en plus fou et de plus en plus violent. L’appât du gain et du pouvoir étant toujours le moteur principal des malfrats de tout poil. Pierre Pouchairet évolue là comme un poisson dans l’eau, comme un beau bar dans le rail de Sein, tant il connaît avec précision cette côte merveilleuse allant de Brest à L’ile Tudy. Et on est toujours ravi à Blues & Polar de retrouver Léanne, Vanessa et Elodie, Stratocaster en main et batterie en fond, claquer du Roty Gallagher comme au bon vieux temps de Taste et des seventies. Avec Bullfrog blues, histoire de se lâcher. Il y a des fois où l’on aimerait que la fiction soit réalité…. Histoire de les programmer à Blues & Polar 2020.

Jean-Pierre Tissier

 QUATRE MORTS ET UN PAPILLON de Valérie Allam ***

Editions du Caïman
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- C’est le premier polar de Valérie Allam paru aux éditions du Caïman animées par Jean-Louis Nogaro, venu il y a quelques années déjà à Blues & Polar.
« Quatre morts et un papillon » c’est le parcours chaotique de femmes cabossées par la vie contemporaine faite de séparations rapides, divorces, et de familles recomposées et décomposées à la fois. Un authentique roman noir ponctué de rapports amoureux passagers salutoires (ou pas !) en osmose avec le temps qui passe et s’égrène à toutes les vitesses possibles, surfant sur le tsunami des dangers habituels : alcool, drogue, viol, vol, dettes, et loyers impayés.
On y chemine au hasard des solitudes, entre jours sans fin de chacun et exploitations des malheurs de l’autre. Parfois avec difficulté (car écrit en petits caractères) pour suivre tous ces parcours simultanés jusqu’au choc extrême de la compilation des détresses qui génère la providence. Jusqu’au moment où ce roman réussi mais très noir et dans l’air du temps devient polar avec quatre morts certes, mais poésie également ! Il y a toujours des papillons peints sur les murs des pédiatries… »

J.-P.T

- « Dans son roman noir qu’est incontestablement « Quatre morts et un papillon », Valérie Allam nous entraine dans le sillage des laissés pour compte. Et ses personnages qui vont parfois jusqu’à la caricature, ont bien du mal à survivre entre addictions et obsessions... Si le style de Valérie Allam est fluide et se lit facilement, il faut du temps cependant pour se familiariser avec ses personnages liés par des situations improbables, et qui surfent vers des destins sordides, nous entrainant dans leur mal-être. Heureusement qu’une fleur de poésie pousse de temps à autre au milieu des décombres ! « Quatre morts et un papillon » ou le roman de destins tragiques.

Aude Locher

- "Livre surprenant que ce "Quatre morts et un papillon", premier polar de Valérie Allam. En effet, dès que l’on a tourné la première page, le rythme est prenant et on est obligé de continuer à feuilleter pour connaître la vie de ces quatre femmes totalement différentes les unes des autres mais qui se rencontrent au travers d’accidents de la vie... On de demande bien comment va être la fin, et finalement la surprise est totale. Pas du tout ce que l’on pensait. Je me suis régalée."

Muriel Gaillard

L’association lyonnaise Dora Suarez a décerné le 18 janvier 2019, le Prix du Premier roman Dora Suarez à Valérie Allam pour "Quatre morts et un papillon". Valérie Allam sera présente le samedi 24 août au 16eme festival Blues & Polar à Manosque.


"LES DÉMONS DE L’ÉLYSÉE" de Patrick Cavenair

Editions Ramsay JPEG JPEG
- Après Fusion froide, un premier thriller publié en 2013, Patrick F. Cavenair – c’est son pseudonyme – a proposé en 2018 une fiction envoûtante sur Mai 68 préfacée par Michel Field, La Tentation du Présent. Passionné par les différentes formes du pouvoir, il aurait été journaliste et consultant…
Avec Les Démons de l’Elysée, il nous conduit avec élégance sous les dorures du pouvoir, puis nous fait basculer dans le dédale obscur du palais de l’Elysée.
- Le corps dénudé et sans vie d’un conseiller proche du Président de la République est exfiltré du Palais de l’Elysée. Le commissaire Marchelieu est discrètement convoqué sur place, car l’enquête est délicate, et rien ne doit filtrer dans le Château et encore moins à l’extérieur. Mais un journaliste présent à l’Elysée le jour du meurtre mène sa propre enquête… Un tableau démoniaque du XVe siècle est au cœur de cette enquête parsemée des relations sulfureuses qu’entretiennent certains acteurs du monde politique…

« Voilà un roman vraiment très agréable à lire avec une intrigue bien ficelée qui nous tient jusqu’au bout. Mais il y a aussi une multitude de détails sur le mobilier de l’Elysée, le linge de l’Elysée, les tableaux qui s’y trouvent, les escaliers dérobés, les souterrains, l’abri anti-nucléaire enfouis sous terre profondément dont j’ai appris l’existence… qui sont particulièrement captivants. »

Muriel Gaillard

- "Danses macabres au Palais, ainsi pourrait se résumer cet ouvrage très excitant que l’on lit compulsivement, pour peu que l’on s’intéresse à la politique pour sa grandeur, mais aussi pour ses secrets d’alcôves qui ont émaillé la République au fil du temps, ainsi que le faisait la monarchie auparavant – pourtant issue de Droit Divin - avec autant de violence et de raffinement parfois dans les exécutions et crimes, souvent empreints de rituels alambiqués et de mystères.
Patrick F.Cavenair nous fait pénétrer dans ce palais bien gardé qu’est l’Elysée, comme dans un théâtre aux murs tapissés d’or et de velours rouge, où se cachent des couloirs, souterrains et même un abri anti-nucléaire dans les profondeurs du Faubourg Saint-Honoré. Mais la surprise la plus totale est qu’on se trouve dans des bureaux baptisés Jupiter jadis avec Emmanuel Macron soi-même et Bibi à ses côtés, tout comme les Gilets jaunes omniprésents eux-aussi. Exceptionnel et rare d’entrer littérairement de plain-pied dans du présent aussi frais (le livre est sorti début mai) au cœur d’un thriller, mais on est prévenu d’entrée par l’auteur que tous les conseillers du PR (président de la République) ne sont que pure fiction... Un moyen pratique pour venger le réel… commentait d’ailleurs récemment sur France Inter, l’écrivain-dramaturge Philippe Besson.
Et cette fiction-là nous entraîne dans des atmosphères interlopes, influencées par le tableau en trois dimensions de Jérôme Bosch « Le Jardin des délices » peint au XVème siècle, où se mêlent la luxuriance, l’harmonie jouissive et pour finir, un cloaque vomissant comme une diarrhée féconde et contagieuse. A l’image des meurtres qui vont se succéder au Palais, avec chaque fois des mises en scène folles comme ces deux oreilles coupées sur le cadavre d’un conseiller du PR, transpercées d’une lame ébréchées pointée vers le haut….Et pour nous faire comprendre que les mœurs au sommet de l’Etat laissent souvent libre cours à des rumeurs, étayées ou non, Patrick Cavenair revient – au travers de pages écrites en italique – sur les frasques sexuelles de Dominique Strauss-Kahn, le suicide de François de Grossouvre conseiller de François Mitterrand retrouvé mort le 7 avril 1994 dans son bureau de l’Elysée, l’Affaire Markovic garde du corps retrouvé assassiné après des révélations scabreuses sur Mme Pompidou, la dernière soirée de la Princesse Diana au Ritz … – non sans oublier une analyse politique très fine sur un quinquennat prenant l’eau émaillé de la fronde des gilets jaunes… Mais tout ça n’est que pure fiction…
Bref, lisez-le rapidement, car l’actualité (la vraie !) va très vite, et qu’outre la curiosité et les anecdotes il y a aussi de l’humour et de l’amour entre ces lignes bien senties ponctuées d’un vocabulaire châtié qui nous incite même à prendre le Larousse pour y découvrir des mots méconnus. Et ça, c’est toujours très enrichissant !"

Jean-Pierre Tissier

* Patrick F.Cavenair sera notre invité au festival Blues & Polar le samedi 24 août aux côtés de Karine Giebel, Valérie Allam et René Fregni


LE CAVALIER HILARE de Bob Passion

Editions Vents d’ailleurs
JPEG - Si la couverture est plutôt surprenante pour un thriller, on l’oublie très vite, vu la qualité de l’écriture et de l’intrigue abracadabrantesque qui nous arrive, surprenante comme un sac de noix descendant du 15e étage à la Castellane… On débarque alors dans une sorte de spleen underground avec un mec imbibé de tristesse profonde, toujours sur le qui-vive et une intrusion dans des mondes parallèles au-delà des générations.
Des fins de la 2e Guerre mondiale dans la spirale un peu folle de 1943 sur le front russe, à la période actuelle dans les plaines d’Afghanistan et d’Ouzbekistan avec des terrains de culture de l’herbe grands comme des stades de foot, tenus par les Talibans. Certains d’entre-eux ayant grandi dans les quartiers nord de Marseille avant d’arriver ici via des parcours incertains et radicalement islamisés.
Et pour planter le décor de manière plus surprenante, on débarque pour de bon à Marseille – millésime 1983 - avec ses quartiers mêlant pauvreté, abandon, oubli et néanmoins solidarité entre paumés de la vie.
Rien de commun à première vue entre ce soldat nordiste perdu dans la steppe d’Ukraine planqué sous une chenillette explosée et des junkies défoncés et plein de dope du matin au soir en écoutant les Clash et les Ramones dans des squatts…
Et pourtant, c’est une tranche d’histoire du monde que délivre Bob avec Passion. La géopolitique en tout premier plan, telle une leçon explicative sur un autre ailleurs, empreint d’une grande limpidité. Comme l’a longtemps fait Bernard Guetta – le frère de David – chaque matin sur France Inter, avec beaucoup d’humanité et de lucidité surtout.
On y suit Jacques rescapé miraculeux de la tourmente guerrière du IIIe Reich mais dont la mémoire flanche parfois… La Vodka, présumée coupable au banc des accusés !
« C’était juste un dimanche où l’on avait grillé des chevaux ». De cette phrase étrange l’homme qui a conservé son treillis et son casque lourd, guettant l’ennemi sous la mitraille nous entraine à la recherche du temps perdu… et d’un trésor de lingots d’or enfouis sous une chenillette blindée !
C’est l’occasion de réviser son Atlas de géographie tout en comprenant l’évolution souvent contradictoire du monde.
Une aventure passionnante dont on se fait le film à chaque page avec des moments de nostalgie savoureux, comme ce moment magique où les photographes des années 70, chevaliers de la pellicule et du labo révélaient une image noir et blanc dans l’hyposulfite de sodium, la manipulant délicatement avec des pinces caoutchoutées, soufflant parois sur une zone pour faire monter les gris… « Le cavalier hilare » met du temps à faire apparaître toutes ces demi-teintes qui font le sel de ce roman ; mais l’aventure est si belle.

Jean-Pierre Tissier

 " TOUT CE QUE TU VAS VIVRE" de Lorraine Fouchet

Editions Héloïse d’Ormesson
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« Dans son dernier roman « Tout ce que tu vas vivre », Lorraine Fouchet nous plonge d’entrée au cœur d’un drame familial. Jonglant d’un personnage à l’autre avec brio, elle nous invite à résoudre une énigme qui nous entrainera de Paris et l’île de Groix jusqu’en Patagonie, tout en nous faisant partager l’intimité de chacun avec acuité et vraisemblance. Le style est fluide, le récit bien documenté, les personnages clairement compartimentés et l’énigme nous tient en haleine jusqu’en Argentine. Lorraine Fouchet nous permet d’éprouver ce vrai plaisir de lire qui incite au fil des pages à toujours vouloir connaitre la suite ! Ce roman international, vivant, sensible et alerte a donc tout pour plaire et nous ne pouvons qu’espérer qu’il y en ait d’autres de ce type par la suite... »

Aude Locher

 "UN BON PETIT SOLDAT" de Michaël et Mercédès Crépin

(Editions Flammarion)

- Quand il s’engage dans la Légion étrangère, Michaël change de nom, et même de nationalité. Pour cinq années au moins, ce jeune Français accepte de devenir un autre homme, de ne pas se marier et de ne pas reconnaître officiellement son fils… Devenir légionnaire, c’est comme entrer en religion.
Avec sa femme Mercédès, il raconte le quotidien d’un soldat de troupe, les fêtes loin de chez soi, le décalage par rapport au monde. Mais aussi la fierté des défilés militaires et la sensation d’appartenir à une famille soudée, quoi qu’il arrive. Jusqu’à l’irréparable : en Afghanistan, une embuscade sanglante.
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Michaël ramasse, à mains nues, les corps déchiquetés de ses frères américains. Quelques semaines plus tard, la mort le frôle. Il ne sera plus jamais le même. Après avoir souffert d’un Syndrome de stress post-traumatique de guerre à son retour d’Afghanistan Michaël Crépin s’est reconverti dans l’agriculture et vit près de Castres. Son épouse Mercédès se bat pour une plus grande reconnaissance des soldats français .
Elle est rédactrice en chef du journal "le Conscrit" et recueille la parole des blessés de guerre. (Sorti le 13 mars 2019- 304 pages).

- « Ce livre-témoignage est particulièrement prenant et montre bien le parcours semé d’embuches d’un Légionnaire et de son épouse pour faire reconnaître sa maladie (le syndrome post-traumatique) à la suite d’une mission terrible et traumatisante à la suite d’une mission effectuée en Afghanistan. Il en ressort que nos soldats sont bien mal lotis face à la maladie. »

Jean-René Gaillard


 "LES GRATITUDES" de Delphine de Vigan

(Editions J-C Lattès)
JPEG - Au-delà de la détresse des mots qui s’entrechoquent et de la descente des sens vers l’oubli, l’humour reste sous-jacent au creux des lignes délicates de Delphine de Vigan dans son dernier ouvrage si précieux qu’est « Les Gratitudes » paru chez J-C Lattès. Un livre labélisé France-Inter, et on ne s’en étonne pas ! Car assez rapidement, à la surprise des mots « dislexyqués » s’ajoutent l’émotion et la tendresse, face à la pérennité des douleurs d’enfance qui ne s’effacent pas malgré les années. Auschwitz et le fait de s’appeler Feld étant passés par là, l’horreur et l’ignominie ineffaçables à jamais, en toile de fond.
« Vieillir, c’est apprendre à perdre » dit Michka la vieille dame héroïne de ce livre à la couverture noire illustrée d’un joli coquelicot. Mais vous savez dans mes rêves, les mots ne me manquent pas. Je parle très bien. »
Ce roman sur le langage et la gratitude de ceux qui font un geste simple – mais essentiel – pour autrui, est comme un duvet de poussin qui vole au vent. On le regarde passer, on le suit si léger dans la brise qui va et qui vient, puis qui disparaît… Mais dont l’image nous reste pour toujours, imprimée à jamais dans notre subconscient. Et on lui dit Merci !

Jean-Pierre Tissier

 "LE PRIEURÉ DE CREST" de Sandrine Destombes

(Hugo Thriller)
JPEG - De tous temps, les femmes ont subi les assauts des hommes, sans pour autant qu’ils aient obtenu leur consentement. La grande Histoire de France et du monde en atteste malheureusement ! Et nombreuses sont celles, qui - testostérone et ivresse du pouvoir conjuguées obligent - ont subi jusqu’au plus sordide de l’impensable, le fait d’être née fille. D’ailleurs, pour qui a fréquenté le Tribunal de Grande Instance et la Cour d’assises pour rendre compte des audiences dans la presse, la nausée de l’insoutenable émane parfois de certains dossiers avec force et folie, tant ils dépassent l’entendement. Notamment lorsqu’on évolue au sein du cercle familial le plus proche qui se doit d’être avant tout protecteur. « Le Prieuré de Crest », deuxième roman de Sandrine Destombes en est la parfaite illustration avec une Affaire au féminin qui nous entraîne très vite entre justice et vengeance ; les deux ne faisant pas bon ménage, même si le fil qui les sépare devient de plus en plus ténu et proche de la rupture, jusqu’à le faire craquer… Mêlant ainsi horreur et rebondissements. Avec notamment, une Voix off qui nous parle au fil des pages en italique, avec les mots d’une petite fille de 8 ans, enlevée, accidentée peu après et plongée dans un coma artificiel qui se délite peu à peu. Une idée géniale de l’auteure qui replace peu à peu grâce à cet éclairage d’outre-sommeil, le contexte de cette histoire aux ramifications familiales surprenantes, jusqu’à faire référence au fameux « Balance ton porc » de l’affaire Weinstein.
Le dégoût et la haine des hommes, moteur de ces victimes de viol accueillies dans un prieuré aux vertus pas si réparatrices, en arrivent à générer par le biais d’une toubib radiée de l’Ordre des médecins, un idéal exclusivement féminin qui interpelle et fait réfléchir sur l’âme humaine. Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler écrit d’ailleurs en préambule, Sandrine Destombes en faisant référence au spectacle de Christine Delmotte joué au festival d’Avignon off en 2018.
Un excellent roman qui dépasse le cadre du polar pour devenir fait de société, et qu’on pourrait retrouver – comme beaucoup actuellement - sous forme de téléfilm type « Meurtres… en Drôme » sur France 3. On prend les paris !

J-P.T

Voilà un roman policier qui, au fil des pages, nous permet de suivre l’enquête, pas à pas, concernant la petite Léa, suite à son enlèvement. Des meurtres d’hommes jalonnent ce parcours qui s’enfonce toujours plus profondément dans la psyché de quelques fanatiques féministes. Le monde des Amazones serait-il le rêve ultime ?
Et la petite Léa en est-elle l’aboutissement ou la victime ?
Car de quoi rêve-t-elle, tout compte fait, si ce n’est de ce que tout enfant désire ? Des esprits torturés mais brillants peuvent parfois cacher des grottes obscures et des psychoses avérées.
Les blessées de la vie cherchent vengeance ; vont-elles y parvenir ?"

Aude Locher

  « LA NUIT DES BRAS CASSÉS » de Maurice Gouiran

(Jigal Polar) Sorti en 2000, ce livre vient d’être réédité avec succès.
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- Maurice Gouiran dans « La nuit des bras cassés » entraine le lecteur de péripéties en rebondissements navigant entre Rome et New York pour mieux finir à... l’Estaque ! Un véritable trésor familial, acquis frauduleusement pendant la deuxième guerre mondiale, n’en finit pas de susciter convoitises et menaces. Lentement mais sûrement, le puzzle se met en place et l’étau se resserre dans les effluves du pastis et au son des cigales. Maurice Gouiran nous fait partager, tout au long de son roman, la vie des piliers de bar de l’Estaque et la langue des autochtones. S’ensuit donc logiquement une chute aussi alambiquée que toutes ces vapeurs d’alcool !"

Aude Locher


 « LA VAGUE » d’Ingrid Astier

(Les Arènes Collection Equinox. Sorti le 17 février
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- Ingrid Astier signe avec « La vague » un roman résolument exotique ! Nous voici plongés dans l’univers des surfeurs tahitiens (à vos dictionnaires !) et des adeptes d’adrénaline. Nous offrant de partager au quotidien la vie des autochtones, Ingrid Astier délimite clairement les bons et les méchants. Mais la vie et l’âme humaine sont-elles aussi simples ? Dès lors, la chute nous interpelle : l’héroïne principale n’a-t-elle donc pas voix au chapitre ? A conseiller aux amateurs de tropiques pour un univers décoiffant !

Aude Locher

- On était resté intensément ébloui par son précédent « Haute Voltige » et les envolées intrépides, téméraires, esthétiques et lyriques de Djeko vers les sommets des gratte-ciels parisiens pour y dérober discrètement des œuvres d’art incomparables à l’image des derniers tableaux d’Henki Bilal ; tel un Spiderman aux allures de Patrick Edlinger et Arsène Lupin.
La descente vertigineuse et périlleuse des surfeurs d’élite au creux de la vague mythique qu’est Teahupo’o sur la presqu’île de Tahiti n’est pas de la même veine haletante. En effet, le jargon très technique et hyper anglicisé du monde de la planche n’est pas fait pour faciliter la compréhension des néophytes béotiens que nous sommes, et il faut du temps également pour se familiariser avec les prénoms et surnoms tahitiens, certes fleuris mais peu aisés à retenir….
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Bref, on s’embrouille parfois sans jamais trouver ce qui fait tout le charme d’Ingrid Astier en milieu urbain : à savoir l’instant où l’on va surfer nous–aussi sur les mots, en quête d’aventure et d’inattendu.
Certes, on découvre comme toujours avec la gastronome Ingrid (Coup de cœur Blues & Polar 2010 pour Quai des enfers) une cuisine des îles haute en couleurs et en saveurs magiques, une végétation luxuriante, colorée, génératrice de légumes, épices et fruits merveilleux qui nous font rêver rien qu’en découvrant leur nom (bananes, citrons, mangue, mangoustan, fruits de la passion...).
Mais ce quotidien aux allures de carte postale, nous entraîne très vite au creux de la vague, au travers d’un monde fait d’indolence et de violence, de packs de bière, surf, joints, pétards… et des fameux cristaux d’Ice cette drogue si destructrice qui fait exploser le cerveau de celui qui en abuse. « La Vague » est comme un fleuve de mélancolie qui entre mer et forêt s’étire langoureusement avec indolence, diffusant des fragrances d’ylang-ylang et de tiaré au beau milieu d’une vague rageuse se dressant comme un cobra pour mieux punir les hommes qui n’ont pas humilité de la respecter."

Jean-Pierre Tissier

- « Voilà un livre agréable à lire pour peu que l’on ait de l’imagination… On voit très bien la fameuse Vague – la plus haute du monde - dont parle Ingrid Astier avec les surfeurs venant l’affronter. On voit très bien aussi la presqu’île de Tahiti avec ses fleurs merveilleuses, ses fruits aux noms poétiques, mais aussi l’envers du décor avec une délinquance très forte symbolisée par le commerce de la drogue. Une belle histoire qui ne fait pas de vague... Je me suis régalée ».

Muriel Gaillard

 TANGO À LA ROMAINE de Phillipe Carrese ***

(Editions de l’Aube) Sorti le 7 février.
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- Après Virtuoso obstinato (2014), Retour à San Catello (2015) et La Légenge Bélonore en 2016, Philippe Carrese revient - enfin ! - à sa passionnante saga piémontaise après une année de réflexion sur L’Histoire de l’humanité en 2018 qui l’a éloigné du polar à la Marseillaise de jadis, mais pas de l’humour noir et grinçant dans lequel il excelle ; façon cinoche rital des années 70 comme Affreux, sales et méchants ou du Bal d’Ettore Scola...
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- Avec Tango à la Romaine, Philippe Carrese nous entraîne en mai 67 à Rome, sur les bords du Tibre, quand certains Italiens de tous poils et toutes conditions, attirés par l’Extrême Gauche, y préparent des attentats spectaculaires sous l’égide du Potere rosso (Pouvoir rouge), alors que les Américains et leurs Services secrets installés dans la Botte depuis la chute de Mussolini et la Seconde Guerre mondiale, sont sous haute pression internationale ; englués qu’ils sont par le conflit du Vietnam, tout en étant perçus comme des envahisseurs par les rescapés des vieilles cellules communistes italiennes réunissant ouvriers et étudiants.
Au beau milieu de ce peuple agité, méfiant, et et toujours infesté de rivalités intestines, on retrouve un Pietrino Belonore descendant du Patriarche de San Catello (1er tome de la Saga) qui a toujours en mémoire le viol de sa mère, alors qu’il avait six ans, par trois GI américains au moment de la Libération , et le départ mode fissa-fissa de son géniteur marseillais justicier et vengeur Charles Ceseran pour l’Amérique, sous le patronyme italien de Carlo Ceserano.
JPEG C’est là le début d’une nouvelle aventure haletante et débridée, dans laquelle Zefirino le chiffonnier de Petrala échafaude sa vengeance après la mort de sa mère "littéralement explosée" par un cartable miné diaboliquement installé sous un pont, mais qui ne lui était pas destiné. De ce "dommage collatéral" s’ensuit une passionnante chasse aux auteurs présumés, au Potere rosso, aux faux-culs de toutes sortes, ponctuée de bifurcations américaines et romaines imprévues comme l’amour au coin d’une rue, la sortie du disque des Beatles Sgt Pepper’s ou la Guerre des 6 jours en Palestine qui accaparent l’actualité de la presse au détriment du cartable miné du Pouvoir rouge pris pour un simple péripétie.
JPEG Une nouvelle fois, Philippe Carrese nous guide avec bonheur et gourmandise avec ses mots empreints de lumière du sud, pour finir Outre-Atlantique au cœur du Bronx, marchant comme un funambule aguerri sur le fil ténu qui joint depuis les origines de l’Amérique, les terres calabraises, mafieuses aux méandres de la politique américaine prête à toute les compromissions pour éliminer le mal collectivisme venu de l’Est...
Bon sang, quel film formidable ferait cette saga dont on sent la patte du Carrese cinéaste réalisateur talentueux de Malterra, Liberata et L’Arche de Babel, derrière les mots. Autant de films mêlant histoire, passion, et analyse hors des sentiers battus pleine de justesse et de vérités oubliées ou méconnues. Mais il nous manque encore le tome 5 !

J.-P.T

 LA FAIM ET LA SOIF de Mickaël Koudero ***

(Editions Hugo Thriller) * Sorti le 7 février.
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* Mickaël Koudero est un scénariste et romancier français qui collabore fréquemment avec les chaines télévisées. Son premier thriller « Des Visages et des morts » s’est vendu à plusieurs milliers d’exemplaires. Il a participé également au recueil de nouvelles « Phobia » aux côtés de l’ami Olivier Norek « Coup de cœur Blues & Polar 2015 » et de Ian Manook.

- Roumanie, décembre 1989. Le peuple prend les armes, décidé à se soustraire de la dictature de Ceaușescu. Tandis que Bucarest se voile de rouge, la Securitate (police secrète de Ceaucescu sœur de la Stasi en RDA) finit par abdiquer.
- Paris, juin 2015. Dans un appartement aux allures de chapelle, une femme s’est tailladé les veines. Avant de commettre l’irréparable, elle a cherché à s’arracher les yeux. Plus étrange encore, elle a laissé un paquet de feuilles froissées sur lesquelles est griffonné le même nom : Nosferatu. Un mot roumain qui renvoie aux non-morts, aux vampires et au Diable. Quelques mois plus tôt, c’est un jeune Roumain sans papiers qui a été découvert dans un parking en construction. Vidé de son sang. Les organes volés, son corps à moitié dévoré. Deux affaires qui semblent en apparence bien distinctes. Et pourtant, pour Raphaël Bertignac, ancien journaliste d’investigation, un lien existe.

Un style incisif et percutant. Des phrases courtes, mais ciselées. Un sens exacerbé du suspense qui monte petit à petit comme une mayonnaise prenant corps goutte après goutte... et une envie folle de tourner les pages dès les premiers chapitres ! Avec "La Faim et la soif" (son 2eme thriller) Mickaël Koudero nous entraîne 30 ans en arrière, le 22 décembre 1989, en Roumanie, quand le dictateur communiste Nicolae Ceaucescu vacille de trône, chassé de son gigantesque palais doré par le peuple en colère, pour finir fusillé en 48 heures - avec son épouse - par un peloton d’exécution. Une fin inattendue, rapide et brutale à l’image de Kadhafi en Lybie, lynché à mort dans un tuyau de béton au milieu du désert.....
Mais ce qu’a laissé le dictateur aux yeux d’acier, au cœur de ces années communistes si loin de l’idéal promis, est un sillon hors du temps tracé dans la pauvreté extrême, à un point qu’on n’imagine même pas vu d’ici, et dans la terreur incroyable qu’instaurait la Securitate. Cette police politique, cousine de la Stasi d’Allemagne de l’Est, qui épiait, surveillait, interpellait, emprisonnait, torturait et tuait ceux (et celles) qui avaient le malheur d’avoir une autre vision du monde que celle du "Maître Ceaucescu" promoteur d’une natalité de plus en plus féconde. Allant jusqu’à mener des expériences sur les femmes et les enfants, à l’instar du diabolique Mengele dans les Camps de la mort en Pologne. Nazisme et Communisme se rejoignant là dans un même cataclysme pour l’humanité !
C’est cette Roumanie-là, plombée par une dictature démoniaque, qui ressurgit 30 ans plus tard, au cœur du roman terriblement captivant mais terrifiant de Mickaël Koudero. Car dans un pays désormais en pleine transformation, les légendes des Carpates et de Transylvanie sont toujours tenaces et ancrées dans les esprits. En particulier, les Vampyres (avec un y) ces nosferatu de la Securitate ayant généré bon nombre de films d’épouvante du temps du noir-et-blanc. Mais la réalité imprimée par Ceaucescu dépasse la fiction et l’entendement, avec ces milliers d’enfants handicapés physiques et mentaux entassés dans des orphelinats immondes qu’on a retrouvés après la chute du leader déboulonné, et qui aujourd’hui sont devenus adultes !
Loques, zombies.... la faim et la soif pour credo, ils ont erré longtemps dans les rues avant de se réfugier dans des souterrains abandonnés des grandes villes ou dans les forêts où ils se sont reproduits entre eux. Enfants-loups, enfants-sauvages... avec la mémoire du diable ancrée dans leur cerveau par leurs maîtres d’esclavage, ils sont au cœur de ces pages terrifiantes menées comme une course-poursuite dans ces commerces d’un autre monde, qu’on surnomme "Les Marchés de la mort" à Budapest, Prague, Paris... et qui s’approvisionnent en dons d’organes divers (cœur, poumons, reins,, cornées...) via des enlèvements et des disparitions inexpliquées donnant libre cours aux pires vices qui puissent exister. Un livre à dévorer avec passion ; vous comprendrez plus tard...

J.-P.T

"Je ne connaissais pas cet auteur. Il explique très bien les années Ceaucescu en Roumanie et les conséquences de la chute du dictateur déchu par le peuple, tué avec son épouse en décembre 1989. Il y a d’ailleurs des passages qui sont très très durs. Où commence vraiment la réalité et où commence aussi la fiction ? Cela nous donne aussi l’envie d’aller à Prague (aujourd’hui République Tchèque) où se passe aussi l’action, grâce à ses descriptions fouillées de la ville. C’est un livre plutôt facile à lire ! "

Muriel Gaillard

 "DIX PETITES POUPÉES" de BA Paris ***

Editions Hugo Thriller
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" B.A Paris, auteure de Derrière les portes vendu à plus de deux millions d’exemplaires et de Défaillances vit en France désormais. Son dernier roman est un thriller psychologique qui tient en haleine tout au long des pages avec une personne qui dépose des petites poupées russes dont on sait qu’elles sont au nombre de dix. Plusieurs coupables sont possibles au fil des dépôts.... On se dit que c’est lui, et puis non ! Mais j’avoue qu’avant la fin du livre je savais qui était l’auteur des faits.
En tout cas, c’est un très bon livre qui entretient le suspense en permanence."

Muriel Gaillard


 LA CAGE DE L’ALBATROS de Pierre Pouchairet ***

Editions du Palémon
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*** "La Cage de l’albatros" de Pierre Pouchairet est sorti le 7 décembre aux éditions Palémon. Un suspense entre La Pointe du Van et Landévennec…

- Avec « La cage de l’albatros », le dernier roman de Pierre Pouchairet, nous retrouvons la commandant(e) Léanne, chef de la PJ du Finistère, pour de nouvelles aventures sur le fil du rasoir !
Au cours de son récit, Pierre Pouchairet introduit de vrais méchants et de faux gentils. Ses personnages ont l’air, tout d’abord, caricaturaux mais, au fil de l’eau, les langues se délient et certains gentils ne le restent pas forcément...
« La Cage de l’albatros » est un roman policier maîtrisé et crédible, car écrit par un homme de terrain. Le récit va crescendo. Les personnages, tout d’abord si limpides, paraissent s’étoffer peu et peu et, au fil d’une météo bretonne omniprésente, paraissent s’écharper et régler leurs comptes à chaque détour du chemin !
Même si ce roman policier est distrayant, voire parfois dérangeant, c’est un feuilleton supplémentaire de la vie de la commandant(e) Léanne et cela n’a ni le piquant ni l’exotisme racé qu’a su nous faire vivre Pierre Pouchairet dans « La prophétie de Langley » ou dans « Une terre pas si sainte »... Alors, à quand le prochain ?

Aude Locher

- « Habitué de Blues & Polar, lauréat du Prix du Quai des orfèvres 2017, l’ancien grand flic bourlingueur vit aujourd’hui au Cameroun, mais il vient de sortir son premier polar breton, et ça décoiffe comme une Bigoudène marchant vers Combrit, en plein vent de noroît, avec quelques verres de chouchen dans le chignon….
Moteur ! Action ! Pierre Pouchairet est désormais devenu un incontournable des thrillers haletants où l’on tourne les pages vivement - ce fameux « page turner - pour connaître la suite de l’enquête. Il puise donc allègrement dans son ancien métier très proche du terrain, tout en ayant désormais édulcoré les sigles si chers aux guerres multiples des polices de tous bords entre elles, pour arriver à l’essentiel. Le cœur de l’intrigue à démêler d’abord. Et pour notre grand plaisir !
Autant dire que l’air pur de Bretagne et de la Baie des Trépassés en toile de fond d’Audierne l’a plutôt bien inspiré. Lui qui nous avait plutôt habitués aux tribulations des grands voyous ou de terroristes kamikazes en Israël, Palestine, Afghanistan, Turquie, Monaco, le Berry et Paris, se retrouve là dans un environnement policier, militaire et naval, très visuel pour qui a déjà traîné ses errances jusqu’à cette pointe de France sublimée par son décor ressemblant à une dentelle taillée au couteau. On y découvre des enquêtrices passionnées de blues au point de former parfois un combo éphémère, des clins d’œil à ses collègues de plume (Norek, Lemaître, Lebel…) avec – cerise sur le gâteau – un public féminin féru de polar qui devient d’un coup, acteur et metteur en scène au cœur d’un cimetière de bateau… Il faut lire le roman pour comprendre. Une fin en forme de coup de poing ; une tuerie nocturne au coin du feu pour péché mignon !

J.-P.T

- "Encore une fois quand on commence un livre de Pierre Pouchairet, on est happé tout de suite et on ne lêche plus le livre. En plus, cette fois encore, il mêle à l’histoire des faits d’actualité qui s’imbriquent parfaitement dans l’ensemble. C’est comme si on accompagnait ces trois filles Léanne, Elodie et Vanessa sur les lieux des crimes avec descriptions qui nous permettent d’imaginer le décor. Tout y est réuni pour un bon moment de lecture."

Muriel Gaillard

* * Lire notre interview "Les 3 Questions à" blues-et-polar.com
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 TOUTES BLESSENT, LA DERNIÈRE TUE de Karine Giebel ****

Editions Belfond

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- "Chaque mardi soir, de 20 h30 à 21h 30, pendant treize ans (de 1952 à 1965), sur les ondes de Paris Inter, puis de France Inter, la mythique émission radiophonique de Pierre Billard, Les Maîtres du mystère a remplacé la télévision dans bien des foyers… On vibrait intensément en famille, autour de la table de la cuisine, et on frémissait en écoutant les fabuleuses histoires à suspense interprétées de voix de maître par Michel Bouquet, Raymond Souplex, Roger Carel, Jacques Balutin, Michel Piccoli, Rosy Varte, Juliette Gréco... et bien d’autres. Des dramatiques comme on disait à l’époque, souvent tirées d’un célèbre polar ou écrites spécialement pour l’émission, qui ont attiré jusqu’à des millions d’auditeurs autour de ce rituel mystérieux et quasi-hypnotique du mardi propagé par les ondes de la radio.
Une formule reprise - avec autant de succès - sur Radio Luxembourg, avec Jacques Jouanneau héros du feuilleton du samedi soir joliment appelé Dans les mailles de l’inspecteur Vitos. Une émission sponsorisée (déjà) par la marque de bas Vitos, et qui durera jusqu’en 1957 avec les voix de Frédérique Hébrard et Yves Furet.
Karine Giebel qui vient de publier Toutes blessent, la dernière tue y ferait assurément recette aujourd’hui via ses 1.300.000 exemplaires vendus à ce jour, car en quelques années, la Varoise venue quasiment inconnue à Blues & Polar en 2010, a pris une dimension incroyable dont elle ne réalise toujours pas l’ampleur (*).
Dans ce dernier pavé de 640 pages, Karine nous entraîne vers de fausses pistes avec deux récits écrits en parallèle, dont on se dit néanmoins, de temps à autre, au fil des pages, au travers d’un nom, d’une région, d’un mot… qu’ils pourraient éventuellement avoir une concordance un jour, mais sans aucune certitude !
C’est là, tout l’art de l’esquive de Karine Giebel qui sait nous entrainer dès les premières phrases, dans une lecture hypnotique que l’on a envie de mener à son terme d’un coup. Fusse au prix d’une nuit sans sommeil. Mais à chacun sa technique de lecture, son envie, sa disponibilité… Moi je préfère donner du temps au temps, pour que l’histoire mature en tête pendant quelques jours en imaginant des scénarios improbables.
C’est encore le cas cette fois, avec l’évocation de l’esclavage contemporain pratiqué dans certains milieux aussi divers qu’hétéroclites (gros bourgeois, nouveaux riches, africains…) que Karine Giebel porte à notre connaissance.
Elle en a d’ailleurs fait son combat personnel, après deux années d’enquête auprès d’une organisation marseillaise (*) spécialisée dans cette cause.
Au gré des pages, l’inconcevable comportement des adultes propriétaires de la petite Sama (marocaine de 9 ans) vendue par son père comme bonne à tout faire, sans papiers ni salaire, à une tante vivant en France nous file la nausée.
Avec la farouche envie de débarquer subitement dans cette famille de Tenardier du XXIe siècle vivant dans les beaux quartiers (mais pas toujours) pour y faire justice. Comme une colère sourde qui n’en finit pas de monter devant tant de barbarisme et de férocités diaboliques distillés par des prfessionnels du mal (autant homme que femme) ayant un pois chiche à la place du cerveau, un pavé à la place du cœur, et un sexe qui ne sait pas où il habite… face à une enfant.
Pathétique et intolérable, le polar de Karine Giebel – même si les flics y sont rarissimes – nous entraîne dans les travers d’une société actuelle de plus en plus primitive et barbare. Était-ce mieux avant ? Sûrement pas ! Karine Giebel pose les questions.. A la société d’y répondre."

Jean-Pierre Tissier

"L’intrigue est bien construite. Tout ici semble réel avec notamment beaucoup de détails, et la recherche du milieu où se passent les actions. Les auteurs du roman semblent eux, vivre dans une certaine inconscience ; mais dans l’ensemble l’histoire est un peu longue, tandis que les rebondissements et la cruauté des acteurs me semblent exagérés. Trop de crimes et de détails malsains. Tout cela ferait bien en revanche, un bon scénario de film.
Quoi qu’il en soit, j’ai eu un grand plaisir à lire ce livre. Il m’a tenu en haleine pendant tout le temps de sa lecture."

Julien Venzal

* Lire notre interview de Karine Giebel sur blues-et-polar.com Cliquez en page d’accueil sur L’Interview


 LA TERRE DES MORTS de Jean-Christophe Grangé ***

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Editions Albin-Michel
"Encore une fois le dernier livre de Jean-Christophe Grangé nous tient en haleine jusqu’au bout. On croit connaître la fin de l’histoire, mais non ! Il y a toujours un rebondissement. "La Terre des morts" est une histoire "tordue" qui se déroule dans le monde de la prostitution, du sado-masochisme (SM) et du bondage...
J’étais à fond dans l’histoire ; avec une seule envie reprendre le livre pour le finir. Que du plaisir."

Muriel Gaillard

« La Terre des morts » de Jean-Christophe Grangé (Albin-Michel)
– Avec La Terre des morts, sorti en avril 2018, Christophe Grangé, c’est encore une (ois - et pour toujours semble-t-il - du chaud de chez très chaud dans l’action, jusqu’à la dernière seconde, la dernière ligne, la dernière image, la dernière surprise… tant les fausses pistes se succèdent et s’imbriquent à l’envi, tel l’engrenage implacable d’une série TV avec une série d’assassinats de strip-teaseuses mis en scène comme des œuvres d’art qui trouble le commandant Corso. Mais ce qu’on aime aussi chez Grangé, ce sont ces zones de silence et de quête de la vérité qui nous entraînent dans de hauts lieux culturels comme le Musée de Madrid en y cherchant des explications aux meurtres horribles de ces filles jusque dans le détail des toiles monumentales de Goya, noires, sombres, effrayantes, carnivores, incestueuses… On navigue alors, en parallèle, dans le monde interlope du vice sans vertu et de la jouissance à n’importe quel prix, ni morale. On est par instants comme dans la série Kepler (s) avec Marc Lavoine, diffusée récemment sur France 2. Peut-être la patte du maître en filigrane ?
Assurément, La Terre des morts est une histoire très bien ficelée, avec et sans jeu de mots, (vous comprendrez en lisant) qui se penche aussi sur le monde de la Justice et celui plus feutré des Cours d’Assises, où selon que vous soyez puissant et riche vous ne serez pas défendu par la même « pointure » du Barreau. Ferrari ou Fiat 500 ? Dupont-Moretti ou robe noire du commis d’office ? « Corso ne pouvait admettre que la Justice repose sur le talent d’un seul bonhomme, la mauvaise humeur d’un autre, ou simplement le fait qu’il pleuve ou non ce jour-là… » L’inoubliable auteur des Rivières pourpres en 1998 signe là un suspense de haut vol sans cesse renouvellé au fil des pages que l’on tourne inlassablement, sans sourciller.

Jean-Pierre Tissier

"Voilà un très bon bouquin, bien écrit de surcroît. Le suspense dure jusqu’à la fin, les rebondissements sont nombreux, et les actions bien construites. De plus, l’auteur joue avec notre patience jusqu’au final. Ce fut un régal de lire ce livre bien que la trame en soit quelque peu alambiquée. Mais chapeau à l’auteur pour le suspense et l’épilogue. Merci !"

Julien Venzal


 MORT EN EAUX GRISES de Pierre Pouchairet ***

(Editions Jigal Polar)
JPEG - "En quelques années, Pierre Pouchairet qui a fait ses premiers pas littéraires au festival Blues & Polar de Manosque 2015 (*) aux côtés d’Olivier Norek, s’est taillé une belle réputation, justifiée, d’analyste prémonitoire de notre société. Notamment lors des massacres inattendus du terrorisme djiadhiste de triste mémoire, ayant écrit Une Terre pas si sainte et La filière afghane aux éditions Jigal Polar de Marseille, quelques mois avant les attentats meurtriers de Charlie Hebdo et du Bataclan. Mais Pierre Pouchairet a refusé de les sortir à la date initialement prévue, par pudeur et pour éviter aussi toute éventuelle critique allant dans le sens d’une récupération de la tragédie.
Chacun de ses livres est désormais attendu pour la véracité de ses scénarios qui s’écrivent au rythme de son expérience sur le terrain à Versailles, Nice, Grenoble… mais aussi d’attaché à la Sécurité intérieure à Kaboul (Afghanistan) de 2004 à 2010 où il était à la fois policier avec un statut diplomatique, chargé de conseiller l’ambassadeur de France sur les relations avec les services de sécurité locaux et l’évolution des menaces, mais aussi d’entretenir des contacts avec les représentants de polices internationales.
Cette fois, c’est le risque d’attaque biologique de très grande ampleur au travers de la distribution d’eau potable alimentant des millions de personnes – tellement tentante pour des fous kamikazes – que Pierre Pouchairet conjugue avec le sens du suspense et du réalisme. Et on mesure ainsi tout ce que nos différentes Forces spéciales (GIGN, Raid… plongeurs et tireurs d’élite) peuvent être amenés à affronter.
Mort en eaux grises est un polar inquiétant et rassurant à la fois, car on est au cœur d’un véritable documentaire littéraire haletant, mais qui nous invite désormais à vivre – tels les Israéliens – dans la vigilance constante, tant ces illuminés intégristes et intolérants à l’extrême chargés au Captagon possèdent un cerveau fanatique dénué de toute parcelle d’humanité."

Jean-Pierre Tissier

"Encore une fois j’ai eu un immense plaisir à lire un livre de Pierre Pouchairet. Tout de suite, on est au cœur de l’action parce qu’on suit étape par étape la traque de terroristes djiadhistes, au travers de l’action des différents corps de police du territoire. L’objectif est de déjouer une terrifiante attaque chimique. Fiction ou future réalité un jour ? C’est un livre passionnant et perturbant à la fois."

Muriel Gaillard

- JPEG Pierre Pouchairet a reçu le Prix Interpol’art en 2015, le Prix du Polar Michel Lebrun… et le Prix du Quai des orfèvres en 2017 des mains du Directeur de la Police... et d’Alain Delon !


  LES MAINS DANS LES POCHES de Bernard Chenez ***

(Editions Héloïse d’Ormesson) .
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"C’est la main qui voit et c’est l’œil qui dessine."
Pour qui a connu Bernard Chenez et ses dessins en forme de chronique dans L’Equipe et L’Equipe magazine notamment, c’est toute une époque des sixties et seventies qui revient en mémoire, avec ces « Mains dans les poches » écrit au crayon gris de la nostalgie.

"Doucement, avec tendresse, émotion et mélancolie surtout, pour ceux qui font partie des baby-boomers et des enfants de mai 68, comme moi.
Prévert, Ferré, Caussimon, et leurs mots parfois disparus, reconnaissables entre mille sont là, bien présents au fil des pages du Quartier Latin à la Porte Clichy.
France-Soir, L’Huma, les cibiches, Gauloises, Celtiques, Boyard maïs… le zinc des troquets des Halles, les anars, le Parti Communiste, l’île Seguin et les travailleurs de chez Renault, et les "négros" et autres "bicots" vertes expressions verbales inévitables - et collatérales – de la détresse des appelés du contingent partis en Algérie pour une opération dite de « sécurisation du territoire » dont beaucoup ne sont pas revenus. "Les Mains dans les poches" est un essai qui nous entraîne pages après pages dans un passé pas si lointain, mais aux antipodes d’aujourd’hui.
Car en 50 ans, tout a changé. Le numérique via Internet et les réseaux sociaux, a tout emporté sur son passage.
Et le mot autodidacte - celui qui se forme tout seul – comme l’a été Bernard Chenez (et moi-même) n’a plus guère cours aujourd’hui, coincés que sont les jeunes entre apprentissage officiel, métier non-choisi, études longues… et chômage avec bac + 3 au bout du compte !
En guise de conclusion, Bernard Chenez nous fait voyager dans Paris et l’enfance en batifolant à reculons…
« Vouloir parcourir les chemins de son enfance, écrit-il. C’est étaler des coques de noix sur une table, les recouvrir d’une nappe légère, et tenter de mettre le couvert. Au mieux, chaque assiette est de travers. Éventuellement, les verres se brisent. Pourtant, je persévère. Je m’obstine à dresser une table, attendant des convives qui ne viendront pas. »

Jean-Pierre Tissier

 AFFAIRES DE FAMILLE d’Agnès Naudin ***

Editions du Cherche midi
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* Premier livre pour Agnès Naudin capitaine de police au sein de la Brigade territoriale de la protection de la famille. Et déjà la Une de VSD et un passage sur BFM TV pour cet ouvrage qui revient sur trois affaires : un bébé secoué, un viol sur mineure et un viol conjugal. Autant de sujets qui mettent mal à l’aise et qu’Agnès Naudin dévoile sans tabou, en évoquant ses deux vies, professionnelle et privée. Une confrontation pas toujours facile à vivre. Affaires de famille est sorti le 6 septembre.

- "Pour sa première expérience d’écriture, Agnès Naudin jeune capitaine de police à la Brigade de protection de la famille nous entraîne non pas en littérature, mais en réflexion sur un métier pas comme les autres, au service du public et notamment de la famille au sens le plus large du terme, avec tout ce que cela suppose comme déviances, brutalités, ignominies… commises parfois sur des enfants, voire des bébés…. Mais c’est aussi une réflexion sur la société actuelle et comment arriver à mener de front - et en parallèle - une vie familiale normale de jeune mère célibataire, si tant est qu’aujourd’hui la normalité est plus que souvent recomposée…
« Il n’y a pas de manuel dans la Police nationale pour expliquer comment réagir face à la mort, explique Agnès Naudin, dès les premières pages de son livre. Pas de préparation pour le jour où on risque de se retrouver face à un fêlé armé. Pas de préparation pour le jour où on apprend que tel collègue s’est suicidé en se tirant une balle dans la tête…
Pas de préparation pour celui qui travaille en police secours, intervient en premier sur un accident mortel… et se retrouve face à un motard étêté ! Toujours pas de préparation pour le jour où il faut annoncer à des parents que leur fils de 14 ans est décédé, renversé par un chauffard… Quand on est flic, on doit forcément être fort, poursuit-elle car l’ennemi premier, c’est celui qu’on ne voit jamais et qui fait des ravages en silence ; c’est le jugement ! Et on n’a pas le droit de faillir ! Et forcément, ça ne colle pas avec l’idée du psy, alors que son utilité n’est plus à démontrer…. En attendant, on continue d’être confronté à la mort. Tous les jours ! »
En mélangeant son parcours personnel et intime à son quotidien professionnel de flic au cœur du milieu familial de tout âge, on découvre toute la complexité d’une fonction au service de la nation, qu’on a embrassée à bras ouverts au moment des attentats de Charlie et du Bataclan, et qui aujourd’hui reçoit des machines à laver ou des parpaings quand une brigade de Police – et même les pompiers, aberration totale ! - rentre dans une cité…
Pourquoi écrire ? Agnès Naudin s’est posée la question après quatre jours passés dans un ashram et le silence troublant qui va avec…
« Je n’ai pas de réponses dit-elle. Mais elles viendront quand ce sera le moment. Il est juste essentiel de se laisser porter et d’accepter cette « mission ».
Un livre utile pour comprendre l’essentiel de la vie, mais aussi ses fantômes…"

J.-P.T

 " LA BRIGADE DES CAVES" de Claude R.A Muller **

(Editions Sydney Laurent)
JPEG - La "Brigade des caves" - roman policier inspiré d’un fait historique réel s’étant déroulé à Aix-en-Provence pendant la Seconde guerre mondiale - est une enquête de police menée jusque dans le moindre détail, et dans toute sa complexité , avec deux meurtres sur les bras à peu de temps d’intervalle. Celui de la fille d’un très grand galeriste du milieu bourgeois aixois, et celui d’une étudiante au double profil, journaliste à ses heures, retrouvé dans une cave d’une cité d’un quartier plutôt chaud et mal famé où ça deale à tout-va... Tout cela sur fond de rivalités policières entre Brigade des Stups et SRPJ, et un lien à trouver entre ces deux crimes... Jusqu’à ce que la mémoire de l’Occupation en Provence et ses souvenirs autant douloureux que douteux parfois, reviennent à la surface, comme un trait de lumière dans une affaire confuse et ardue à démêler.
D’un coup, les menus détails considérés comme secondaires prennent un relief nouveau, comme les fragments d’un kaléidoscope dont une rotation minime change l’agencement... La spoliation de tableaux d’artistes en devenir, ou déjà considérés comme des chefs-d’œuvre à des marchands d’art ou collectionneurs - avant tout Juifs - ayant été un des jeux favoris des nazis. Comme quoi, incroyablement, le chef de la Kommandantur pouvait être ému devant une nature morte figurant la Sainte Victoire… et envoyer des wagons de gens au four à Auschwitz ou Dachäu, sans le moindre état d’âme. Le tout avec la complicité de français ressemblant à des girouettes suivant le vent. Beaucoup ayant opté pour la Résistance en fin de course, histoire de gommer un passé ambigu.
C’est donc au cœur d’une enquête fouillée et à rebondissements d’une semaine, vue de l’intérieur, que Claude Muller nous entraîne à travers "La Brigade des caves". Un écheveau ténu et plutôt compliqué à démêler par instants, pour connaître la vérité sur les mobiles de ces deux crimes et identifier le ou les meurtriers, et qui nous éclaire sur le travail de fourmi des enquêteurs.
Car loin du yaka, c’est au contraire la minutie et l’intuition associées aux nouvelles techniques de la Police scientifique qui prévalent.
Mais "La Brigade des caves" en faisant remonter en surface des événements douloureux comme la destruction du quartier du Panier à Marseille et la déportation de ses habitants, le guet-apens des Résistants fusillés à Signes... est un livre empreint de mélancolie et de colère. Souvenir d’une époque pas si lointaine où les hommes fascinés par des dictateurs fous (Hitler, Staline, Mussolini, Franco...) ont été capables de monstruosités sans nom. Le drame, c’est qu’au XXIe siècle, le monde est toujours aussi fou.

J.-P.T


 "COULEUR PIVOINE" de Christian Schünemann et Jelena Volic **

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(Editions Héloïse d’Ormesson)
- Best-seller en Allemagne, "Couleur pivoine" comme la fleur symbole du Kosovo, est un vrai polar géopolitique qui nous entraîne au cœur des Balkans - éternel point chaud du monde - en Serbie, Bosnie, Croatie, Kosovo et Monténégro. Autant de provinces de l’ex-Yougoslavie de Tito, devenues nations à part entière aujourd’hui, mais dont on n’a toujours pas compris (vu de France) comment tant de haines folles et génocidaires entre-elles ont pu déclencher des centaines de milliers de morts en cette fin de XXe siècle, et des massacres abjects de toutes parts.
Une folie des hommes poussée à son paroxysme en pleine Europe à deux heures d’avion de Paris...
Et l’impression désagréable de ne pas savoir vraiment qui a commencé à mal se conduire avec l’autre, "alors que pendant des siècles ces cultures avaient grandi ensemble en s’enrichissant les unes des autres expliquent les deux auteurs. Et que d’un coup, politiciens et nationalistes se sont mis à insister sur les différences et à couper les cheveux en quatre ! "
Résultat : une haine tenace qui malgré le temps qui passe est toujours bien présente, et une blessure qui ne se refermera jamais.

La criminologue Milena Lukin spécialiste des crimes de guerre en Ex-Yougoslavie, nous conduit au plus profond du quotidien de ces ethnies à vif, cruellement éprouvées et qui n’arrivent pas - notamment dans les campagnes - à se reconstruire malgré tous les plans conçus par l’Union Européenne... et tout l’argent qui va avec.
Car dans ces pays où la réconciliation n’est pas pour demain, la corruption et un sport national.
C’est ce qu’essaie de mettre au jour Milena Lukin avec l’aide d’un ancien procureur pour connaître la vérité sur la mort d’un couple de vieux Serbes assassinés froidement d’une balle dans la nuque peu après leur retour au Kosovo ; alors qu’il s’agissait d’une opération pilotée par l’ONU !
Ce polar géopolitique à 200 % démontre bien toute la complexité des systèmes véreux qui dirigent ces nouvelles nations, et même si on se perd parfois dans tous le noms en ic (Spajic, Valetic, Bozovic...) malgré une bonne connaissance des talentueux footballeurs y existant, on lit ces 350 pages avec une belle avidité.

Jean-Pierre Tissier


 MÊME LES MONSTRES de Thierry Illouz

JPEG Enfant des cités, fils de français d’Algérie devenu avocat pénaliste, il s’interroge sur la question qu’on ne manque jamais de se poser
« Comment peut-on défendre des monstres ? »

- "L’auteur avocat essaie de nous faire comprendre, avec ses mots à lui et ses propres, arguments pourquoi il défend les monstres... J’ai du mal à adhérer à cette idée,mais ce livre est fort bien écrit, clair, rapide à lire... Voilà tout est dit !"

Muriel Gaillard


  LA NUIT DE L’OGRE de Patrick Bauwen

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- "J’ai adoré ce livre dès la première page car on rentre dedans tout de suite. Il y a plein de détours sur lemédecine urgentiste avec la pratique des médecins légistes également. J’aurais aimé qu’il y ait plus de pages encore... A quand le prochain Bauwen ? Un vrai régal ! "

Muriel Gaillard


 UN COURT INSTANT DE GRACE d’André Bucher **

(Editions Le Mot et le reste)
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- Lorsqu’il parle de la nature et de son infinie diversité de formes, de couleurs, de montagnes et de forêts, André Bucher, le poète-paysan de la Vallée du Jabron - entre Drôme méridionale et Alpes-de-Haute-Provence - sème et disperse les mots sur le papier vierge et immaculé, comme des nuances de tons fauves et sauvages. Telle une poésie sifflée aux vautours, gerfauts, renards, truites, sangliers et autres chevreuils et cervidés.
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A l’image du peintre Luc Gerbier face à ses toiles géantes sur les hauteurs de Montjustin, aux confins du Luberon oriental, en y associant l’imaginaire des nuages, cygnes-cumulus et grues-nimbus, pour mieux faire apprécier au monde toutes les chimères qu’il visionne chaque matin et soir sur ces crêtes enchantées lorsqu’elles sont balayées par pluies et tempêtes...
Mais au-delà de ses descriptions fouillées et lyriques, avec une pointe d’humour et d’ironie néanmoins çà et là, André Bucher aime à y associer cette vie quotidienne des solitaires bergers, bûcherons, fermiers… épars sur ses flancs rocheux comme un tapis de chanterelles. Tapis dans ces hautes vallées bas-alpines, du Jabron,du Laverq, en passant par La Blanche, Le Bès, et les Gorges du Trévans.
Car il y a toujours eu en ces lieux depuis des dizaines d’années – et bien que ce ne soit qu’un roman de fiction - un projet véreux pour l’environnement à y naître, nocif pour les forêts, la nappe phréatique, l’air, la santé publique…. Avec pour pendant dans la balance, une potentielle création d’emplois.

Enfouissements de déchets ultimes, coupes de forêt tous azimuts pour créer de la biomasse… afin de faire de l’électricité pour palier la fin des mines à Gardanne, sans se soucier du sort de ceux qui y habitent depuis des lustres et occupent l’espace tels des indiens… générant la venue d’autres vautours, charognards des grands espaces sans scrupule pour acquérir des terres agricoles. André Bucher, en impressionniste des mots nous fait vivre intensément, mais tout en nuances, une année en immersion totale dans le monde paysan des hautes vallées, là où la communion avec la nature est totale.
Pas celui des vastes plaines de la Beauce où l’on sulfate et récolte quasiment en vaisseau spatial avec combinaison de haut vol. Mais celui de la trame verte et mordorée des vallées alpines et méridionales, avec toute la complexité et la poésie qu’elles dégagent, avec la crainte et la terreur au ventre lorsque la montagne gronde. Si les marins sont humbles en mer, les paysans-montagnards le sont aussi au cœur de la roche jamais vraiment domestiquée. Avec une avalanche de noms d’oiseaux, d’arbres, de fleurs…
André Bucher nous fait découvrir un monde qu’il veut nous faire aimer et respecter, parce qu’il est la vie tout simplement avec pour devise gravé sur un fronton de chêne : amour, partage et transmission. Il faudra néanmoins attendre une bonne centaine de pages, avant qu’il nous sorte – comme à son habitude - une pépite musicale des Rolling Stones, l’album Exile on main street et nous glisser un peu plus tard, après avec écouté Sweet Virginia, la phrase qui résume tout André Bucher : Il faut savoir écouter son cœur et inventer sa vie plutôt que s’épuiser à la gagner.
Du Bucher fidèle à lui-même, et qu’on a envie de relire dès la dernière ligne, tant il nous remet les pieds sur terre au cœur d’un monde de plus en plus fou, ayant perdu le sens de la vie.

J-P.T


 LES CŒURS SIMPLES d’’Albert Algoud ***

(Editions Casterman)
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- Il est le savoureux Père Albert adepte de la foi SM, avec des manières policées pas très catholiques, ni même orthodoxes, mais aussi l’énergique Maréchal Ganache aux stigmates si truculentes subies en Indochine et en Algérie, chaque midi sur France Inter dans la Bande Originale de Nagui... et il est toujours, François-François l’ égérie Wizzzzzz de CloClo comme à l’époque bénie de Canal Plus.

Mais Albert Algoud comme il l’écrit si bien, avec justesse, connaît depuis dix-neuf ans, ce qui "n’arrrive pas qu’aux autres" avec un grand garçon autiste.

Et comme les idées généreuses ne manquent pas chez lui, il a réuni, avec le soutien gracieux de dessinateurs amis comme Berberian, Bilal, Charb, Cabu, Geluck, Zep.... une pléiade de textes de grands auteurs ( Jim Harrison, Anatole France, Pouchkine, Tolstoï, Jean-Louis Fournier...) consacrés aux Cœurs simples. Aux arriérés, aux fadas, aux crétins des Alpes.... le tout en foui dans des textes qu’il faut prendre le temps de lire doucement pour s’en imprégner.
Un livre rare et émouvant vendu au profit du fonds de dotation "La Bonne aventure". Une fondation qui oeuvre pour soutenir les projets sérieux en faveur des autistes.
Une bonne idée d’étrennes en cette fin d’année 2017.
Courriel : labonneaventure@orange.fr

J.-P.T


 LE FANTÔME DE MONTMARTRE de Bastien Souperbie (Lemieux/Editions)

JPEG Sorti le 1er juillet, ce roman d’aventures nous entraîne dans le tourbillon des années folles. Pierre-Casimir Lazare, vétéran de la grande guerre, tente de trouver un sens à sa vie loin des cabarets parisiens. Ce journaliste désinvolte part à la recherche de son ami d’enfance disparu, Eugène, un notaire englué dans l’ennui d’un pays convalescent mais furieux de vivre après avoir échappé à l’apocalypse.

- Bigler, zieuter, siroter, cloper jacter....les verbes savoureusement fleuris de l’argot parisien de l’après 14-18, et des années dites folles qui ont suivi, sont le socle et le charme de ce roman d’aventure aux allures de polar à l’ancienne, que l’on dévore à l’envi, comme un chichi sur la plage de l’Estaque à Marseille, après une bonne baignade.
Journaliste à Sud-Ouest, spécialiste du Faits-divers au quotidien, Bastien Souperbie nous entraîne dans la frénésie des années 30. Soit une vie sans répit et "en dehors des clous" pour certains, l’apathie et la tristesse infinie pour d’autres ; notamment ceux qu’on appelait les "gueules cassées", estropiés et défigurés à jamais sous la mitraille et la folie des petits chefs et gendarmes impitoyables avec les déserteurs .

Avec son vocabulaire à la Blondin, mâtiné d’Audiard et de San Antonio parfois, on découvre une époque qui nous ramène au premier essor de l’aviation civile, à une ambiance de corruption et de prohibition style Eliott Ness et les Incorruptibles ; le tout ponctué des bons vieux mots de notre petite enfance comme tire-jus (mouchoir), bénard (pantalon), godillots (chaussures), et les cognes pour désigner les flics qu’utilisaient nos aïeux.

Des nervis de la Butte-Montmartre à la très bourgeoise Normandie des haras de chevaux et de la sacro-sainte messe dominicale en passant par les bordels de Pigalle, le cercles de jeu de l’avenue de Wagram et les tavernes interlopes de Séville, on voyage avec une chimère en tête, via une enquête menée par un journaliste et une disparition aux allures d’entourloupe qui va nous tenir en haleine 280 pages durant.
Avec notamment - et même si on est anti-corrida – page 232, une envolée solaire, lumineuse, sanglante et poétique à la Antoine Blondin sur le Tour de France pour l’Equipe, telle une parabole écrite en lettres de sang dans les arènes de Séville. Tandis que l’universalité du flamenco et de l’Andalousie - simple voyage de diversion stratégique au cœur du roman - nous ramène à cette terre qui jadis fut celle des lumières ; là où chrétiens, musulmans, juifs et gitans, vivaient en parfaite harmonie.

"Le Fantôme de Montmartre" nous entraîne bien au-delà de la Butte et du Sacré-Coeur avec des faux-airs du film "Au-revoir là-haut" d’Albert Dupontel tiré du roman éponyme de Pierre Lemaître. Avec les accents du jazz et du blues - arrivé en France par musiciens noirs et blancs - annonciateurs de la mutation de la musique de l’époque.
Les notes (noires ou blanches) ne connaissent plus de frontières, désormais.

J.-P.T

  "LE RÊVE BRISÉ" MARTIN LUTHER KING

Editions De Borée
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- Alain Leadfoot Rivet, chanteur de blues, agent d’artistes américains, créateur du groupe folk Dixiefrog dans les années 70, puis du label Dixiefrog, se rend souvent aux Etats-Unis. Il avait embarqué avec lui lors de son dernier voyage, le livre de Roger Martin consacré à Martin Luther King pour le 50 e anniversaire de sa mort, paru aux éditions De Borée. Il a beaucoup apprécié.

"Ce bouquin sur Martin Luther King est vraiment super ! Il est magnifiquement documenté, bien écrit, intelligemment construit... et aussi impartial que possible."

Alain Leadfoot Rivet

 "FÉROCE de Danièle Thiéry

Editions Flammarion
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- Première femme commissaire divisionnaire de l’histoire de la Police française, Danièle Thiery est devenue une figure incontournable du polar "made in France". Elle a reçu le Prix Polar à Cognac, et le Prix du Quai des orfèvres pour "Des Clous dans le cœur" en 2013.

"Je ne connaissais pas cet auteur, mais je me suis régalée. Plusieurs enquêtes en même temps, je me dis que ce doit être le quotidien d’un commissariat puisque l’auteur était elle-même commissaire. On ressent la pression des enquêtes qui doivent être vite résolues puisqu’il y a des enfants en cause. Je vais vite acheter son dernier livre."

Muriel Gaillard

 "HUNTER" de Roy Braveman

(Editions Hugo Thriller)
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- Dès le début du livre, on sent le froid, la neige et le blizzard de cette petite ville des Appalaches. Et puis l’ambiance lourde et angoissante de ce père qui recherche le corps de sa fille enlevée il y a une quinzaine d’années ; corps qu’il espère trouver en traquant celui qui a été condamné à la peine de mort pour l’enlèvement de cinq filles, et qui s’est évadé de prison avec la complicité de son compagnon de cellule. Mais l’atmosphère du livre devient angoissante quand on découvre que les filles sont détenues et exploitées sexuellement par le shérif et son frère "simplet".
Un thriller passionnant.

Muriel Gaillard

"TU ME VERTIGES" de Florence Forsythe

L’amour interdit de Maria Casares et Albert Camus
(Editions Le Passeur)
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- 6 juin 1944 : Nuit du Débarquement des Alliés en Normandie. Nuit où tout commence à Paris pour la comédienne espagnole Maria Casares et l’écrivain algérois Albert Camus.
4 janvier 1960 : mort accidentelle d’Albert Camus sur la route, au volant de la Facel Vega de Michel Gallimard, son éditeur. Fin brutale d’une folle passion de seize ans !
Seize années du sortir de la Guerre, brûlées avidement comme une Gitanes maïs qui se consume au vent. Seize années folles - elles-aussi - d’une explosion culturelle et artistique incroyablement riche, et d’un désir de liberté si longtemps contenus en raison de l’Occupation, du bruit des bottes nazies résonnant dans Paris, et de la milice française aux abois...
Et puis, LA rencontre ! Maria Casares et Albert Camus. Deux C ! Deux personnalités talentueuses ! Deux passions ! Deux coups de foudre ! Deux folies ! Deux visions de la mort et de la vie ; de l’absolu et de la Résistance, avec un grand R. Deux pays : l’Algérie encore française pour l’un ; l’Espagne républicaine au cœur pour l’autre. Et deux guerres ! L’une en France, toujours en cours ; l’autre passée, trépassée sous le joug de Franco en 1936, avec le "double je" de la France oubliant après la Libération que les chars de la Nueve des Républicains espagnols avaient été les premiers à libérer Paris, avant les Américains. Deux fous de théâtre en quête de personnages absolus, et de comédiens à l’esprit de groupe et de troupe.
On croise ainsi dans ce livre, Serge Reggiani, Cocteau, Malraux, Michel Bouquet, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, Léonor Fini, Gérard Philippe, François Périer, Pierre Vaneck, Django Reinhardt, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris Vian... entre un café-chicorée à Saint-Germain-des Prés, une danse au Tabou, ou un repas "royal" dans un resto de Montparnasse proposant des patates au lard... La liste est longue de celles et qui ceux qui durant seize années auront côtoyé les deux amants tumultueux, sur scène et à la ville.
Seize années qui se fracassent dramatiquement le 4 janvier 1960, à 14 h 15, contre un platane de la RN 5 dans l’Yonne, aux côtés de son éditeur Michel Gallimard qui conduisait sa rapide Facel Vega. Le Prix Nobel de littérature est tué sur le coup. Gallimard décédera quelques jours plus tard. Camus quitte la scène, mais ses œuvres universelle resteront à jamais ancrées au Panthéon de la littérature française, alliant la pensée et le talent à l’engagement éditorial du brillant journaliste de Combat qu’il fut ; prônant la diversité des points de vue au sein d’une même rédaction, pour le plaisir et l’intérêt du débat démocratique.
Une folle histoire d’amour et de passion évoquée superbement par Florence Forsythe ; mais ce livre est bien plus que ça. C’est toute la transmission de la vie trépidante d’une époque au sortir de la Seconde Guerre mondiale qui est fort justement décrite (pour 8,50 € seulement ) au si bien nommé éditeur qu’est Le Passeur.

Jean-Pierre Tissier

"LA JOURNALISTE" de Christina Kovac

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- Journaliste de télévision auprès de plusieurs chaines américaines à Washington Christina Kovac signe son premier roman, traduit de l’Américain par François Thomazeau. Et on sent bien que ce travail fait d’antenne et d’investigations nombreuses n’est pas sans conséquences sur la vie privée, à l’instar de nombreux journalistes depuis la nuit des temps, et de l’héroïne de ces premières pages publiées en France chez Hugo thriller.
D’où ce titre "La Journaliste" qui résume bien tout ce que comporte ce métier de passion plus que de raison, mais en plein chamboulement depuis plus de dix ans en raison de l’importance - souvent néfaste, mais néanmoins implacable - des réseaux sociaux. On y découvre aussi en détail la fabrication de l’info et d’un journal sur une chaîne de télévision aux Etats-Unis...même si c’est parfois un peu long.
Virginia Knightly (son héroïne) productrice pour une chaîne d’info ne se cantonne cependant pas à un rôle de femme-tronc annonçant les nouvelles ; elle aime l’adrénaline du terrain au point de se transformer pour l’occasion en véritable enquêtrice sur une disparition bizarre.Au point de se retrouver mêlée directement avec les protagonistes de cette "affaire" très ricaine" où la Justice qui ne travaille pas comme en France se retrouve souvent confrontée à des conflits d’intérêts étranges dus aux divers lobbies influents présents à Washington.
Il faudra néanmoins attendre longtemps pour que l’on se mette à tourner avec avidité, les feuilles de ce pavé de 400 pages qui aurait tout de même gagné en rythme avec un petit régime. Mais comme pour les enfants, on attend le deuxième désormais.

J.P.T

A DECOUVRIR AUSSI...

 "BORÉAL" de Sonia Delzongle

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 "MAUDITE" de Denis Zott

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"L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ"... de Philippe Carrese

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-  "Il aura fallu plus de trois milliards d’années à l’humanité pour que les descendants d’Homo sapiens songent enfin à mettre une machine à café écoresponsable dans l’open space des entreprises. Mais à quoi ­pensaient-ils jusque-là ?" explique Philippe Carrese, écrivain-musicien, dessinateur de presse, co-réalisateur de "Plus belle la vie" sur France 3, cinéaste .... et parrain du festival Blues & Polar.
Ce roman - sorti le 5 avril aux éditions de l’Aube à La Tour d’Aigues (Vaucluse) - évoque la complexité de ces phases essentielles de l’évolution, des origines de l’humanité à nos jours, alternant chapitres retraçant l’évolution depuis le Big Bang et dialogues de personnages contemporains.
Et c’est au sein d’une société d’édition cotée en Bourse mais qui n’a plus aucune idée de ce que peuvent être un auteur ou un manuscrit original, que notre narrateur s’est installé pour décliner son analyse… à la fois savante et vulgarisatrice, bien évidemment.
Un roman à l’humour caustique et aux personnages hilarants, hélas bien malgré eux, qui ne nous épargne rien du ridicule et de la caricature que notre société peut engendrer.


 "LA FERME AUX MALÉFICES"... d’’Édouard Brasey

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- Le prolifique Edouard Brasey adepte de la fiction mystérieuse située sur un axe reliant la forêt de Brocéliande au Plateau de Valensole en Haute-Provence, via Bourges où il réside désormais vient de publier son dernier roman aux éditions De Borée.
Ce grand voyageur épistolaire qui adore fourrer son nez dans le terroir de laFrance profonde et historique, marche cette fois sur les traces d’un fait authentique ; à savoir une famille assassinée en 1928, à Valensole, en Haute-Provence justement.
De nos, jours, la ferme existe toujours, mais sous un autre nom. Et c’est là que la fiction débute..
Géraldine, une jeune femme mariée hérite de cette maison au lourd passé. Si lourd qu’il commence à hanter la vie de la jeune femme.... Du Brasey tout craché !
Vous aurez 500 pages à dévorer pour connaître la vérité.



- "LE BRASIER" de Vincent Hauuy JPEG - L’auteur du Tricycle rouge couronné « meilleur thriller français 2017 par le Prix VSD-RTL également concepteur de jeux vidéos propose un nouveau roman axé sur la disparition d’une jeune journaliste dont le père est général.

 LA PAROLE EST UN SPORT DE COMBAT de Bertrand Périer

(Editions JC Lattés)
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- Bertrand Périer avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, également avocat-coach du film A Voix haute nous livre sa méthode pour convaincre.
Il participe au programme Eloquentia qui désigne chaque année le meilleur orateur... de la Seine Saint Denis.


 FANTAZME de Thomas Khan

- Janvier 2017. Dans une cave du XVIIIe arrondissement de Paris,un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable,un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre. Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.
"Un polar noir chargé d’émotion et d’une grande humanité". (Astrid Hie-Desgranges, Fnac Toulouse).


 LE NOUVEAU PIERRE HANOT

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- Bernard Poirette, grand reporter de RTL, qui était venu au festival Blues & Polar en 2011 avec son épouse Alexandra Schwartzbrod (grand reporter à Libération) invitée sur le thème de "L’Amour fou", a chroniqué le nouveau livre de Pierre Hanot "Gueule de fer" cette semaine dans sa rubrique "C’est à lire". Et ilne tarit pas d’éloges sur Pierre Hanot écrivain rocker venu à deux reprises à Manosque, alors que le festival Blues & Polar se déroulait encore au mas de la Charbonnière pour y parler notamment des prisons,via son ouvrage décapant "Rock’n’tôles".
Un sujet de société - un de plus - sur lequel Blues & Polar était plutôt en avance pour débattre et qui avait valu plusieurs passes d’armes équipes entre le curé des loubards, le père Guy Gilbert, l’avocat Gilbert Collard et le juge Hannoteau. On s’en souvient encore..


"JOURS DE CRIME de Pascales Robert-Diard et Stéphane Durand-Souffland

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"C’est là, dans cette lumière si blanche,si crue,qu’une cour et des jurés ont plongé dans la nuit d’une femme..."

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- Journaliste spécialiste des grands procès d’assises depuis une quinzaine d’années, Pascale Robert-Diard (Le Monde) devait être notre invitée à Blues & Polar, il y a deux ans, pour son livre "La Déposition" consacré à l’Affaire Maurice Agnelet à Nice, qui s’était terminée par un coup de théâtre, 30 ans plus tard... avec la déposition de son propre fils l’accusant du meurtre de sa maîtresse.
Mais elle n’avait pu être des nôtres en raison d’une permanence impérative au Monde en cette période de pré-rentrée.
Son nouvel ouvrage sur la Justice réalisé en duo avec son confrère Stéphane Durand-Souffland chroniqueur judiciaire au Figaro auteur de "Frissons d’assises" et de "La Bête noire" écrit avec Eric Dupond-Moretti, est sorti le 18 janvier, au cours d’une soirée très originale organisée par les éditions L’Iconoclaste.au Palais de Justice de Paris.
Dès les premières pages, c’est une fascination d’interrogations multiples et incroyables sur les procès en Cour d’assises vus par deux experts du genre qui les suivent depuis une trentaine d’années.
Yvan Colonna, le préfet Erignac, Guy Georges, Michel Fourniret, les mères de Marie Trintignant et de Bertrand Cantat, et les voix des ténors du barreau y figurent en bonne place.
Dans cet esprit - preuve que Blues & Polar tenait une place dans l’interrogation sur la société chaque été - nous avions consacré un grand débat très passionné sur ces procès parfois déroutant liés à l’intime conviction, lors du festival Blues & Polar 2016 sur le thème du "Jeu théâtral des avocats en Cour d’assises".

"A la langue austère des juges répond la gouaille des caïds, écrivent-ils. Aux mots des pauvres gens, l’éloquence des ténors. Nous voilà jurés à notre tour confrontés au Bien et au Mal, et à ce rôle inouï de juger des frères humains."

Un livre particulièrement édifiant sur notre société et ses travers... et sur les jugements d’une Justice populaire qui interpelle au XXIe siècle.

J.P.T

LE MAI 68 DE PATRICK MAHÉ

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- Mon vieux camarade de But dans les années 70 à Paris, Patrick Mahé qui dirige aujourd’hui une collection chez Plon - après avoir été directeur de Télé 7 jours, Paris Match, Play boy... - nous rappelle que mai 68 aura 50 ans en 2018.
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L’occasion pour lui de sortir un super livre dans lequel on trouve des photos de Robert Doisneau et des textes de Serge July, Irène Frain, Jean-Claude Carrère et Philippe Labro.
"68 années choc" pensé par Patrick Mahé, est un livre événement à conserver comme un vieux Larousse pour voir et constater le temps qui passe.
Le livre de nos presque 20 ans.... Aux éditions Plon

J.-P.T

"BOUGE-TOI, LA VIE EST BELLE"

 Le dernier opus du père Guy Gilbert

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- Il a été notre invité à Blues & Polar, ne laissant personne indifférent avec son langage fleuri, et même violent parfois (il s’en était excusé) à l’encontre du juge Claude Hanoteau pour un Blues & Polar consacré à la prison.
Mais Guy Gilbert, grande gueule au cœur tendre ne laisse jamais indifférent. Il suffit de relire la longue interview qu’il m’avait accordée il y a deux ans, au cœur de l’hiver à la Bergerie de Faucon, dans ces Gorges du Verdon si peu fréquentées quand le soleil est bas. Il parle d’amour mais aussi de fermeté vis à vis des religions radicales..
Son nouveau livre "Bouge-toi, la vie est belle" vient de sortir en ce début d’année, et comme toujours ses droits sont destinés à la vie de cette Bergerie de Faucon où il accueille des jeunes en perdition, bêtes fauves des cités parfois, pour les confronter à la réalité des vraies bêtes que sont les ânes, les sangliers, les lamas...pour une zoothérapie étonnante.

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* "Bouge-toi, la vie est belle" par le Père Guy Gilbert aux éditions Phillipe Rey
Tarif : 20 €.


"JOHNNY FOR EVER" L’ULTIME BIOGRAPHIE SIGNÉE SAM BERNETT AUX EDITIONS L’ARCHIPEL

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- Sortie le 18 décembre, "Johnny for ever", quatrième biographie sur Johnny Hallyday écrite par notre ami Sam Bernett fidèle du festival Blues & Polar résume tout le parcours en commun qu’ont effectué ces deux là, à travers la radio (Europe 1 ) et le mythique club que fut le Rock’n’roll circus fondé par Sam à Paris. Sam Bernett y raconte les différentes vies de notre jojo national et il y fait rimer jeunesse avec tendresse. On y trouve aussi un album de photos personnelles empreintes de nombreux souvenirs pour bien des gens...

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- Via ses ouvrages consacrés à la mort de Jim Morisson et au Rock’n’roll’ Circus - fantastique club parisien ayant accueilli toutes les légendes du rock de Bob Dylan à Jimmy Hendrix en passant par MIck Jagger et Tina Turner - Sam Bernett a été un fidèle invité de Blues & Polar ces dernières années.

J.-P.T

PEURS ET ANGOISSES : LE DERNIER RODOLPHE OPPENHEIMER

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- .Rodolphe Oppenheimer est heureux de vous faire découvrir son ouvrage résumé très rapidement par une petite vidéo :

https://youtu.be/unqhqM4Qn6o

Par des liens également.

https://www.amazon.fr/Peurs-angoisses-phobies-par-sortie/dp/B075GBNF1W

https://livre.fnac.com/a10985793/R-Oppenheimer-Peurs-angoisses-phobies

* Un livre très utile à découvrir en cette période de fêtes où malgré l’agitation on arrive parfois à se recentrer sur l’essentiel de la vie. Et que Blues & Polar va lire attentivement et décortiquer.


"ENTRE DEUX MONDES" D’OLIVIER NOREK

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DE LA JUNGLE DU 9.3
À CELLE DE CALAIS

- Lauréat du Coup de cœur Blues & Polar en 2014 avec "Territoires" consacré à la jungle du 9.3, Olivier Norek nous prend à contre-pied cette fois, avec « Entre deux mondes », un ouvrage en forme d’aventure, malheureusement contemporaine, pour ceux qui habitent dans le 6.2 ; dans cette zone mouvante du Pas-de-Calais devenue frontière avec l’Angleterre sur le sable de ses propres dunes du Cap Gris-nez à Grand-Synthe, au lieu de l’être au beau milieu de la Manche ou à Douvres comme le voudrait la logique. Merci M. Sarkozy des Accords du Touquet !!!
Le rêve de la perfide Albion à portée de regard pourtant (par temps clair), mais si lointain pour tous ceux, qui exilés de Syrie, Lybie, Soudan, Afghanistan, Érythrée, Irak…. cherchent à passer par tous les moyens pour y rejoindre une famille ou trouver un sous-emploi à bas coût.

« A la fin, il faudra regarder tout ce qu’on a accepté de faire. Et ce jour-là, je refuse d’avoir honte. » LES MOTS D’UN FLIC DE CALAIS.

Car si tout un chacun de l’Union européenne – que la Grande-Bretagne veut pourtant quitter – peut aller faire ses soldes pour le Boxing day du 26 décembre avec sa simple carte d’identité, et rentrer le soir même en France, d’autres prennent des risques insensés au péril de leur vie pour franchir la Manche rejoindre clandestinement ce Graal qu’est Londres pour des milliers de migrants.
Mais auparavant, tous auront passé des mois dans cette jungle - démantelée en octobre 2016 - dans laquelle Olivier Norek s’est immergé loin de la Seine-Saint-Denis, mais avec autant de réactions fauves et violentes flashées au fil de ses pages…
Une histoire au sein du quotidien de la BAC de Calais qu’il décrit avec acuité grâce à son savoir-dire et faire, simple et efficace.
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« Face à la violence de la réalité, je n’ai pas osé inventer. Seule l’enquête de police a été romancée. OLIVIER NOREK »

Norek lève ainsi le voile sur les incongruités d’un système capable de larguer 2 M€ de grenades lacrymogènes sur les migrants en 2016 pour protéger les chauffeurs des poids-lourds en partance pour ’Angleterre, et dégager les barrages et barricades installés sur la route ; tandis qu’on découvre qu’après les passeurs de Méditerranée qui larguent des flots de migrants par centaines sur de vieux Zodiac rafistolés, ceux de Calais ne sont en fait que des voleurs-racketteurs qui ne font rien que voler les rares économies restant en poche des candidats au voyage... pour les autoriser à monter dans un camion, sans aucune garantie !
Comme des bandits de grand chemin. Les Afghans s’y taillant la part du lion, en régnant tels une véritable mafia sur ce noir commerce.
Ajoutons-y le rôle obscur - mais bien réel - de quelque loup solitaire islamiste cherchant à convaincre les âmes faibles de jouer les terroristes pour Daech...
Et vous obtiendrez-là tout ce qui fait le miel de la politique française actuelle et à venir en ce qui concerne le flot des migrants, qu’on accueille... ou qu’on ignore ?
Vaste question souvent épidermique ! Il suffit de la poser pour comprendre, qu’on soit au zinc d’un bar, en famille, ou invité sur un plateau TV...
À la différence, qu’Olivier Norek a pris le temps - en s’immergeant nuit et jour durant un an - de comprendre ce qui nourrissait ce monde à feu et à sang qu’était la jungle de Calais, désormais rasée de près.

J.-P.T

* « A mon grand-père Herbert Norek migrant silésien devenu citoyen français. »

"Les romans d’Olivier Norek sont toujours aussi percutants. Avec son dernier ouvrage « Entre deux mondes », Norek nous entraine à la suite d’un émigré syrien dans la jungle de Calais, territoire barbare s’il en est, et nous y fait découvrir des us et coutumes tous plus brutaux les uns que les autres. Heureusement que l’entraide parvient, parfois, à y survivre ! Olivier Norek a l’incroyable faculté de nous promener dans des univers qui nous seraient autrement inaccessibles et ses romans nous laissent des sensations aussi fortes que de vrais souvenirs de voyage... Du grand art, même si la fin est âpre, car vous ne sortirez pas indemne de cette lecture-là ! "

Aude Locher

 "*** LE PARRAIN ET LE RABBIN" DE SAM BERNETT

(Editions du Cherche-midi)

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- Les noctambules invétérés et passionnés de rock et de radio dans les années 70-80 se souviennent avec émotion de Georges Lang (RTL), Claude Villers et Jean-Pierre Lenoir (France-Inter) et de Sam Bernett sur Europe 1. Quatre journalistes bilingues habités d’une grande passion musicale outre-Atlantique et anglo-saxonne qui nous ont fait découvrir - nous, enfants du baby-boom - les concerts en "live" retransmis en direct de Détroit, Chicago ou Londres ; sans oublier la diffusion de morceaux pas encore sortis en France à l’heure où l’on roulait sur la route au-delà de minuit, tous feux allumés et cigare au bec...
Mais Sam Bernett, créateur des deux clubs mythiques que furent le Rock’n’roll circus et de la Tour de Nesles à Paris, n’a pas oublié qu’il a débuté dans le journalisme à New York au fameux New York Times.
Et après plusieurs biographies d’artistes (Renaud, Coluche, et Jim Morisson), il vient d’écrire un véritable roman proprement incroyable et passionnant : Le parrain et le rabbin".
Et il y a fort à parier qu’il y a beaucoup de lui-même dans cette histoire insensée que seule une guerre peut parvenir à donner naissance... Car dans Sam il y a du Samuel, et de là vraisemblablement toute l’origine de cette épopée de gamins juifs cachés dans une école de Milan en Italie, et qui pour échapper à une rafle de l’armée allemande et des fascistes italiens, le 15 novembre 1943, décident de partir en pleine nuit, vers la frontière suisse, guidés par un rabbin charismatique au nom imprononçable.
Mais avancer dans la neige en altitude devient vite une vraie galère...

C’est là que l’Histoire (avec un grand H) nous rejoint via l’existence du Rescue comitee chargé en 1943 à New York de sauver les Juifs de l’holocauste. Mais comment faire pour agir à des milliers de kilomètres de l’Italie ?
Sam Bernett, dans un style fait de phrases courtes et de mots bien sentis, nous entraîne dans une aventure passionnante où la seule issue de secours pour ces gamins coincés dans un refuge de montagne, débouche finalement sur une sollicitation... de la mafia italienne ! A se damner et à manger son chapeau et ses tresses ; mais après avoir avalé un camion de couleuvres, ça marche !
Le parrain Bonano vacille.... sur 150 pages.
Un livre à dévorer avec bonheur, et qui pourrait bien valoir un film un jour, tant les anecdotes vraisemblablement authentiques, comme cette histoire de vendre des poux pour éviter à certains d’aller au front, sont riches en imaginaire et en émotion.

* Sam Bernett a animé les ondes d’Europe 1 pendant cinq ans, mais il a surtout été le grand maître des émissions rock sur RTL pendant vingt ans de 1966 à 1986. Outre les clubs fantastiques que furent le Rock’n’roll circus et la Tour de Nesles, car c’est là que se passait l’actualité musicale aux environs de 1968, il a participé également à la naissance du Bus Palladium, puis bien plus tard à la naissance de la radio RFM dont il fut un des fondateurs avec l’ami Alain Rivet installé à Volx, et fidèle de Blues & Polar.

* Sam Bernett a participé par deux fois au festival Blues & polar à Manosque pour ses ouvrages sur Jim Morisson, chanteur des Doors qu’il a découvert en état de mort dans les toilettes du Rock’n’roll circus. Mais l’histoire (modifiée par des personnages troubles) a retenu qu’il est mort d’une overdose dans sa baignoire....

Jean-Pierre Tissier

  *** "LE PROCÈS RANUCCI" PAR GENEVIÈVE DONADINI

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- L’intime conviction qui permettait jadis à un jury d’Assises d’envoyer un accusé à la guillotine avant l’abolition de la Peine de mort voulue par François Mitterrand - mais qui permet toujours d’ordonner perpétuité, est au cœur des lignes écrites avec les tripes par Geneviève Donadini, jurée et seule femme du procès de Christian Ranucci expédié en 48 heures à Aix-en-Provence.
Deux jours pour arriver au verdict rendu au petit matin du 28 juillet 1976 par le couperet de la guillotine dans la cour de la prison des Beaumettes à Marseille, condamnant – à tort ou à raison – l’auteur présumé de la mort de la petite Dolorès (8ans) le 3 juin 1974..
Geneviève Donadini, ancien maire (PCF) de La Penne-sur-Huveaune a longtemps porté en elle, ce poids du silence qui lie les jurés d’un procès d’assises à la loi pour toujours. Mais elle a fini au fil des ans, et via quelques apparitions télévisées qui ne l’on pas satisfaites dans « Faites entrer l’accusé » par se décider à écrire pour exprimer ce sentiment indicible qui la taraude toujours sur la fragilité et la perception de cette fameuse « Intime conviction ».
Deux mots et deux jours pour une justice qualifiée de populaire….
Deux mots et deux jours pas forcément, ni infailliblement, synonymes de vérité...
Deux mots et deux jours pour décider du couperet fatidique, alors qu’il faut aujourd’hui trois semaines pour n’importe quel gros procès d’assises….
Ce flou de la fameuse intime conviction, Geneviève Donadini en décrit fort justement la fragilité, car personne n’a forcément la même, et n’a accès au dossier.
« On doit juger sur des émotions, dit-elle. Alors que mon avis peut changer toutes les cinq minutes. Tout a été mis en œuvre pour que ce soit mon cœur qui juge, et pour que je perde la raison. » Sans préparation, face à des ténors du Barreau sachant manier le verbe et les silences, avec dextérité et où les effets de manche ont leur importance, les jurés sont confrontés à la délicate mission de juger Au Nom du peuple français. La Peine de mort n’existe plus en France, mais le témoignage de Geneviève Donadini préfacé par Gilles Perrault défenseur de l’innocence de Christian Ranucci en font un livre passionnant car nous pouvons tous (ou presque) être tiré au sort un jour, pour siéger aux Assises.

J-P.T

* Le Procès Ranucci Témoignage d’un juré d’Assises est paru aux éditions L’Harmattan)


  *** "RIEN NE SE PERD" DE CLOÉ MEHDI

(Jigal polar) "Coup de coeur Blues & Polar/Comtes de Provence Sylvie-Turillon 2017"

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- La maison d’édition Jigal Polar à Marseille est une fournisseuse pugnace de perles de littérature noire. Ainsi, Maurice Gouiran et Pascal Thiriet édités par l’ami Jimmy Gallier ont déjà reçu le Coup de cœur Blues & Polar/ Comtes de Provence décerné chaque année en hommage à la journaliste Sylvie-Turillon vice -présidente du Club de la Presse Marseille Provence Alpes du sud décédée trois jours avant de remettre le Coup de cœur du festival 2011.
Le roman "Rien ne se perd" de Cloé Mehdi (jeune marseillaise de 22 ans) a déjà reçu le Prix Étudiant du Polar 2016, le Grand Prix de Littérature Policière 2016, le Prix Dora Suarez 2017, le Prix de la ville de Mauves 2017, le Prix des Lecteurs Ifs 2017.. et cette semaine, le Prix Mystère de la Critique 2017.

- Cloé Mehdi est assurément une auteure dont on entendra parler dans les années à venir, pour peu qu’elle aille plonger son stylo vers d’autres horizons que ceux des quartiers défavorisés dont elle semble tirer l’âme profonde de son écriture..
A moins qu’elle ne trouve là, un peu comme Olivier Norek (Coup de coeur Blues &Polar 2015) un terreau fertile pour son imagination. Vrai qu’il n’y a qu’à jeter un oeil sur la page des (trop) nombreux Faits divers qui se déroulent entre ces tours et les trafics divers, parfois sanglants, pour y trouver son jus...
Un bien triste reflet de notre société actuelle dont on se demande si un jour le mot fraternité brillera de nouveau dans les esprits et les coeurs...
Avec "Rien ne se perd", livre très bien écrit, mais dérangeant par son côté tellement noir et désespéré, Cloé Mehdi nous entraîne dans un monde teinté de tristesse, où elle sait choisir ses mots pour dépeindre la colère sourde et sous-jacente qui anime les habitants de ces quartiers, notamment les jeunes.
Ni insultes, ni injures pourtant au fil de ses pages ; Cloé Mehdi se contente de faire vivre la politique de la ville où la haine envers la police est présente presque par habitude, voire rituel incontournable. Elle pose, elle-aussi, la fameuse question du Vivre ensemble... Et là, Cloé Mehdi choisit son camp et ses mots.
Mais la couleur est absente de ce livre tellement mélancolique.
Dans un univers de béton, c’est le noir qui s’impose.
Son talent de jeune écrivain également !

Jean-Pierre Tissier

- "La justice est-elle rendue de la même façon pour tout le monde ? C’est la question que semble poser Cloé Mehdi dans « Rien ne se perd », son nouveau polar.
Subtilement raconté à la première personne à travers les yeux d’un enfant de 11ans, ce récit est une histoire de bavure policière, de justice à deux vitesses et de vengeance différée qui nous offre l’angle de vue de l’enfance dans un monde de grands et semble indiquer, encore une fois, que les enfants perçoivent beaucoup plus de choses qu’ils ne le laissent entendre !
Cloé Mehdi nous propose une immersion dans le monde des banlieues défavorisées et de ceux qui démarrent dans la vie avec vraiment moins de chance que d’autres ! L’auteure semble bien connaitre les cités et les hôpitaux psychiatriques ; ce qui rend son roman prenant.
Roman noir qui évoque enfin souvent les questions de silence et de mort, comme des entités indissociables de la parole et de la vie, dans les couloirs de destins en péril qui ne sauraient nous laisser indifférents…

Aude Locher

- "Un sublime roman noir. Une écriture parfaitement maîtrisée au service de personnages magnifiques. Une vraie révélation. Il n’y en a pas si souvent. Ne la ratez pas !" écrit Bernard Poirette de RTL venu à Blues & Polar il y a quelques années avec son épouse, la journaliste Alexandra Schwartzbrod (Libération).


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"BRUTALE" DE JACQUES-OLIVIER BOSCO

(Edition La Bête noire chez Robert Laffont)

- Brutale, comme l’écriture de Bosco qui n’a jamais fait dans la dentelle.
Brutaux et barbares, comme les mots jetés à la figure des pages blanches que Jacques-Olivier Bosco fait vivre ici avec violence dans ce gros pavé de 400 pages, et incarne au travers de ses lignes trempés dans le vitriol, le sang et la coke.
Un univers implacable, hyper violent et sans pitié, fait de trafics les plus divers - même humains - baignant dans le vocabulaire des cités, où le romantisme est rarement au rendez-vous. Même si Bosco - comme Ingrid Astier dans Haute voltige - use de nombreuses références musicales allant de Pink Floyd à Amy Winehouse en passant par Five young cannibals (j’adore !), mais avec une préférence non dissimulée et sans équivoque pour le rap d’Eminem, comme pour mieux nous emmener dans son monde personnel, où ce style ricain est omniprésent.

A l’image de Karine Giebel ou Olivier Norek, Jacques-Olivier Bosco tend lui-aussi à se diriger aujourd’hui vers une écriture à fleur de peau en parfaite adéquation avec l’univers télégénique brutal des séries télé qui fleurissent à la pelle désormais.
Un polar qui fait penser à du Tarentino couché sur le papier.

Jean-Pierre Tissier

  *** "LES VIVANTS AU PRIX DES MORTS" DE RENÉ FREGNI

(Gallimard, Blanche)

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- Si Blues & Polar a choisi "les mots" pour thème de son 15e et ultime festival - dont René Frégni est le parrain originel avec Franz-Olivier Giesbert - ce n’est assurément pas un hasard. En effet, l’écrivain manosquin à force de les aimer, ces mots, les magnifier, les mêler, les violenter, les chercher... a fini par découvrir un vocabulaire de conteur bien à lui, qui lui va comme un gant. Comme une douce violence qui lui permet de marier la délicate poésie rurale du Haut-Verdon avec les "espressions marseillaises" du Panier et de Noailles, tout en pimentant son verbe de quelques secrets de braquage ou d’évasion reçus du bout des lèvres et des livres dans ses ateliers d’écriture de la prison des Baumettes, de la part de bandits à la Mandrin aussi violents qu’ils puissent être attachants. Chiens fous qu’ils sont, bêtes fauves tombées gamins dans un système implacable et sans pitié, capables de tout pour apercevoir leur gosse quelques instants, ou assister à un match de l’OM dans les travées du Vélodrome ou du Parc des princes...
"Les vivants au prix des morts" se lit comme un voyage au cour des collines de Haute-Provence, dans un univers à la Giono, quand on sait ouvrir les yeux et écouter le silence. C’est un roman où galinette peut rimer avec galipette, histoire de vous endormir quelque peu, à la façon d’une ou deux anisettes... Avant qu’un calibre ne vous arrive sur la tempe et vous pète en pleine gueule, terrifiant et sans merci, ou qu’une grosse cylindrée se fasse la malle furtivement comme un Rafale, transformant ces rêveries du promeneur solitaire tout près d’un ruisseau, en un final haletant et plein de frissons.
On se prend alors à tourner les pages frénétiquement, sans arrêt, car cette histoire pourrait tous nous arriver, pour y revenir très rapidement afin de mieux s’en délecter malgré le danger. Comme une daube de poulpe que l’on sauce à l’envi, sans chichis, avec du pain pas toujours bénit.

Jean-Pierre Tissier

LA PROPHÉTIE DE LANGLEY" DE PIERRE POUCHAIRET

(Jigal Polar)

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- Dans son nouveau roman « La prophétie de Langley », Pierre Pouchairet nous entraine avec son rythme enlevé habituel dans un scénario catastrophe, malheureusement crédible, qui fait froid dans le dos.
Les personnages ciselés, les rebondissements multiples et l’intrigue distillée goutte à http://provence-magazine.com/ecrire/?exec=article_edit&id_article=6523#previsuEditergoutte, tant dans les milieux de la finance que dans les cités, donnent un polar prenant qui sent pleinement l’expérience de terrain, pour notre plus grand plaisir.
Et même si la chute est dramatiquement plausible, nous aurions tout de même aimé un épilogue sur le sort de la Commandante Johana...
Ou est-ce à dire que l’espoir n’est plus permis ?

Aude Locher

"BELLE D’AMOUR" DE FRANZ-OLIVIER GIESBERT

(Editions Gallimard)

- Franz-Olivier Giesbert nous sert là un roman « trois en un » : le roman conté par l’héroïne « Belle d’amour », le commentaire historique et les incursions de l’auteur dans le récit. Le tout est instructif, très bien documenté et assurément confus ! Qui parle donc dans ce paragraphe à la première personne ? Comment l’héroïne sait-elle ce qu’il va se passer dans le futur ? Si l’on passe outre ces allers-retours incessants et perturbateurs, l’histoire de « Belle d’amour » est captivante et nous éclaire indubitablement sur l’époque des croisades et la vie de Louis IX, dit Saint Louis. Au final, un roman d’époque et une analyse historique indépendante eussent été plus gouleyants...

Aude Locher

  *** À LA TABLE DES DIPLOMATES

(Editions L’Iconoclaste)

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- Un bouquin incroyable réalisé sous la direction de Laurent Stéfanini, diplomate et chef du protocole à l’Elysée et au Quai d’Orsay de 2010 à 2016, aujourd’hui ambassadeur de France auprès de l’Unesco.
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**** "LA TABLE DES DIPLOMATES A DONNÉ DE L’ÉCLAT À NOTRE ART"
AUGUSTE ESCOFFIER.

- On y découvre les menus élaborés pour les grandes repas diplomatiques entre chefs d’Etat, où la moindre erreur au menu peut se révéler comme une provocation.....
Imaginez un saucisson pur porc à la table d’un dirigeant arabo-musulman..

"A la Table des diplomates" est un livre qui se dévore littéralement des yeux en feuilletant tous les chefs d’oeuvre de l’art culinaires déclinés sur la table, mais on y trouve aussi - via l’apport des Archives nationales - des rappels historiques qui ne manquent pas de sel. Ainsi en temps de guerre, notamment le 25 décembre 1870 (99e jour du siège de Paris) où il a fallu tuer les animaux du Jardin acclimatation pour présenter un menu de Noël atypique... et exotique.
Chameau, ours, loup, chats, rats, éléphant... étaient donc au menu de la table de fête... Mais Chateau Palmer, Latour Blanche, Mouton Rotschild, Romané Conti et Grand Porto 1827 étaient là pour régaler les gosiers. Pas de la bibine, en l’occurence !

* Plusieurs grands chefs étoilés se sont amusés à refaire les recettes d’époque. Ainsi Michel Portos, gérant du Malthazar et du Poulpe à Marseille s’est livré à la reconstitution personnalisé d’un Bœuf bourguignon classique.

Jean-Pierre Tissier


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